LexCy(que)

Moins de (adverbe de quantité) + accord du verbe



Cy Jung — LexCy(que) : Moins de (adverbe de quantité) + accord du (...)

Ma phrase (ou plus exactement celle de Isabelle) [*] : Moins de cinq heures de marche me laissaient sur ma faim.

À l’occasion de la publication de ce billet, j’ai suggéré à Isabelle de faire l’accord du verbe sur « cinq heures » et non sur « moins », m’appuyant sur Antidote en mode correcteur. Je décide de pousser un peu plus loin l’investigation, non sans vérifier ce qu’il y a dans le LexCy(que) sur le sujet collectif. L’article date un peu, « Un groupe de », 10 janvier 2009 (ici) ; c’était mon huitième article du LexCy(que) ; je n’étais pas encore rodée à l’exercice.
Plutôt que de faire un addenda, je préfère travailler à un nouvel article.

Antidote me propose un article qui, dans un premier temps, ne m’inspire pas ; « Moins de deux… : verbe au pluriel » ; « moins de deux » m’est une expression familière qui n’a pas de rapport avec mon sujet. Oups ! C’est « en moins de deux » auquel je pensais. Je vais donc regarder et constate qu’il s’agit bien de ce dont je parle, « deux », semblant juste l’exemple choisi : « Quand moins de deux a une valeur de pronom ou qu’il est suivi d’un nom (moins de deux heures), et qu’il est employé comme sujet, le verbe s’accorde au pluriel, même si ces expressions impliquent logiquement la notion de singulier. »
Cela confirme l’accord au pluriel. Il n’y a pas grand-chose à ajouter. Antidote me sauve de l’article très court en indiquant qu’à l’inverse, « plus d’une » implique le singulier « malgré l’idée de pluralité ». Et « moins d’une » ? La logique implique également le singulier puisque « heure » serait au singulier dans, par exemple, « Moins d’une heure de marche me laissait sur ma faim. »

La curiosité me porte alors à aller y regarder de plus près en quête de « plus de ». J’arrive sur l’article « Adverbe de quantité » — et me rend compte que j’ai déjà un article du LexCy(que) sur « Plus (sujet) » (), sujet en tant qu’adverbe de quantité ; ah ! si j’avais de la mémoire… Je reprends Antidote. Tout est là : « Certains adverbes de quantité se comportent, quand on leur adjoint la préposition de, comme des déterminants. » Je me dis au passage que j’aurais trouvé plus vite si je possédais le vocabulaire de la grammaire, ce qui est loin d’être le cas. Il faudrait peut-être que je me trouve une formation…
Je poursuis ma lecture : « Puisque ces locutions ont une simple valeur de déterminant, c’est avec le nom qu’ils introduisent que s’accordera le verbe de la phrase. » Cette fois, tout est dit, avec néanmoins une petite nuance : il arrive parfois que le verbe se mette au singulier, donnant à la phrase un sens particulier. Antidote illustre avec l’aphorisme « Beaucoup d’amis vaut mieux que beaucoup d’argent. » et explique : « Une phrase de ce type doit être interprétée de la façon suivante : « le fait d’avoir beaucoup d’amis vaut mieux que… » Pardon de tant citer mais je n’aurais pas expliqué mieux.

Pour rappel, Antidote est un merveilleux assistant à l’écriture que je vous recommande ; pas si cher au vu du service rendu (lala).


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[*Phrase extraite de « Ailleurs @21 », billet en Hétéronomie, 22 août 2017.


Information publiée le vendredi 19 janvier 2018.

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