LexCy(que)

Par tout(s) moyen(s) – Toute(s) sorte(s) de…



Cy Jung — LexCy(que) : Par tout(s) moyen(s) – Toute(s) sorte(s) (...)

Ma phrase [*] : L’urgence n’est pas à répondre à cette question. Elle est à fuir, à se planquer, à se protéger, par tout moyen.

J’ai déjà consacré un article du LexCy(que) à « tout », adjectif indéfini, nom, pronom ou adverbe (ici). Mon souci semble différent aujourd’hui : dois-je considérer que l’urgence est de fuir « par tous les moyens » (pluriel) ou par « n’importe quel moyen » (singulier) ? Les deux sont grammaticalement possibles : « tout » est dans les deux cas déterminant. Ils ne produisent simplement pas le même sens.
J’ai choisi le singulier. Le Grand Robert semble privilégier le pluriel : je ne trouve pas d’exemple avec « tout » mais « Attaquer, lutter par tous moyens ». Je me plonge dans le Grevisse avec le compte-fils et l’appareil photo de la tablette. Galère ! Mais pourquoi la version en ligne est-elle si chère pour l’usage que j’en ai ? Ce que je cherche à savoir, en fait, c’est si « par tout(s) moyen(s) » serait une expression figée ?

Le Grévisse me mène à son article [§637] « Tout comme déterminant » (rien que d’arriver là, j’ai déjà mal aux yeux !) ? C’est le b) qui m’intéresse « Tous, pluriel » : « tous est déterminant quand, construit sans autre déterminant, il signifie les uns et les autres sans exception » ; l’équivalent de mon « tous les », donc. Après l’énoncé des usages littéraires de ce « tous » sans autre déterminant, Grevisse propose une liste d’« expressions figées de la langue française » : « par tout(s) moyen(s) » n’y est pas.
Grevisse indique ensuite que le « singulier distributif » (l’expression me laisse songeuse) et le « pluriel collectif » (là, je comprends mieux) produisent le même sens et qu’il va donc être question d’usage et de choix plus ou moins arbitraire. La liste est intéressante car parfois surprenante, je vous y renvoie (le respect du droit d’auteur ne m’autorise que de courtes citations ; ce serait un comble que je ne le respecte pas !) Mon exemple n’y est pas. Dois-je en conclure que je fais ce que je veux ?
Cela me va bien. Je laisse mon singulier.

Cy Jung — Es ist eine Poulette Cy Jung — Un roman d'amour, enfinNote. Ce que Grevisse dit de « toute(s) sorte(s) » en référence au Littré est intéressant ; si le nom en complètent est au singulier, « toute sorte » s’écrit au singulier ; si le complément est un pluriel, le pluriel s’applique plus volontiers.
J’en trouve un exemple amusant dans Es ist eine Poulette (2000) : « Un lave-vaisselle. Imaginez un lave-vaisselle : voilà un objet assassin ; il réduit à néant toute sorte de répartition harmonieuse des tâches, toute tentative de symbiose puisqu’il délègue à une machine la restauration de la porcelaine dans sa propreté virginale, privant les amoureux de ce soin quotidien à préparer le couvert du lendemain. », « répartition harmonieuse » ne peut en effet qu’être un singulier, « toute sorte » est au singulier. J’ai également trouvé dans Un roman d’amour, enfin (2008) l’exemple au pluriel : « Il y a des coupes glacées ; des crêpes aussi ; et toutes sortes de gâteaux. » Ces deux romans ont été corrigés par Pascale, cela explique sans doute cela.
Je ne trouve pas de contre-exemple dans les fichiers de mes textes publiés. C’est une expression que j’utilise très peu. Là, au moins, j’espère m’en souvenir.


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[*Phrase extraite de « [#58] Le quartier qui est sympa (V-01) », nouvelle en [e-criture], 4 décembre 2017.


Information publiée le vendredi 23 février 2018.

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