La biographie de Cy Jung

Atelier d’écriture — « Le corps du plaisir des femmes »



Cy Jung — Atelier d'écriture — « Le corps du plaisir des femmes (...)

Samedi 8 avril 2017, à l’invitation de l’association féministe Les Ronces, aux alentours de Limoges.
En présentation ici.

Le plaisir ne vient pas que du corps, on sait. Pour autant, le plaisir, même s’il n’en vient pas exclusivement, y aboutit. Alors, ce corps, notre corps, qui est-il pour nous donner du plaisir ? Des fesses, des seins, un clitoris, une vulve, un vagin… N’est-ce pas un peu réducteur ?
Une fois exclus ces cinq mots-là, Cy Jung a demandé aux participantes de donner deux noms communs, un adjectif et un verbe qui désignent notre corps en tant que sujet de son propre plaisir afin d’écrire un texte qui parle de ce corps du plaisir qui nous est si chair. Ces mots ont ensuite été inscrits sur le chevalet de conférence (« paperboard » en anglais). Cy Jung a alors invité chacune à écrire au présent un court texte de fiction (dix lignes) en utilisant un nombre variable de mots, texte dont le corps est le sujet principal ; un texte qui dit ce qu’il éprouve. À défaut du corps, « je » sera le sujet.

Cy Jung remercie chaleureusement à Maëva pour son invitation à animer cet atelier et à dormir dans une belle campagne baignée de lune. Merci également à Isabelle sans qui ces ateliers semblent désormais impossibles.
Des photos de cet atelier sont disponibles sur Facebook, ici.

Les ateliers de Cy Jung sont en présentation . Et ses performances, lala.

Cy Jung — Les mots

Les mots
Aimer. Brasser. Chaleureux. Chaud. Circulation. Cœur. Couler. Crier. Doux. Embrasser. Fouir. Frissonner. Front. Gémir. Goûter. Houblon. Langue. Lèvre. Lobe. Madeleine. Nuque. Omoplate. Onde. Orteil. Peau. Pression. Profond. Rebelle. Redoutable. Respiration. Salière. Salive. Sensible. Sensuel. Tatouage. Tendre. Transpirer.

Note. Nous avons été nombreuses (Cy Jung incluse) à découvrir à l’occasion de la lecture d’un texte qu’une « salière », est certes un récipient où l’on met du sel, mais également un « Enfoncement, creux situé derrière les clavicules d’une personne maigre. » (Antidote). C’est enfin « Enfoncement situé au-dessus de l’œil d’un vieux cheval. » (Antidote), celui-ci ayant certainement donné le précédent qui est considéré comme « famillier ».

Les textes des participantes

Goûte. Goûte à mes baisers. Je sens tout ton corps se tendre, s’étirer vers mes lèvres que tu appelles à ta peau. Mon souffle chaud s’échappe vers toi, tu le captes, je le vois. Je le vois à la manière dont l’onde se propage du creux de tes reins à ta nuque. Tu transpires. Je transpire. En un instant tout se fige. Nos deux corps savent ce qu’il va se passer maintenant. D’abord, au creux de ton oreille ma langue, qui va se promener, doucement vers cet endroit que tu aimes tant. Doucement, tout doucement pour te faire languir, tester ta patience, que tu gémisses et me guides afin qu’enfin : je croque, je suce, je lèche ce lobe qui te fera jouir. Ce petit jeu, nous y jouons depuis longtemps désormais, mais il est toujours aussi redoutable pour te faire couleur entre mes mains.
Issa

Corps voluptueux qui aime gémir goûte à la chaleur de ma peau transpirante, s’abandonne contre ton coeur, écoutant sa respiration effrénée. Désir redoutable qui monte et se diffuse partout. Envie de te croquer, de te lécher, de fouir au plus profond de toi. Désir d’éternité, mes yeux dans les tiens, ma langue dans ta bouche ne font qu’un. Espace temps. Temps d’arrêt. Profiter. Savourer. Une danse du plaisir. Une danse du désir. Une danse pour jouir. Une danse longtemps espérée, trop longtemps attendue. Me voilà enfin entier, complet, rempli. Merci.
Pas de signature.

