Les plaisirs de Cy Jung

Article — Pourquoi Fêter Dieu quand on n’est pas croyant ?



Cy Jung — Article — Pourquoi Fêter Dieu quand on n'est pas croyant (...)

Cy Jung a partagé quelques années durant les activités de David et Jonathan, mouvement homosexuel chrétien, tout en revendiquant ne pas être croyante. À l’occasion d’une chasse aux liens cassés en avril 2015, elle a découvert qu’un article qu’elle avait écrit en janvier 2012 pour le site de l’association a disparu de celui-ci.
Qu’à cela ne tienne ! Le voici, pour mémoire.

« Cela fait un moment déjà que je souhaitais vous écrire un petit quelque chose sur mes Fêtez Dieu, moi qui n’y crois pas… En Dieu. Ou si peu… Ou pas comme un chrétien peut y croire… Si peu comme un catholique le ferait !
« Pendant mon cycle d’accueil, j’ai d’abord eu envie de me nourrir du « savoir-Dieu » de J.-D. puis du vôtre, déjistes chrétiens, principalement catholiques. Je savais, je sais, que vous avez quelque chose à me dire, à me transmettre. J’ai fréquenté quelques messes, ai chanté lors de la commémoration des JAR, ai lu un catéchisme pour adultes… et ai participé de plus en plus régulièrement aux Fêtez Dieu de Pif, avec de plus en plus de plaisir.
« Plaisir de chanter. Plaisir d’être là, parmi vous. Plaisir de découvrir les Écritures, à travers les lectures et commentaires (quand je comprends !) Plaisir de ne pas rompre le cercle du Notre Père, tenir fort votre main, un peu vous étreindre… Vous aimer. Tant que ça ? Oui, tant que ça. Vous aimez, vous dont la foi m’échappe, vous dont le Dieu m’est étranger, vous qui incarnez cette culture qui est la mienne. Forcément la mienne. Forcément vous.
« Ma démarche première — entendre la plus raisonnée — était sans doute de comprendre cette « culture chrétienne » que ma pensée politique conteste, et combat, dans ce qu’elle incarne de culpabilité, de servitude, et de réaction. Mais cette « culture chrétienne », et l’institution qui va avec, est ma culture, mon histoire. Elle dit d’où je viens. Elle dit qui je suis. Et aujourd’hui, elle s’impose comme une part de mon identité que je peux toujours contester sur le plan politique — vous pouvez compter sur moi ! — mais qui reste gravée comme part de mon identité. Je l’accepte. Elle peut désormais me dire où je vais.
« Et pourtant, j’ai compris que je ne suis pas chrétienne : je ne crois pas en Jésus ressuscité ; je ne crois pas que « Dieu est amour », « entité » exogène que je pourrais louer, sanctifier, auprès de qui je pourrais prier et qui me donnerait la joie. Non, je ne crois (désespérément) pas en tout ça ! J’aurais bien aimé, pourtant, vous rejoindre sur ce terrain, vous aimer à travers Dieu, par-devers Dieu, dans le partage de Dieu, votre Dieu. Pour une foi(s), je me serais sentie identique, égale : ce Dieu aurait été ma part de normalité. Perdu !
« Voilà pourquoi sans doute je le fête aussi avec vous, votre Dieu et son Jésus, pour une heure durant être comme vous et vous aimer… parce que c’est vous. Car ce à quoi je crois est ici : Dieu ne m’est pas étranger ; il existe en tant que « l’amour — vous noterez l’article défini, qui change tout — dont je suis capable ». Oui Dieu est l’amour, la joie, mon amour, ma joie, votre amour, votre joie. Il n’est pas étranger à nous-mêmes ; il est chacun de nous. Il se confond avec nous. Il est un certain rapport au monde, un certain rapport à soi ; un rapport de joie et d’amour.
« Peut-être que cela choquera certains d’entre vous ; je ne le souhaite pas. Je vous exprime ma part de Dieu parce que je veux la partager avec vous, pouvoir dire sans crainte que je ne prie pas car cela n’a pas de sens pour moi, que je ne souhaite pas que vous priiez pour moi parce que je le ressens comme une intrusion dans ma conscience, une atteinte à ma liberté, mais toujours venir Fêtez Dieu, avec vous, parce que ma joie, mon amour, c’est près de vous que j’ai envie de les éprouver. Pas parce que c’est Lui ; mais parce que c’est vous.
« Merci. »

Cécyle Jung, 30 janvier 2012.
Petit rappel Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.

Information publiée le lundi 30 janvier 2012.

Version imprimable de cet article Version imprimable



Article précédent / Article suivant
Retour à tous les articles



Les vingt derniers articles publiés sur le site de Cy Jung sont ici





Si vous êtes éditeur,
découvrez les manuscrits de Cy Jung
ici.