LexCy(que)

Dont ou que ?



Cy Jung — LexCy(que) : Dont ou que ?

Ma phrase [*] : Et pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit.

Développement initial du 24 janvier 2014.
Addenda du 11 février 2014 : La réponse de Pascale.

Antidote, lors de la correction de mon texte, m’indique : « Il est fautif et archaïque d’utiliser dont à la place de que lorsqu’on veut mettre en relief un élément (procédé d’insistance). Par exemple, on doit dire : « c’est de cela que j’ai besoin », et non « c’est de cela dont j’ai besoin ». »
« Archaïque » ? On sait que l’argument peut me plaire pour que je ne change rien à ma phrase tant j’aime cultiver les archaïsmes. Mais avant de succomber à pareille tentation, je préfère vérifier la règle, que je ne comprends guère, ainsi énoncée, et d’autant moins que je me souviens que l’on m’a appris que « dont » était plus correct que « que » dans ce genre de contexte. J’en profite pour rendre une petite visite à mon téléagrandisseur préféré afin de consulter le Grevisse. Il est en panne et éclairé avec des halogènes. Je vais devoir m’en contenter.

Je lis la table des matières en tendant l’œil... Et me voilà dubitative.
Mon « dont » semble devoir être complément de quelque chose, mais de quoi. Les [§722-724] sont les plus cités. Je vais voir. Je lis comme je peux. Je dois bien avouer que je n’y comprends rien entre les différences de sens et de fonction grammaticale et je crains que le manque de lisibilité, même s’il n’aide pas, n’y soit pour rien.
Je vais me chercher un Bled… Je ne trouve pas ma question et je rentre : la connexion Internet étant en rade, je ne peux pas faire de recherches complémentaires pour avancer.

Je trouve très vite ce que je cherche dans la grammaire en ligne Reverso.

« Dont a la valeur d’un complément introduit par de. C’est donc le pronom relatif qu’il faut utiliser pour tous les verbes ou locutions verbales construisant leur complément avec de. C’est un problème dont nous avons conscience (et non c’est un problème que nous avons conscience, car avoir conscience construit ses compléments avec de : avoir conscience de quelque chose). C’est un vieux souvenir qu’il ne se rappelle plus très bien (et non pas dont il se rappelle, car on dit se rappeler quelque chose, et non pas se rappeler de quelque chose). »

Si j’applique cette règle, qui me paraît simple, je dois laisser « dont » dans ma phrase puisque mon verbe est « s’agir de »… mais il « s’agit de cela » dans ma phrase. Dois-je dire « C’est cela dont il s’agit. » mais « C’est de cela qu’il s’agit » ? J’ai en outre l’adverbe « bien » qui fait que je ne pourrais construire que la deuxième phrase…
Je trouve un exercice sur Langue-fr.net un article qui me le confirme. Je préfère néanmoins me tourner vers Pascale…

Alors… Alors… Quel suspens !

La réponse de Pascale.

Je crois bien que tu as tout compris. Je ne vois vraiment pas ce que je peux ajouter aux explications très claires du lien que tu as mis vers Langue.fr. On en revient toujours au même point, tout dépend du complément direct ou indirect puisque « dont » signifie une origine et qu’il est donc redondant avec « de ».
Même problème qu’avec « se souvenir de qqch » et « se rappeler qqch » ([ici-art617]).
En définitive, ce sont toujours nos mauvaises habitudes qui nous font croire qu’on fait une erreur en disant « dont » pour « que » ou inversement.

Quant à ta question de savoir de quoi « cela » est complément dans ta phrase, il est tout simplement complément de « s’agir de » => « Il s’agit de cela. », le « cela » renvoyant évidemment à quelque chose que tu as dit/écrit plus haut. C’est un pronom démonstratif qui a la fonction de complément. On le classe dans la catégorie des déictiques (et comme j’entends déjà la question, voici la définition d’Antidote : « Mot de la langue dont on ne peut saisir le sens que par une référence au contexte énonciatif (par exemple les mots ici ou demain). » Bref, ce « cela », tu ne peux le comprendre que par rapport à quelque chose qui a précédé (d’où sa fonction de pronom démonstratif).
Voilà donc ce que je peux t’en dire…

La conclusion de Cy Jung

Eh bien, merci, une fois encore !
Je fais donc la correction dans ma nouvelle et ma phrase devient : « Et pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit. »


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[*, Phrase extraite de « #11 La voix qui filtre à travers la porte (V-01) », nouvelle en [e-criture], 5 novembre 2013.


Information publiée le vendredi 24 janvier 2014.

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