LexCy(que)

Plus que… ne et autres propositions corrélatives



Cy Jung — LexCy(que) : Plus que… ne et autres propositions corrélatives

Ma phrase [*] : Cette remise en route a pris plus de temps que je ne le pensais.

J’ai déjà consacré un article de ce LexCy(que) à l’usage du « Ne explétif » avec les verbes exprimant la crainte et en cas de double négation. Ici, spontanément, j’ai mis ce « ne » explétif après « plus que ». Qu’en est-il ?

La grammaire d’Antidote me permet de répondre rapidement à la question en indiquant que ce « ne » peut se trouver dans « certains contextes comparatifs ou corrélatifs », avec « plus que » en exemple. Il indique par ailleurs que ce « ne » ne doit pas se trouver dans « une proposition corrélative amenée par aussi ». Je me reporte sur l’article consacré aux « propositions corrélatives », mais n’en apprends pas plus sur les constructions avec les autres « mots corrélatifs » comme « moins » ou « autant ».
Je me tourne vers le Grevisse et son article sur les « divers cas » d’utilisation du « ne explétif » [§1024]. On y trouve tous les exemples d’usages après certains verbes et en (g) les « locutions conjonctives ». Je fais le tour en cherchant des exemples dans mes romans.

Cy Jung — Mathilde je l'ai rencontrée dans un train* Avant que
Exemple : « Nos lèvres s’apprivoisent à petites touches avant que nos langues ne se mêlent au bal, fébriles et furieuses, gourmandes. » (Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train, 2005, p. 19).
Selon Grevisse, le « ne » est facultatif ; mes recherches semblent indiquer que je le mets systématiquement. Grevisse donne une tentative d’explication du choix de construction avec ou sans « ne » ; c’est une affaire de sens que je ne comprends pas bien et qu’il déclare lui-même n’avoir « aucun caractère général ». Cela m’arrange !

Cy Jung — Cul nu, courts érotiques* Jusqu’à ce que
Exemple : « Elle demeura prostrée jusqu’à ce que le mince trait de lumière qui filtrait au travers du carreau sale de la minuscule fenêtre s’estompe. » (« Cul-bénit », Cul nu, courts érotiques, 2001, p.111).
Grevisse indique que le « ne » est utilisé par certains auteurs « par analogie » avec « avant que ». Il semble que je n’en fasse pas partie mais cet article me permet de corriger le tir. Le lendemain de sa rédaction, j’écris dans mes Feuillets : « Et gratter la piqûre de moustique jusqu’à ce que la peau ne s’enflamme. » (« V04-11 décembre 2011 », Les Feuillets de Cy Jung).

Cy Jung — Camellia rose* En attendant que
Exemple : « Entre la séance de kinésithérapie, les trajets jusqu’au réfectoire où elle prenait désormais ses repas, ses travaux d’aiguille et son tout nouvel accès à Internet — bas débit, malheureusement, en attendant qu’une solution fût trouvée pour un dégroupage partiel —, elle ne voyait pas passer ses journées, notamment le mercredi et le week-end où les visites se succédaient. » (Camellia rose, 2009, p.59).
Grevisse indique la même analogie que pour « jusqu’à ce que », analogie à laquelle je n’ai pas été plus sensible.

Note : Aujourd’hui (4 juillet 2014), je comprends mieux cette analogie sans être en mesure de m’en expliquer vraiment. Il me semble d’abord que le verbe « attendre » indique un doute. Ensuite, à la place de « en attendant qu’une solution fût trouvée » je pourrais écrire « avant qu’une solution ne fût trouvée ». À l’avenir, je mettrai donc sans doute le ne explétif.

* À moins que
Exemple : « La fraîcheur du petit matin les réveilla de bonne heure à moins que ce ne fût un animal qui s’était approché trop près de leur campement. » (Camellia rose, 2009, p.17).
Grevisse indique que le « ne » est présent « souvent » sans indiquer de différence de sens avec ou sans.

* Sans que
Je sais déjà que le « ne » n’est pas systématique et obéit à des règles subtiles alors que je le mets systématiquement par simplification. Je me pencherai sur ce cas particulier une autre fois car il mérite un point à part.

J’avais cité « autant » dans les « mots corrélatifs ».
Exemple : « On a toujours préféré penser que l’on pouvait avancer autant que l’on croit là que l’on va pouvoir sortir. » (« V01-17 mars 2011 », Les Feuillets de Cy Jung).
Il n’est en effet pas dans la liste du Grevisse et n’autorise donc pas la construction avec un « ne explétif ». Si vous avez d’autres questions, dites-moi ; j’ai encore à creuser ce point.


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[*Phrase extraite de « Tableau de bord, 15 novembre 2011 », Les Feuillets de Cy Jung.


Information publiée le vendredi 23 décembre 2011.

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