LexCy(que)

Aille don(c) !



Cy Jung — LexCy(que) : Aille don(c) !

Ma phrase [*] : C’était le pire, surtout quand il fallait lui faire face, quand la lame butait sur des pierres et rebondissait tant elle était mal tenue par le frêle paysan.
—  Allez !

Je cherchais un mot pour remplacer ce « Allez ! » qui ne sonnait pas très « paysan » dans ce texte où il est question de ma terre de Bourgogne. J’ai pensé à « hue ! » et en ai vérifié le sens pour voir si cela pouvait s’appliquer à d’autres bêtes de trait que les chevaux (puisque les miennes sont des bœufs). Et là, je découvre que « hue ! » indique au cheval d’aller à droite (et non d’avancer, tout simplement) là ou « dia ! » lui indique d’aller à gauche, d’où l’expression « aller à hue et à dia », « agir de manière désordonnée ». Tout s’explique ! Mais ne règle pas mon souci.

Après avoir envoyé un mail à maman, qui a lu tout Henri Vincenot et vécu son enfance dans un petit village bourguignon où ma famille maternelle a ses attaches, je décidai de poser la question sur ma page Facebook tant les personnes qui y sont abonnées y participent volontiers, lui donnant ainsi un air d’espace de partage qui me régale et me réjouit.
Les réponses n’ont ainsi pas tardé. Les voici :
Sandrine : Dans le Béarn, les paysans disent « saï ». En fait ça qui veut dire viens mais c’est ce mot qui est quand même utilisé pour les pousser, les faire avancer.
Hélène : TCHI !!!.
Quentin : « Qu’est-ce qui fait avance les vaches ? », ici.
Cat : Patois du Morvan, ici.

C’est drôle la trouvaille de Quentin. Incroyable même ! Et le « saï » de Sandrine me fait rire aussi, car il pourrait faire penser que le bœuf, c’est moi (c’est Caddie qui va être jaloux !) Je ne trouve pas dans le Patois du Morvan de Cat ce que je cherche mais je garde la référence qui peut être utile. Je n’ai trouvé dans le second lexique déniché par Hélène que deux interjections pour faire tourner un cheval, avec « diâh ! » ; étrange orthographe. Je n’en sais pas plus.
Quant à «  tchi ! », cela sonne bien : « Exclamation pour activer ou démarrer un attelage de bœufs ». C’est tout à fait ce que je cherche. Je m’en vais donc l’utiliser mais… mais… Maman me répond avoir eu ma grand-mère, 97 ans, au téléphone. Elle disait « Aille don(c) ! », « aille » venant du verbe « aller ». Ah ! l’héritage familial.

Je choisis donc finalement le mot de ma grande-mère, sans le « c » à « donc » car je sais qu’elle ne le prononçait pas. Et ma phrase devient : C’était le pire, surtout quand il fallait lui faire face, quand la lame butait sur des pierres et rebondissait tant elle était mal tenue par le frêle paysan.
— Aille don !

Un grand merci à vous toutes et tous d’avoir participé à mon écriture. Et si d’autres formules vous venaient, je compléterai bien volontiers cet article.


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[*Phrase extraite de « 199909_02 », Photocriture, 29 juillet 2012.


Information publiée le jeudi 23 août 2012.

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