Célius, mousquetaire de la reine

Célius, mousquetaire de la reine
*** Épisode 3 ***

Farce lutécienne



Célius, mousquetaire de la reine est une farce lutécienne en huit épisodes et un épilogue en lecture gratuite (ici) sur le site de Cy Jung. Elle met en scène la reine Anne et ses mousquetaires qui défendent une certaine idée du bien-vivre ensemble, contre la finance internationale et pour l’amour de leur royaume.Retour ligne automatique
En voici le troosième épisode, publié le 29 juillet 2018. Si vous avez manqué les deux premiers, ils sont et lala. Bonne lecture !


Petit rappel liminaire

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Puisque l’on parlait de Célius, que l’on en parlât !
Ce même soir, il était retourné trinquer longuement avec l’agente d’eau de Lutèce, qui, elle aussi, le trouvait si « mignon ». Il était rentré à pied jusqu’à sa chambrée sise sous un toit de la Maison aux Piliers. Il y accédait par une porte latérale et ne croisait jamais la reine. C’était mieux ainsi. Il avait bien remarqué que celle-ci le regardait d’un œil qui n’avait rien de protocolaire. L’effet produit sur son propre métabolisme ne l’était pas plus. Si d’aventure leurs relations s’intensifiaient, Célius aurait du mal à contenir son secret et c’en serait fini de sa vie de mousquetaire. Mais de quoi parlait-on ? D’un secret si bien gardé que même l’empereur Firmin n’en avait pas connaissance ; quel drame cela serait s’il l’apprenait !
Et l’empereur savait-il que Mac Rone avait des vues sur la reine Anne et l’épiait parfois au moment de sa toilette à travers un judas qu’il avait fait installer dans une galerie dérobée jouxtant la salle de bains royale ? Oui, tout à fait. Il comptait d’ailleurs bien en user si jamais le surintendant décidait de faire cavalier seul ou de trahir ses intérêts ; les affaires de mœurs, même si elles étaient monnaie courante au royaume de Lutèce comme ailleurs, n’avaient jamais bonne presse et pouvaient éliminer, en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, n’importe qui de la scène publique.
Et que Manuel, le fidèle serviteur de Mac Rone, avait un faible pour la Maréchale de la Marine royale, le savait-il ? Bien sûr. Il s’en gaussait d’ailleurs, ladite Maréchale lui ayant avoué, dans un moment d’abandon, qu’elle trouvait la reine Anne fort à son goût mais considérait que les différences d’âge, de condition et de convictions n’étaient pas en sa faveur. Tant pis. Elle la garderait dans son cœur en se promettant intérieurement de la protéger. Était-ce compatible avec sa participation au complot visant à la destituer que venait de lui annoncer Manuel à l’heure où la reine se couchait et où Célius arrivait près de la Maison aux Piliers ? Il n’était pas question d’en douter.
Dès son entrée en fonction, elle avait aménagé sur l’île aux Cygnes une masure avec tout le confort moderne qui servirait de refuge (et de prison) à la reine si tout se passait comme prévu. La Maréchale pourrait en prendre soin une fois que le trône lui serait retiré, Firmin lui ayant confié comme mission secrète de la débarquer quand il l’avait fait nommer à ce poste clé pour la sécurité du royaume — ce que Mac Rone ignorait. Que de menaces pesaient sur la souveraine de Lutèce ! La Maréchale, elle, ne rêvait qu’au plaisir de disposer du fruit de son désir, là, à discrétion, alors que Manuel lui exposait son dessein. Elle songeait que le temps, peut-être, saurait convaincre sa promise que l’amour d’une femme valait celui de n’importe quel gaillard. Oh ! qu’il serait bon de…
— Vous m’écoutez, Maréchale ?
Elle sursauta. Manuel lui proposait un plan qui n’avait ni queue ni tête au point qu’elle divaguait sans égard pour son interlocuteur.
