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Rendez-vous (abréviation)



Cy Jung — LexCy !que) : Rendez-vous (abréviation)

Ma phrase (ou plus exactement la question de Michel, un internaute) : « J’ai toujours abrégé « rendez-vous » en « RDV » et voilà que le Petit Robert me signale que la bonne abréviation est « R.-V. ». On trouve beaucoup RDV, mais c’est vrai que cela n’a aucun sens, « rendez » est un mot complet ! »

Le LexCy(que) représente aujourd’hui 20 % des entrées sur mon site, essentiellement via des moteurs de recherche avec des internautes qui ont les mêmes interrogations que moi. Et voilà qu’ils se mettent à m’écrire pour me poser des questions ! J’y réponds volontiers ici, dans un délai long (j’ai des sujets d’avance), quand la question pourrait être la mienne.
C’est le cas de cette question de Michel. Je fais comme lui, j’abrège « rendez-vous » en « RDV ». Avons-nous raison ?

Antidote, d’abord, me confirme « RDV », avec cette mise en garde : « Éviter d’abréger : il n’est pas recommandé d’abréger le mot rendez-vous, quel que soit le type de texte, en dehors des brouillons ou notes personnelles. » Je n’en connais pas la raison mais je suis assez d’accord. Je me tourne vers Grevisse qui ne référence pas « rendez-vous » mais me dit des choses sur les abréviations [§111 & §112] qui sont intéressantes.
D’abord, l’abréviation est définie comme un « phénomène graphique consistant à écrire un mot en n’utilisant qu’une partie de ses lettres. » C’est incontournable mais je ne l’aurais certainement pas dit ainsi. Il est précisé que le but de l’abréviation est de « gagner du temps et de la place » mais que certaines sont euphémiques notamment pour éviter de prononcer une grossièreté (« Trou du c… » parfois devenu d’ailleurs « trouduc ») et d’autres de « discrétion », comme le fait d’utiliser la capitale initiale d’un nom pour désigner une personne sans la nommer.
Grevisse précise ensuite que l’abréviation reste un choix personnel mais qu’il existe néanmoins certaines conventions, sur madame, mademoiselle ou monsieur, par exemple, ici dans le LexCy(que). L’article suivant parle de la formation des abréviations, je n’en fais pas le détail. Je retiens juste que l’abréviation en « R.-V. » correspond au mode de formation en vigueur pour les locutions, soit réduire à la lettre initiale avec un point pour chacun des mots, avec comme exemple du Grevisse « W.-C. » qui est un nom composé comme « rendez-vous », typographie que j’utilise d’ailleurs volontiers pour « C.-V. ». Bigre.
Mais « R.-V. » n’est pas dans la liste. Bigre de bigre.

Je me tourne vers le Grand Robert et… misère ! Il propose, comme le petit, « R.-V. » en abréviation de « rendez-vous » et ne connaît pas « RDV ». La Banque de dépannage linguistique confirme « R.-V. » (mais ignore la construction avec des points pour nombre de locutions). Voilà, Michel, nous sommes fixés. Nous étions tous les deux dans l’erreur. Cela dit, si le but de l’abréviation est de « gagner du temps et de la place », « R.-V. » ne fait pas le compte : cinq caractères au lieu de trois pour « RDV », et une manipulation supplémentaire de clavier considérant qu’il faut relâcher la touche majuscule pour saisir le tiret.
Que faire à présent ? Ce que l’on veut, disait Grevisse, mais je crains de m’aligner désormais sur « R.-V. ». Je verrai à l’usage.
Merci à vous de cette question Michel. J’ai véritablement appris quelque chose.

Information publiée le samedi 21 octobre 2017.

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