LexCy(que)

Favorable à



Cy Jung — LexCy(que) : Favorable à

Texto de Sarah : J’émets un avis favorable sur cette demande.

Sarah me transmet cette phrase trouvée dans un mail professionnel et qui la surprend. Ne dit-on pas plutôt « être favorable à » ? Spontanément, je dirais oui, mais la formule ne me choque pas tant que cela. Est-ce parce qu’il s’agit d’ « émettre un avis sur », et non « avoir » ? Quelques recherches s’imposent.

Le Grand Robert ne propose avec l’adjectif « favorable » que la construction « favorable à » et ce, avec le verbe être. Antidote fait de même, avec le verbe « se montrer » comme dans les cent trois exemples qu’il donne de l’utilisation de « favorable + nom ». Si je construisais avec « donner », il me semble que l’on serait toujours sur « donner un avis favorable à ».
Je me concentre donc sur le verbe « émettre ». On émet en effet « des ondes sur », dit le Grand Robert ; mais il ne dit rien s’il s’agissait d’un avis… Antidote, lui, nous propose « émettre un avis » sans dire s’il est ou non favorable et sur quoi il porterait. « Sur quoi » ? Si j’enlève l’adjectif « favorable », il devient tout à fait audible de dire « émettre un avis sur » telle ou telle chose ; comme « je donnerais un avis sur » telle ou telle autre ; comme même je pourrais « avoir un avis sur »…
Ce qui coincerait donc dans la formulation rencontrée par Sarah, c’est l’adjectif « favorable », qui viendrait suggérer le « à » au lieu du « sur »… Il me semble urgent de poser la question à Pascale !

La réponse de Pascale.

Oui, c’est « favorable » ici qui contraint à employer « à ». On est « favorable à qqch » mais pas « favorable sur qqch ».
Favorable n’accepte guère que « à » ou « pour » à sa suite. Mais bien sûr, rien ne t’empêche d’ « émettre / avoir… un avis SUR qqch » sans préciser à quel sujet cet avis est favorable « J’émets un avis favorable ». Pour utiliser « sur » ou autre, tu peux inverser les bouts de phrases : « Pour cette demande / sur ce point / à ce sujet…, j’émets un avis favorable ». Tant qu’il n’y a rien derrière « favorable », pas de souci.
Au cas où, c’est pareil avec défavorable, contraire, etc. « J’ai un avis contraire au sien » ; « Sur ce point, j’ai un avis contraire ».

En fait, tu n’as pas trouvé ta réponse, parce que tu es restée sur les verbes alors que ce qui est important ici, c’est l’emploi figé de la préposition appelée par l’adjectif. Je te colle la partie du Grand Robert qui concerne cet emploi de la préposition « à » :

« IV La préposition à relie un adjectif à un substantif ou à un infinitif, marquant une idée locative ou temporelle, une idée de mise en relation, etc.
« 1 Idée locative ou temporelle. (…)
« 2 Idée de mise en rapport entre des choses ou des personnes, entraînant une relation de possibilité, d’effet, etc. Voir : défavorable, favorable ; impossible, possible ; étranger, familier, habituel, ordinaire ; profitable, néfaste, nuisible ; inutile, utile ; spécifique, spécial, particulier… à (quelqu’un, quelque chose).(…). »

J’ai oublié de préciser que c’est bien sûr pareil pour l’exemple que tu donnes : « émettre des ondes sur ». Si tu émets des ondes « favorables », elles seront « favorables à qqch ». Cela n’empêche pas d’émettre « des ondes sur qqch favorables à qqch ». Les deux ne sont pas incompatibles.
De même, tu peux émettre « un avis sur la politique favorable à un parti ou à un autre ». Peut-être que comme ça tu te rendras mieux compte de la nuance.

La réponse de Cy Jung.

Merci Pascale. J’avais amorcé intuitivement la réponse sans pouvoir la finaliser. Voilà qui est fait (et je vais forcément me souvenir de l’exemple politique) !

Information publiée le jeudi 25 avril 2013.

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