D’un jour à l’autre

Un édito, pour se donner du temps



Cy Jung — D'un jour à l'autre : Un édito, pour se donner du temps

Depuis la création de ce site en 1999 (un an après la sortie de Once upon a poulette), il existe une rubrique « édito ». L’idée de départ était de m’ouvrir un espace d’expression différent de ce que propose l’écriture romanesque, espace où je pourrais exposer mes « coups de gueule, coups de cœur, envies, humeurs, amours et états d’âme », tel que le dit le sous-titre de cette rubrique qui veut aller « D’un jour à l’autre »… Petit à petit, la fréquence de ces éditos s’est espacée, parfois pour des raisons techniques, plus sûrement parce qu’avec les années qui passent, j’ai de plus en plus un sacré souci : mais de quoi vais-je parler ?
La question pourra surprendre, moi qui ai toujours quelque chose à dire et n’ai pas de blocage avec l’écriture. Elle va de pair avec l’évolution des moyens techniques qui soutiennent ce site. Dans ses premières versions, il était codé « en dur », comme on disait alors, et je devais à des amis chaque mise à jour (merci encore à Joëlle et à David ; sans eux, ce site n’aurait jamais existé). Aujourd’hui, il fonctionne comme un blog, cette fois grâce à Pierre et aux Jardins numériques qui m’ont enseigné les rudiments de Spip. J’en maîtrise à la fois les mises à jour et les évolutions minimes de code ; cela me permet de créer toujours plus de rubriques, comme cet automne « En ce moment… » (ici) et aujourd’hui un espace d’ « e-criture » (à découvrir, ). Dans le même temps, j’ai créé deux blogs (Photocriture et la Vie en Hétéronomie), un site d’écriture en ligne (les Feuillets) et agrège le tout sur ma page Facebook.
Tous ces éléments m’ont permis de diversifier mon écriture, dans la forme comme au fond. Et le roman, petit à petit, notamment dans sa version papier, est passé de l’état principal à marginal, ce d’autant que je n’ai plus d’éditeur depuis septembre 2011 (tous les détails sont ici). Grâce aux outils de publication en ligne que je me suis donnés, je peux donc déverser mes « coups de gueule, coups de cœur, envies, humeurs, amours et états d’âme » en dehors de cet édito qui, difficulté supplémentaire, s’est imposé comme devant rester en ligne trois mois (c’est l’usage qui en a décidé). Trois mois… une éternité à l’échelle du « temps du Net », et la première difficulté est de trouver des sujets à rédaction courte qui « tiennent trois mois ».
Je pourrais supprimer cette rubrique s’il est compliqué de l’alimenter au point que parfois, elle me pèse. Ce n’est pas un argument, bien sûr, et j’aime affronter toutes les formes d’écriture, même celles qui ne me sont pas aisées. Je ne vais pas abandonner ces éditos, aussi parce qu’ils ont toujours été la colonne vertébrale de ce site, le plus solide à l’époque où celui-ci présentait mes premiers livres, mes quelques dates d’agenda et des News qui me permettaient (et me permettent toujours) de relayer les activités LGBT, littéraires, féministes et quelques autres qui correspondent à mes engagements. Les éditos témoignent aussi de l’évolution de ce site, de mon rapport à mon travail : dans ce qu’ils disent (et ne disent pas), dans leur périodicité, ils sont une mémoire que je veux continuer à nourrir. Et la réaction d’Alu à celui que j’ai consacré à mon écriture « papier » ne peut que m’encourager.
Je vais donc continuer à vous proposer des éditos, qui évolueront peut-être encore… Je ne sais pas. Par contre, je reste convaincue que les « sortir du temps » est essentiel, sans doute plus aujourd’hui encore qu’hier. Je veux qu’ils posent des idées simples, s’inscrivent dans l’histoire de ce site et de mon travail d’écriture. J’ai envie d’utiliser au maximum les possibilités de publication immédiate que permet Internet tout en n’oubliant pas que l’on doit donner du temps au temps, à l’écriture particulièrement. Et à soi, aussi.
À soi. À vous. Une année nouvelle se profile… Elle est déjà là si vous lisez cet édito après le 1er janvier 2013. Je vous invite à la prendre au creux de vos mains, cette année nouvelle, à la porter à votre cœur et à la chérir. Parce que le temps, finalement, n’est jamais meilleur que quand on le prend. Non ?

Cy Jung, 15 décembre 2012

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Information publiée le samedi 15 décembre 2012.

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