Appendices

Le titre d’un roman



Cy Jung — Le titre d'un roman

Les lecteurs l’ignorent souvent, ce sont les éditeurs qui choisissent le titre des romans qu’ils publient.
La raison en est simple : en signant son contrat d’édition, l’auteur cède à l’éditeur le droit de publier un texte pour le vendre sous forme de livre. Il est donc de la responsabilité commerciale de l’éditeur de produire un objet-livre qui va séduire le chaland. Il choisit en conséquence le format, le titre, les différents visuels, écrit le texte de la quatrième de couverte, fixe le prix, etc. Et l’auteur a intérêt à ce que l’objet-livre soit attractif et se vende ; sa rémunération en dépend puisqu’elle est assise sur le nombre de livres vendus.
Les livres de Cy Jung n’échappent pas à la règle. Une petite revue de détail s’impose.

Cy Jung — Once upon a poulette Cy Jung — Once upon a poulettePour ses quatre premiers livres publiés chez KTM édition, Cy Jung a eu la chance de voir ses titres acceptés par son éditeur. Pour Once upon a poulette, sous-titré « roman lesbien », la discussion ne s’est faite que sur le sous-titre : pour Cy Jung, il était un moyen de visibilité autant qu’une « nique » à la « vraie littérature », considérant que pour certains, une homosexualité trop apparente est la preuve irréfragable d’une écriture de piètre qualité.
Once upon a poulette
étant le premier roman publié par KTM éditions, cette visibilité servait également la maison d’édition. Le consensus s’est ainsi fait.

Cy Jung — Hétéro par-ci, homo par le rat Cy Jung — Es ist eine poulette Cy Jung — Cul nu, courts érotiquesPour Hétéro par-ci, homo par le rat (titre un peu long s’il en est), Cy Jung a un peu bataillé. Il a été accepté faute de mieux. Es ist eine poulette, toujours sous-titre « roman lesbien » et Cul nu, courts érotiques, se sont imposés d’eux-mêmes.

Cy Jung — Tu vois ce que je veux direPour la publication de Tu vois ce que je veux dire, l’Harmattan a simplement demandé à Cy Jung de compléter le titre par la mention « Vivre avec un handicap visuel » afin de le rendre plus parlant. Ce n’est que plus tard que Cy Jung a découvert que Tu vois ce que je veux dire était déjà utilisé par Gilbert Montagné… Dommage.

Cy Jung — Carton rose Cy Jung — Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train Cy Jung — Un roman d'amour, enfinUne fois arrivée aux Éditions gaies et lesbienne, Cy Jung a vu ses deux premiers titres modifiés par ses éditrices. Carton rose, à l’origine, s’appelait Un ballon pour deux et Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train, Ce n’est pas ça, titre auquel Cy Jung reste attachée tant il lui semble plus juste que celui choisi, plus vendeur pourtant. Par contre, Un roman d’amour, enfin, a fait d’emblée l’unanimité.

Cy Jung — Bulletin rose Cy Jung — Diadème rose Cy Jung — Camellia rose Cy Jung — Piste roseLe titre choisi pour Carton rose a permis d’inaugurer une série, Cy Jung et ses éditrices rivalisant d’imagination pour tomber sur le bon titre : Bulletin rose puis Diadème rose ; en 2009, la liste s’allonge avec Camellia rose, initialement Merle rose, titre significatif mais qui ne satisfaisait pas Cy Jung.

Cy Jung — Piste rose Cy Jung — Quartier roseCette série s’est allongée avec Piste rose (ici et ) et Quartier rose (lala et lalala) publiés en 2017 au Canada par Homoromance éditions qui n’a pas mis en question les titres proposés. Y aura-t-il d’autres « roses » ? Suspens… Les lecteurs assidus du LexCy(que) en auront déjà une idée.

Cy Jung — Le titre d'un romanQuant aux autres textes sur lesquels elle travaille ou qui sont prêts pour une éventuelle publication (ici), ils portent des titres qui parlent à son écriture : Ce una poulette (qui fait suite à Once upon a poulette et à Es ist eine Poulette ; Je ne saurai jamais si elle était jolie (qui fait suite à Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train et à un Roman d’amour, enfin) ; Retour d’amour ; Les Feuillets () ; Kito Katoka ; Fragments d’un discoure politique (lala)… Cy Jung ne peut qu’espérer être confrontée un jour à leur traduction commerciale.

Pour les titres de ses nouvelles publiés dans des ouvrages collectifs, Cy Jung a toujours eu le choix, les différents éditeurs se chargeant du titre de l’ouvrage.

Mais au fait, comment Cy Jung trouve-t-elle le titre original de ses livres ?
Cela vient, un peu comme ça, sans prévenir. Des phrases arrivent à la conscience : elle songe un instant qu’elles feraient un joli titre. Elle ne les note pas, convaincue que si elle ne s’en souvient pas, c’est que le titre n’était pas bon. Et quand elle travaille à définir un nouveau roman à écrire, l’un de ces titres revient et sert de support tout au long de l’écriture : elle a besoin de nommer son texte pour pouvoir l’écrire ; ce qu’il advient de ce titre original dans la phase de publication n’a au final guère d’importance et participe peut-être au nécessaire détachement du texte, celui qui permet d’accepter qu’il devienne livre, que d’autres le lisent, le fassent ainsi leur en se faisant fi (c’est heureux !) de l’intention de l’auteure.
Certains titres font néanmoins long feu : Comme un accord, Toute nue dans la cabine, Bluff… Cy Jung ne saurait dire pourquoi, peut-être parce que l’idée n’était pas bonne. Mais une chose est sûre, tous les projets sans titre n’ont jamais dépassé le stade des dix lignes. Serait-ce à dire que tout est dans le titre ? Quelque chose comme ça.


Note. Un article du LexCy(que), Petit précis de safe sex, est consacré aux questions de typographie qui s’applique aux titres d’œuvres et de journaux.

Article publié le 10 mars 2010, régulièrement modifié depuis.

Information publiée le jeudi 16 août 2018.

Version imprimable de cet article Version imprimable



Article précédent /
Retour à tous les articles



Les vingt derniers articles publiés sur le site de Cy Jung sont ici





Si vous êtes éditeur,
découvrez les manuscrits de Cy Jung
ici.