Romans & Nouvelles

Carton rose



Peut-on désespérer quand on est à un souffle de la perfection ? Annick est une lesbienne parfaite : la trentaine dynamique, un métier passionnant, un visage ravissant, un corps sublime sculpté par l’aérobic, un tailleur impeccable et des ongles délicatement vernis.
Mais le destin est cynique et Annick toujours vierge : le grand amour la fuit éternellement… A croire qu’une malédiction pèse sur ses élégantes épaules.
Enfin, par bonheur, un malheur n’arrive jamais seul : ce soir, non seulement elle a filé ses bas, mais elle s’est laissé embrigader dans un club de foot lesbien ! Une expérience qui va mettre un sérieux désordre dans ses cheveux et sa vie amoureuse…

Il y a longtemps que Cy Jung ne joue plus en équipe minime. Carton rose est son cinquième titre… et sa première parodie de roman sentimental, un genre pour lequel elle démontre un indiscutable talent.

* Extraits
* Critiques

Cy Jung — Carton rose (deuxième édition)Couvertures de la première édition (2003) et de la seconde (2006).

Extraits


Annick se rend guillerette au travail…

Elle ouvrit la portière, balança vers l’extérieur ses jambes gainées de Lycra et se mit debout. Le fond de l’air était frais. Un timide soleil tentait une percée à travers les brumes polluées de la banlieue sud. Son talon ripa sur le sol de goudron ruiné par les intempéries et l’escarpin havane quitta son pied gauche. Annick le renfila, pestant intérieurement contre cette atteinte passagère à la perfection de sa toilette.
Du bout de ses ongles courts discrètement vernis, elle contrôla l’invisibilité de sa culotte Sloggi puis, enfin, ajusta sa veste jacquard à col arrondi sur sa jupe de mailles. L’ensemble formait un coordonné harmonieux, fait de beiges et de bruns, dans des matières souples mais d’une impeccable tenue.


Annick découvre les joies du football…

Assise à même le sol, elle frissonnait. Sous l’effet du vent frais de cette fin de soirée d’automne, ses muscles se refroidissaient. La chair de poule la gagnait. Cherchant vainement les clés du vestiaire, elle conclut que quelqu’un était à l’intérieur et courut y chercher le gilet qu’elle y avait laissé.
À peine passa-t-elle la porte que l’effroi la figea. Lise, son guide de mardi dernier, les pieds sur une banquette, face au mur, culotte baissée, tenait fermement deux portemanteaux scellés dans le béton, offrant sa pudeur à la bouche vorace de Val, assise entre ses jambes. Les gémissements de la jeune dévergondée étaient tels qu’aucune des deux protagonistes de ces attouchements salaces ne semblait avoir entendu les grincements de la porte métallique tournant sur ses gonds.
Annick demeurait pétrifiée, effarée de cette débauche d’obscénités. Soudain, Val retira sa bouche, plaqua sa nuque contre le mur et pénétra d’un doigt ferme sa cavalière. Le grognement qu’elle poussa glaça le sang d’Annick. Elle mit sa main devant sa bouche afin de se retenir de crier. Elle vacillait sur ses jambes. Elle voulait fuir mais son corps ne bougeait pas. Le bassin de Lise se soulevait de plus en plus vite dans un enivrant va-et-vient. La voyeuse ne pouvait détacher son regard de cet arrière-train, captivée par ses mouvements de balancier qui l’hypnotisaient.
Sans qu’elle ne pût le prévoir, Lise poussa un ultime râle et tout s’arrêta. La gardienne retira sa main puis l’essuya soigneusement avec le bas de son tee-shirt.
— Ça t’a plu ? la défia-t-elle, passant sa tête à travers les cuisses de Lise et dévisageant l’intruse.


Annick succombe aux feux de l’amour…

L’entraîneure l’accueillit d’un large sourire.
— Hello ma belle ! Tu vas bien ?
— Oui, minauda Annick, émue par les mots tendres de la coach. L’entraînement de la semaine dernière m’a manqué.
— Eh bien, prépare-toi vite. Ce soir, je vous ai concocté un programme double !
Cinq minutes plus tard, Annick était sur le terrain, buvant littéralement les ordres et les recommandations de l’entraîneure de son cœur. Rien ne semblait pouvoir la fatiguer au point que le “ C’est fini pour aujourd’hui. ” de Catherine lui parut intervenir avant l’heure. Traînant des pieds, elle rejoignit le vestiaire. Elle s’y changea avec un maximum de lenteur, espérant partager quelques instants d’intimité avec la coach.
Elle fut la dernière à sortir, Catherine sur les talons. Regagnant leur voiture respective, elles bavardèrent gaiement.
— Tu es venue avec Angie ? s’enquit la coach.
— Oui. Viens. Elle sera heureuse de te dire bonsoir.

Critiques

« Un opus moins réussi que les précédents à l’humour inégal. Si le but avoué était la « parodie », il fallait oser aller jusqu’au bout. C’est dommage. »

Isabelle B Price, Univers-L.com, 31 mars 2008.

« Cy Jung a parfaitement compris les règles édictées par la regrettée Delly. (…) On déplore toutefois que Cy Jung ait reculé devant l’ambiguïté du terme “entraîneuse” pour le remplacer par l’infect barbarisme “entraîneure” (…). »

Hélène de Monferand, Lesbia Magazine, janvier 2004

« Carton rose, roman de Cy Jung (Once upon a poulette), est une histoire légère et divertissante. »

Caroline Rivest, Fugues, 31 juillet 2003

« À lire si on aime les parodies de roman à l’eau très très rose et le foot, élément fédérateur des deux morceaux de ce couple si cliché… »

Julie Dumont, lalucarne.org

« Cy Jung s’essaie avec un certain bonheur à la parodie de roman sentimental. »

Judith Silberfeld, Têtu - Juillet 2003

« Une sympathique parodie de roman sentimental. »

e-m@le, 27 juin 2003

« Le voyage est agréable, sa légèreté nous fait du bien, on plonge volontiers dans l’univers d’une équipe de foot féminin, dans la moiteur des vestiaires, dans la promiscuité des douches. »

La dixième muse (2), mai 2003

« Sur fond de foot féminin, et de préparation aux Eurogames, Cy Jung construit une parodie de roman sentimental. Un livre drôle, plein d’humour, où on ne prend pas le temps de respirer. Entre dribles, épilation et soirées entre copines, une histoire d’amour digne des plus grands Arlequins (sic) ! »

Monchoix.net, 9 juin 2003


En lecture sur Youtube.

« Cinquième roman de Miss Cy qui nous démontre ici le talent qu’elle sait déployer pour traiter de façon légère, et avec beaucoup d’humour, la vie très sérieuse d’une trentenaire au bord du claquage… musculaire. »

gaysthouse.com, 9 mai 2003

« Cy Jung s’attèle à nous faire rire et nous émouvoir des turpitudes de l’amour entre une femme très fem et une autre joliment butch. Le style pur Harlequin revisité avec malice donne une véritable dimension tendre et comique à ce texte. »

Media-G.net, 8 mai 2003


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