LexCy(que)

Croisement et carrefour



Cy Jung — LexCy(que) : croisement et carrefour

Ma phrase [*] : J’arrive au carrefour. À ma demande, la voix nasille en boucle, « Rouge piétons ». J’attends mon tour en plein soleil. Il me transmet son ardeur. Je relève les épaules. Quelque chose craque dans ma nuque. Je tire sur mon cou. La sonnerie sur deux notes me donne le feu vert. Je traverse le corps aux aguets, oreilles et poils tendus, les oreilles pour le son, les poils en vigie du moindre déplacement d’air. Les plaquettes de frein usées d’un poids lourd me font faire une embardée. Il est de l’autre côté du croisement. C’est égal. J’ai appris à me méfier.

* Développement initial (17 décembre 2008)
* Addenda (3 juillet 2009)

Cy Jung — Le râteauAntidote me signale une confusion sur « croisement », m’indiquant qu’il s’agit de « l’intersection de deux voies » à ne pas confondre avec « carrefour », « intersection de plusieurs voies ». Cela tombe bien, mon « croisement carrefour » est à l’intersection de deux, et seulement deux, rues.
Pourquoi Antidote ne m’a-t-il pas signalé « carrefour », au début de mon paragraphe ?
J’imagine que c’est parce que la définition de « croisement » est plus restrictive : autrement dit, si tous les « croisements » sont des « carrefours », tous les « carrefours » ne sont pas obligatoirement des « croisements »…
Et Le Petit Robert, il en dit quoi ?
Il dit qu’un « carrefour » est « endroit où se croisent plusieurs voies » et qu’un « croisement » est un « point où se coupent deux ou plusieurs voies » !
Le « croisement » deviendrait-il le centre du « carrefour » ?
Bigre !

Verdict : je ne touche pas à ma phrase.

Addenda (3 juillet 2009)

Krystel, créatrice de L-Éditorielles, le premier (et défunt, mai 2015) portail dédié à la littérature lesbienne et à ses auteures, m’écrit :
« Pour être précise lorsque vous vous trouvez sur la chaussée, il convient de parler d’intersection.
« L’usage courant veut que l’on parle indifféremment de croisement ou de carrefour, mais le Code de la route lui ne mentionne que des intersections, à l’instar de tout professionnel qui, lorsqu’il vous indique un itinéraire, ne parlera jamais de carrefour ou de croisement, mais d’intersection. »

Voici donc le moyen de réconcilier mes « croisements » et « carrefours ».
Mais… Antidote donne comme définition d’ « intersection » « Endroit ou deux voies de circulation se croisent »… Et quand il y en a trois ? Le Petit Robert confirme, « intersection » est lié à « deux »… et le TLF dit la même chose mais… mais… Nous sommes sauves ! Il envisage également la possibilité de plus de deux voies : « B. P. anal [**]. Lieu plus ou moins large où deux ou plusieurs voies de communication se rejoignent ou se croisent. Synon. carrefour, croisée, croisement. » Et mieux encore, le XMLittré n’associe aucune quantité de voies à la constitution d’une intersection.
Il me semble donc que le Code de la route a repris la définition générique établie par le XMLittré et que l’on peut considérer que « croisements » et « carrefours » sont des « intersections ». Je conserve néanmoins ma phrase mais garde le terme pour une prochaine fois, ainsi que « croisée » qui ne semble s’appliquer qu’aux chemins, sans que l’on ne sache combien ils sont, les bougres !


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[*Extrait de « Le râteau », nouvelle écrite pour le concours Dire le non visuel, septembre 2008.

[**Abréviation de « analogie », bien sûr.


Information publiée le vendredi 3 juillet 2009.

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