LexCy(que)

Connexion



Cy Jung — LexCy(que) : Connexion

Texto de Sarah : Connexion ou connection ?

Il y a des mots qui, en dépit de leur usage fréquent, échappent à mon entendement orthographique. Il en est ainsi de « connexion » que j’ai toujours envie, à l’instar de Sarah, d’écrire « connection », tout simplement parce que je le forme sur le verbe « connecter » et que « connexion » a un air de « venu d’Amérique » que je ne saurais expliquer mais qui me rebute quand même.
Je peux d’autant moins éluder cette question en utilisant « log ». FranceTerme nous rappelle qu’un mot français existe (« connexion », justement), et je n’aime pas les anglicismes quand ils ne sont pas nécessaires ou suffisamment intégrés à la langue française pour en faire définitivement partie. Je vous renvoie sur ce point à l’article « Coming out » de ce LexCy(que).

Pour poser définitivement cette orthographe, je me tourne d’emblée vers le Grand Robert en ligne, qui m’indique que « connexion » vient de « connexe » et non de « connecter »… et que « connexe » vient du latin « connectere », « connecter ». La boucle est bouclée (ou le circuit établi, vu le sujet) et toute suspicion d’anglicisme semble levée. Cela ne me dit pas pourquoi « connecter » n’a pas donné « connection », ce d’autant que « connexion » n’a pas tout à fait le même sens que « connecter », le premier désignant avant tout des choses « connexes », qui ont des « rapports étroits », le second des choses « unies »…
Un détour par le Grevisse ne m’en dit pas plus. Je me rabats donc sur les volumes papier du Robert historique et savoure au passage le nouvel espace de mon bureau qui en rend la consultation agréable.

Un renvoi sur « Connecter » me ramène tout de suite à « connexe » dont l’étymologie détaillée impose d’abord le sens de « attaché ensemble ». Ce qui me va mieux. Et je découvre, ô ! misère, que « connexion a subi l’influence de l’anglais connection dans le sens de contacts secrets. French connection. »
Me voilà bien attrapée ! Celui que je croyais anglicisme était latin et celui que j’espérais français était anglais. Cela prouve deux choses, la première plus essentielle que la seconde : il ne faut pas se fier aux apparences ; mon anglais ne vaut pas tripette ! (une « tripette » étant, comme chacun sait, une « petite tripe », l’expression étant avérée jusqu’au Grevisse, pas moins.)
Le Robert historique ajoute enfin que « les composés antonymiques de connecter et connexion apparus au XXe siècle, sont des anglicismes, les dérivés anglais de connectere couvrant une aire d’emploi beaucoup plus importante que leurs correspondants français. » Il en est ainsi de « déconnecter » (emprunté à « to disconnect ») et de « déconnexion ». Ah ! Je savais bien qu’il avait un air interlope, celui-là !

Nous nous connecterons donc, sans nous déconnecter. Et n’oublierons pas qu’en français, quel que soit le sens, « connexion » s’impose.

Information publiée le jeudi 8 mars 2012.

Version imprimable de cet article Version imprimable



Article précédent / Article suivant
Retour à tous les articles



Les vingt derniers articles publiés sur le site de Cy Jung sont ici





Si vous êtes éditeur,
découvrez les manuscrits de Cy Jung
ici.