LexCy(que)

Le saint des saints



Cy Jung — LexCy(que) : saint des saints

Ma phrase [*] : Comment pouvait-on, dans une maison médicalisée gérée par le Saint des saints de la solidarité enseignante, abandonner ainsi une patiente, la privant des soins les plus élémentaires et de l’attention due à une personne malade ?

Cy Jung — Camellia roseAntidote me propose de mettre une majuscule aux deux « saint » composant cette expression. Le premier me paraît logique (« Saint » serait ici le nom propre d’une chose sacrée) mais pas le second (je pense alors à la règle sur « Dieu » qui veut que la majuscule ne s’applique qu’à un Dieu en particulier, tel un nom propre, le pluriel « les dieux » prenant une minuscule comme s’il s’agissait d’une profession).
Je me retourne vers le Guide des règles typographiques que n’accorde de majuscule à « saint » que dans le cas de nom propre (avec un trait d’union [**]) de personnes, de lieux, de monuments : « Sainte-Cécile » : « Sainte-Chapelle ». Cette majuscule s’étend à des « expressions traditionnelles historiques ou religieuses » type « Sainte-Alliance » ou « Saint-Siège ».
Quid de mon « Saint des saints » qui n’est pas dans la liste ?

Je me rends compte, au fil de ma réflexion, que j’ignore le sens premier de cette expression et que le connaître m’aiderait sans doute à trancher.
Le Petit Robert (qui propose la double majuscule) indique que « le Saint » est « l’espace qui s’étendait devant la partie la plus sacrée du temple ». Ce terme, emprunt à l’archéologie, devient « le Saint des saints » au XIIIe siècle pour désigner l’endroit, dans le temple où l’on dépose « l’Arche d’Alliance » [***]. Mais cela justifie-t-il les majuscules ce d’autant qu’Antidote, dans sa définition de « le saint » (« espace le plus sacré du temple ») met alors la minuscule ?
Je poursuis ma recherche sur le XMLittré (7 & 8) qui va me donner la solution. Quand « le saint des saints » désigne la partie la plus sacrée du temple, il se met en minuscule. Quand il désigne Dieu lui-même, la capitale initiale est de rigueur.

Voilà au moins une solution logique pour le premier « saint », celui au singulier. Quant au second… Rien ne peut justifier sa majuscule : ce n’est ni un lieu, ni un personnage sacré, ni un événement historique, ni… ?
Ainsi, ma phrase devient : Comment pouvait-on, dans une maison médicalisée gérée par le saint des saints de la solidarité enseignante, abandonner ainsi une patiente, la privant des soins les plus élémentaires et de l’attention due à une personne malade ?


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[*Phrase extraite de Camellia rose, manuscrit, version 5, avril 2009.

[**Si l’on écrit un nom de saint sans trait d’union, « saint » restera en minuscule, si l’on en croit le XLMLittré.

[***« Le coffre qui renferme les tables de la loi », dit le XLMLittré en y mettant, contrairement au Petit Robert, des minuscules.


Information publiée le vendredi 22 mai 2009.

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