— Bien sûr, cher ami. Bien sûr. Mais permettez-moi de lancer mes espions avant de prendre toute décision. Les mousquetaires veillent. Ils connaissent la légende de la guerre de Troie comme vous et moi ; si nous envoyons à la Maison aux Piliers une statue monumentale représentant un bouquet de tulipes, les fleurs préférées de la reine, et offerte par un artiste néo-pop pour décorer son jardin, qui pourra croire que cela ne cache pas quelque chose ?
— Le chef des mousquetaires Benoît est crédule…
— Son fidèle Célius est fin d’esprit (et de taille). Investir la Maison aux Piliers serait loin d’être suffisant. Nous serons ridicules à cacher sept sous-mariniers fussent-il aguerris aux bannettes chaudes dans des corolles qui donnent l’illusion de l’art si nous n’attirons pas à nous, dans l’heure, les soutiens de la reine.
— Vous savez, Maréchale, de nos jours, l’art…
— Ne galvaudez pas la beauté, Manuel. Le peuple a besoin d’un pouvoir qui l’incarne. C’est d’ailleurs là que la reine Anne tient sa popularité. C’est la discréditer qu’il convient d’organiser. Mes espions vont nous dire ce qui se trame dans les corridors de la Maison aux Piliers ; nous saurons en tirer profit.
À propos de mouches, les mousquetaires avaient aussi les leurs. Célius n’eut pas le temps de rentrer qu’il fut mis au courant de ce complot par une principale locataire, la dame Bonno, qui aimait le chérir les soirs où il n’avait pas envie d’aller dormir. Elle l’attendait accoudée à sa fenêtre.
— À moi ! mousquetaire.
Célius s’arrêta avec un sourire bien qu’il redoutait qu’elle voulût l’inviter à dîner. Il était tard ; il avait sommeil.
— Bonsoir dame ! Vous n’êtes point au chaud à cette heure ?
— Je te guettais, gamin. La Maréchale et Manuel sont en train de trinquer chez Rita. Et ce n’est pas de l’air du temps dont ils parlent !
Célius grimaça.
— J’imagine.
— Ne t’inquiète pas. Pour l’instant rien de précis. Tu peux dormir sur tes deux oreilles. Je te dirai.
— Merci, dame !
Il déposa un baiser sur son front. Elle aimait tant qu’il l’embrassât, ce si gentil garçon qui avait l’odeur des filles. Elle se doutait du pourquoi du comment ; c’était la seule information qu’elle n’avait jamais colportée ; elle y aurait perdu ses entrées à la Maison aux Piliers et une partie de sa sécurité. Toute mégère qu’elle était, elle devait bien avouer aussi qu’elle tenait à l’amitié de Célius ; il était si attentionné, ne manquant jamais son anniversaire ni sa fête, partageant souvent un moment avec elle en apportant de quoi boire. Son secret la mettait pourtant de plus en plus en soucis. Elle ne devait pas être la seule à avoir compris pourquoi il était si mignon ; et il y avait matière à discréditer les mousquetaires ; la reine, même, peut-être.
Chutttt…
Sitôt après ce baiser, Célius rentra dans sa chambrée et se coucha séant pendant que La Maréchale et Manuel rejoignaient chacun leur logis. Il s’endormit du sommeil du juste. Ce fut le coq qui le réveilla. La reine Anne avait fait installer une basse-cour là où son prédécesseur cultivait les roses et les œillets. L’odeur n’était pas la même ; la valeur gustative non plus même si les pétales de fleur agrémentaient volontiers une infusion. Célius n’était pas gêné par ce réveil matinal. Il aimait aller se promener le long des berges pour admirer le lever du jour entre les piles des ponts. Que Lutèce était jolie dans la lumière de l’aurore ! Il retrouvait ensuite ses camarades au réfectoire autour d’un copieux petit-déjeuner. Benoît était de mauvais poil. Il s’était réveillé en pleine nuit en tombant de tout son poids de la chaise sur laquelle il s’était assoupi dans les salons de la reine.
— Je crains de m’être démis l’épaule, grimaça-t-il.
Ses trois complices, Célius, Ian et Colombro, lui proposèrent qui un massage, qui une potion magique, qui l’adresse d’un ostéopathe. Il ne fit rien de cela, trop préoccupé qu’il était par la révélation faite par son second à propos de la réunion secrète entre Manuel et la Maréchale, femme qu’il exécrait par-dessus tout.