Elle arrive, toute fraîche, en retard... des soucis de circulation apparemment. Elle n’a rien à voir avec sa photo sur laquelle elle pose de manière faussement sensuelle. Nous parlons sans entrain autour d’un verre de bière.
Faire des rencontres d’inconnu-e-s sur Internet, c’est ma façon à moi de me sentir rebelle, de me dire : « On peut tous s’aimer. » Il faut l’avouer, la plupart du temps, ces rencontres ne sont pas très profondes. Mais ce soir, c’est différent. Sa peau, sa respiration, ses lèvres... Bu, le houblon me monte à la tête. Je ne pense plus qu’à embrasser sa nuque, qu’à frissonner sous sa langue. Je transpire. Comment vais-je m’y prendre pour lui sauter dessus ?
Cha

Je suis arrivée dans cette salle d’atelier, j’ai goûté le sirop de sureau doux, sensuel sur mes lèvres, je salivais, cette onde qui coulait me fit frissonner, et je faisais connaissance avec les autres personnes chaleureuses de cette assemblée. Les madeleines circulaient, les gressins longs et tendres étaient sur la table avec un liquide à base de houblon (liquide aphrodisiaque). J’aime bien la bière, c’est redoutable quand j’en consomme à la pression. Et c’est bon pour le cœur. Mes omoplates s’étiraient. Ma nuque se détendait doucement. J’embrassais en lui tapotant son tatouage sur sa peau qui transpirait, frissonnait des orteils à la nuque mais aimait mes caresses sur son front et ses lobes d’oreille. Je devenais redoutable, rebelle, chaude. J’arrêtais la pression, ses gémissements embrassaient la pièce.
Sa respiration.
Vivi

Ta respiration, souffle chaud dans ma nuque, entame les hostilités.
Mon corps nu sous le tien, écrasé par ta présence, sait qu’il va être l’objet de ton désir. Ça lui plaît d’être ta chose. Je vis l’instant présent à fond. Le passé, le futur ne sont plus.
Ton souffle est maintenant remplacé par ta langue humide et musclée qui me titille le lobe de l’oreille, le mordille.
Mon épiderme sent ton petit courant d’air passer sur cette zone que tu as goûtée, je frissonne. Mes orteils se tendent.
Tes lèvres glissent le long de mon épaule, s’arrêtent un instant dans le creux de ma salière, juste le temps d’un baiser. Un baiser redoutable, avec les dents, mais qui me fait vibrer de plaisir. Ta bouche poursuit son chemin le long de mon omoplate. Un coup de langue, un souffle sur ta salive, un coup de dent.
Mon corps se rebelle. Il veut se retourner mais tes mains exercent une pression sur mon dos.
Je te laisse m’embrasser, fouir chaque recoin de ma peau. Bientôt, les rôles seront inversés.
Maëva

C’est de l’abondance du cœur que parle la bouche. Je respire son corps qui invite et pourtant fouit le mien, qui me demande quand frissonner, aimé par de tendres mélodies, animé les sens et l’esprit. Je touche dans un élan de cœur le bleu profond de ses yeux et me voilà frissonnante et sensible atteindre l’ultime et redoutable interdit.
Marie-Christine

À l’orée du champ de houblon, j’avance légère et je respire l’odeur chaude de la fin d’après-midi. La pression de la journée me fait m’arrêter, la peau moite de transpiration, j’embrasse d’un regard profond l’horizon et l’orteil gauche se met à gémir. Pourquoi ? Trop de madeleines à goûter, trop de peau à embrasser, trop de salive qui coule doucement comme par mégarde.
Rien ne se passe ? Si les omoplates se mettent à brasser redoutablement, une onde chaude embrasse toute la peau, le cœur, prêt à crier, revient embrasser les salières tendres et chaleureuses. La circulation s’accélère, les lobes des oreilles se mettent à frissonner. C’est tendre, doux et sensuel. La langue et les lèvres ne sont pas en retard : elles brassent, embrassent, trouvent un front doux et une nuque sensuelle à faire frissonner. Crier, ici dans ce champ. La respiration profonde améliore la circulation tendre et chaleureuse de ce cœur frissonnant.
Je transpire : le tatouage se fait plus sensuel.
Danièle

Cy Jung — Atelier Les Ronces

Le texte de Cy Jung

Comme à l’accoutumée, Cy Jung vous propose un texte écrit a postériori en suivant la même consigne mais en utilisant, cette fois, tous les mots.

Ma peau brasse mon désir au rythme de ta respiration. Le cœur bat. La chair transpire. Le sang coule dans mes veines dans une circulation qui va de front à orteils en passant par la salière. Tes lèvres goûtent l’onde directement sur ma nuque, déposant un peu de salive sur le tatouage qui descend jusqu’à l’omoplate. Je frissonne. Elles n’y vont pas. Elles visent le lobe, fouissent dans la combe, jolie madeleine qui gémit à ta langue et donne à mon sexe, sous la pression, le goût du houblon. Va-t-elle être rebelle, redoutable apex sensible, tendre ou sensuel, douce ou chaleureuse ? Peu me chaud (sic) ! Mes cuisses aiment qu’elle les embrasse, là, entre, profond. Crier ? Qui sait ?

Cy Jung, 9 mai 2007.

Information publiée le mardi 23 mai 2017.

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