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Septembrisades



Cy Jung — LexCy(que- : Septembrisades

Ma phrase [*] : Je passe la ligne imaginaire que j’ai tirée entre un poteau qui soutient un panneau de stationnement interdit et une poubelle ancienne génération.

Je cherche à construire un mot qui signifie « qui date d’avant le 11 septembre » afin de spécifier le type de poubelle dont je parle. On se souvient en effet que jusqu’à ces attentats, les poubelles parisiennes étaient en plastique opaque et qu’elles ont été enlevées par mesure de sécurité. Dans les semaines qui ont suivi, le maire de Paris a fait installer ces poubelles transpirantes formées d’un simple sac accroché à un anneau métallique.
La seule construction que je connaisse serait « Pré-11 septembre ». Je ne trouve pas cela très heureux. Je pose d’emblée la question à Pascale.

La réponse de Pascale.

Je peux te proposer : « antéseptembrisades new-yorkaises ».
« Septembrisades » (toujours au pluriel) est normalement employé pour désigner les massacres des 3 au 5 septembre 1792 à Lyon, mais certains écrivains l’emploient pour désigner d’autres massacres perpétrés au mois de septembre. Alphonse Daudet, par exemple, dans Tartarin de Tarascon, écrit « septembrisades tarasconnaises » pour parler de la propension à la chasse de Tartarin qui fait qu’il ne reste plus un seul gibier à chasser dans le coin, sauf un lièvre récalcitrant appelé Rapide.
Sur une carte postale conservée à Paris, au musée national des Arts et Traditions populaires que l’on peut voir ici, on lit : « TARASCON - Tartarin d’après une vieille estampe conservée à la Bibliothèque de la Ville. L’illustre Tartarin, avant de partir pour l’Afrique, s’exerce à la chasse dans les fourrés de Souspiron, appartenant à son ami Bompard, où on lui a signalé la présence du RAPIDE : “Vieux coquin de lièvre échappé comme par miracle aux Septembrisades Tarasconnaises” »

La conclusion de Cy Jung

Eh bien ! voilà une fort belle histoire.
Je trouve le terme un peu « imposant » pour qualifier une simple poubelle mais il me plaît, justement parce qu’il est décalé. Ce qui me gêne par contre, c’est ce « ante » qui précède « septembrisades » et rallonge ce mot déjà long à lire. Je cherche donc un autre moyen d’indiquer la temporalité et trouve, à force de recherches analogiques, « préexistant ».

Je l’intègre à ma phrase en guise de « ante ». Elle devient : Je passe la ligne imaginaire que j’ai tirée entre un poteau qui soutient un panneau de stationnement interdit et une poubelle préexistante aux septembrisades new-yorkaises.


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[*Phrase extraite de Je ne saurais jamais si elle était jolie. V5, mai 2009


Information publiée le lundi 15 juin 2009.

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