— Que pouvons-nous craindre, exactement ? s’interrogea-t-il à haute voix.
— Il devient de plus en plus évident, commenta Célius, que Mac Rone veut renverser notre reine. Il va devoir inventer plus qu’un simple coup d’État tant les Lutéciens lui sont fidèles même ceux qui rouspètent toute la journée.
— Quoi donc ? s’enquit Ian.
— Quelque chose qui la discrédite, qui permette de contester sa légitimité à gouverner, qui…
Célius s’interrompit. Le domestique s’approchait. Il était inconnu au réfectoire mais sa tête lui disait quelque chose. Il arborait en outre le sourire forcé de celles et ceux et hen qui veulent se faire bien voir parce qu’ils cachent quelque chose.
— Oh là ! valet. Qui es-tu ?
— Latude, simple sujet de Sa Majesté, mousquetaire. Pour vous servir.
Il tendit son écu indiquant son état. Célius le considéra à peine. Il ne doutait pas que l’homme fut en règle. Il n’aurait pas pu ouvrer au réfectoire de la Maison aux Piliers sans cela. Mais cet écu ne disait rien de ses bonnes ou mauvaises intentions. Son regard, par contre, était fourbe.
— Va, va, Latude ! Nous n’avons besoin de rien.
L’homme battit en retraite. Il ignorait ce qui avait alerté Célius ; il en était contrarié. Comme beaucoup de ces hommes de main qui écumaient les bars en quête d’une basse besogne, il savait déjà que Manuel et la Maréchale cherchaient à nuire à la reine Anne sur ordre de Mac Rone, ce funeste surintendant des finances qui faisait l’unanimité contre lui, à l’exception des bourgeois, bien sûr, qui tiraient profit de sa vile politique de libéralisation des échanges et de déréglementation du marché du travail.
On racontait, par exemple, qu’il souhaitait mettre fin aux minces privilèges des forts des Halles et des dockers de Lutèce, deux métiers prestigieux dont la charge méritait bien quelques avantages. Si l’on s’attaquait à ceux-là, tous les autres tâcherons verraient leur sort révisé à la baisse ; plus d’ouvrage ; moins de gages. Et que dire des femmes, nourrices et cuisinières, qui n’étaient payées de rien ? Latude était mauvais garçon, c’était de notoriété publique — et c’était là la raison pour laquelle Célius l’avait déjà croisé —, mais il était homme à défendre les droits des travailleurs dont il n’avait pourtant jamais été. Il vivait d’expédients et de menus larcins. Cela lui allait bien. Il n’avait par ailleurs jamais rien tenté contre la reine, qu’il trouvait belle et joyeuse, comme beaucoup. Il regrettait simplement qu’elle ne lui accordât pas grande attention quand il la retrouvait lors d’une fête de rue. Il aurait tant aimé se faire bien voir d’elle, intégrer les mousquetaires, qui sait, pour être près d’elle en permanence et la protéger !
C’était là bien mal connaître la tâche exacte des forçats de l’épée qu’étaient Benoît, Célius, Ian et Colombro. Peu lui chalait ! Latude avait compris que pour plaire à la reine, il devait la sauver. Il espérait entendre leur conversation et en apprendre plus sur ce complot qui se tramait. Célius avait été trop vigilant. Que faire ? Latude rendit rapidement son tablier et tourna la demi-journée dans les estaminets où il avait ses habitudes. Il cherchait des informations, des idées.
Ses interlocuteurs étaient aussi à sec qu’ils étaient déjà imbibés de mauvais alcool jusqu’à ce qu’il tombât sur un certain Marpion, bourreau accrédité par la Couronne pour donner le fouet place de la Concorde à des condamnés attachés sur une roue. Quelle horreur ! Les châtiments corporels étaient-ils encore en vigueur au royaume de Lutèce ? Une abomination ! La reine Anne, justement, contre l’avis des bourgeois et des mégères avides de spectacles sanguinaires, cherchaient à les interdire et à commuer ces peines en travaux d’intérêt royal comme nettoyer les rues, astiquer les latrines publiques ou draguer le fleuve pour en retirer vase et déchets.
