LexCy(que)

Coudée



Cy Jung — LexCy(que) : Coudée

Ma phrase [*] : Elle prit le temps de choisir la couleur d’un nouveau pétale, coupa une longueur de fil et enfila son aiguille.

* Développement initial (6 mai 2009).
* Addenda (28 septembre 2009) : d’autres anciennes unités de longueur.

Cy Jung — Camellia roseJe sollicite souvent mon entourage pour préciser mon vocabulaire, ou me donner des indications sur un lieu, une technique, un savoir-faire, etc. utiles à mon récit. Ces échanges me sont précieux car ils sont, avec la phase des corrections, un moment de partage.
Cette fois, c’est mon frère Emmanuel que j’ai sollicité, pour ses compétences techniques en matière de filage : je souhaitais trouver un terme pour remplacer « longueur » pour le plaisir d’en utiliser un plus technique, donc plus rare autant que pour limiter les occurrences sur « long » et « longueur », très importantes dans ce roman.

Dans mes dictionnaires, j’avais trouvé « tronçon » qui signifie « Morceau coupé ou rompu de quelque objet plus long que large. ». La définition correspond bien à mon morceau de fil mais cela me fait penser à une route là où le XMLittré parle de cannes, d’anguilles et de brochets. L’idée n’y est pas. On me propose aussi « segment » qui ne s’adapte pas non plus à mon objet.
À la lecture de ma phrase, Emmanuel, également marin, me propose le terme de « coudée », qui est une mesure ancienne et vaut cinquante centimètres pour Le Petit Robert et un pied et demi pour le XMLIttré soit la distance approximative entre le coude et l’extrémité du majeur. Wikipédia propose un tableau indiquant les correspondances métriques des différentes coudées en fonction de leur localisation géographie ou historique (Macédoine, gréco-romaine, etc.).

Le mot me plaît ; je l’adopte et en profite pour remarquer que dans l’expression « avoir les coudées franches », « coudée » a le sens de « coude » et signifie qu’une personne assise a assez de place vis-à-vis de ses voisins pour avoir l’usage de ses coudes.
Ma phrase devient : Elle prit le temps de choisir la couleur d’un nouveau pétale, coupa une coudée de fil et enfila son aiguille.

Note : Je me rends compte en rédigeant cet article que j’ai dans la même phrase « fil » et « enfila »… Trop tard ! Le livre est sous presse. Qu’aurais-je choisi comme autre verbe ? Je ne cherche pas. Il faut savoir lâcher un texte.

Addenda (28 septembre 2009) : d’autres anciennes unités de longueur.

Cet article sur « coudée » est l’occasion de retrouver quelques autres anciennes unités de longueur qui peuvent être utiles pour diversifier le vocabulaire d’un texte. Je ne signale, pour l’instant, que des termes qu’il me paraît intéressant d’utiliser. Je complèterai cette liste au fil de mes découvertes.

* Une « brasse » vaut cinq pieds soit environ 1,62 mètre. Le XMLittré précise qu’il s’agit là d’une « Mesure qu’on prend avec les deux bras étendus » et qu’on désigne également la « brasse » par « pas géométrique ». Ce terme est encore utilisé en marine.

* Un article de Wikipédia consacré aux « Unités de mesure anciennes », propose une liste intéressante. Je n’en fais pas le détail mais en retiens quelques-uns.
La « toise », d’abord, qui mesure six pieds (1,949 m) et que l’on connaît plus dans sa forme verbale, « toiser ». Quelques expressions signalées par le XMLittré formées sur « mesurer à la toise » me donnent envie d’un usage dans un prochain rose.
La « perche » (longueur) et l’ « arpent » (surface), unités de mesure agraire (100 perches carrées font un arpent ce qui ne dit pas la taille de l’arpent car celle de la perche varie) peuvent être utiles à désigner longueurs ou surfaces à mesure approximative. Et la « lieue », bien sûr, tout aussi variable (entre 4 et 6 kilomètres, 4.444,5 le plus couramment en France et 5.555,5 mètres pour la lieue maritime) est un terme qui saura me plaire tant j’aime l’usage des mots anciens.

Ne trouvant rien d’autre de convaincant sur le Net, je reviens à un dictionnaire que j’avais un peu oublié sur l’étagère : le Thésaurus (Larousse). Il propose deux pages d’unités de mesure de toutes sortes, classées par type, dont des « anciennes unités de mesure de longueur ».
Aux côtés de la « brasse », j’y trouve l’« encablure » dont j’ignorais le sens exact de terme de marine désignant 120 brasses (environ 200 mètres). Je découvre également que l’« aune » — qui donne l’expression « à l’aune de » — valait 120 mètres, qu’il existerait une « bème » dont j’ignore tout car je n’en trouve pas trace dans mes dictionnaires et, qu’en Russie, l’ « archine » valait 7 mètres quand la « sagène » en valait 2,133 mètres et la « verste » 1077 mètres.

Voilà pour une première recherche. Je ne manquerai pas de signaler les usages que j’en ferai.


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[*Phrase extraite de Camellia rose, manuscrit, version 4, mars 2009.


Information publiée le lundi 28 septembre 2009.

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