Si elle parvenait à ce que les pairs de la Couronne avalisassent son décret, c’en serait terminé de la carrière de Marpion comme de l’accroissement permanent de sa fortune. Ce n’était pas qu’il était tant payé ! C’était surtout les pourboires qui l’enrichissaient, ceux qu’il recevait en récompense du vice avec lequel il faisait souffrir les condamnés et dont les amateurs pervers n’étaient pas rares. Le bourreau cherchait donc un complice qui l’aidât, sans que lui-même ne soit incriminé, à diffuser par voie d’affichage un dessin paraphé d’un peintre renommé — ce qui rendait la véracité de la scène représentée incontestable — où la reine, enfant, applaudissait au spectacle de pauvres drilles martyrisés lors d’une exhibition de gladiateurs dans les arènes de Cadix, ville où elle avait quelque famille.
Quand tout le monde verrait cela, il serait impossible à la reine de supprimer les flagellations publiques ! C’était imparable.
— Quelle idée extraordinaire ! s’enthousiasma Latude qui imaginait déjà le moyen de se précipiter chez la reine Anne pour montrer ces dessins qui allaient salir sa réputation. Elle lui accorderait forcément ses faveurs pour l’en avoir prémunie.
— Dès que je trouve un imprimeur véreux, je te dis ! Tu recevras dix sous pour chaque affiche collée.
Les deux hommes topèrent. Ce n’était pas cher payé mais, pour cette fois, Latude s’en moquait. L’essentiel n’était pas là. Il offrit une tournée à son commanditaire d’un jour. L’alcool aidant, les deux complices montaient leur plan en parlant de plus en plus fort, pour le plus grand bonheur d’une mouche de Manuel, le valet de Mac Rone. Mais n’y avait-il que des espions dans les estaminets du royaume de Lutèce ? Il y en avait beaucoup, en effet, et celui-là, que l’on nommait JM Legé et dont la fourberie n’avait d’égale que celle d’un certain JR connu pour hanter les champs pétrolifères de la lointaine Amérique, était particulièrement efficace, plus que son employeur, parfois — ce qui n’était somme toute pas bien difficile.
Dès qu’il eut considéré disposer de suffisamment d’information, il courut en avertir Manuel.
— C’est du beau boulot, JM Legé, le félicita le valet de Mac Rone qui ne savait pourtant pas bien comment utiliser cette information.
Il donna une bourse à JM Legé puis se rendit chez la Maréchale. À son récit, elle applaudit à tout rompre !
— Tu connais ce Latude ?
— Un mercenaire comme un autre. Il ira au plus offrant.
— Et Marpion ?
— Un bourreau très efficace. Mon patron regrette d’ailleurs qu’il ne travaillât pas plus souvent. Ces supplices du fouet sur la roue occupent bien le peuple et les bourgeois. En augmenter la fréquence nous donnerait plus de latitude pour prendre des mesures impopulaires. Quel gâchis !
— Ce dessein peut nous aider. Nous devons protéger ces deux-là pour que leur entreprise réussisse. Mais cela ne suffira pas à faire tomber la reine. Il faudrait des scandales en cascade. Avons-nous autre chose ?
— Je ne crois pas… Elle est si probe !
— Ce qui ne la rend que plus suspecte ! Je vais demander à l’empereur Firmin. Il aimera l’idée que l’affaire se déroulât sans qu’une goutte de sang ne fût versée. Il va me falloir du temps. Peut-on retarder insidieusement d’une semaine ou deux cette opération de collage ?
— Les ouvriers de l’imprimerie adorent la grève. Une étincelle suffira.
— File voir Mac Rone, il trouvera.
Le surintendant, en effet, trouva. Il cherchait justement une mesure qui pourrait compenser les pertes de recette consécutives à la suppression par ses soins du fouage dont s’acquittaient les bourgeois propriétaires de leur logis. Il voulait instaurer un dixième sur la taille que payaient les roturiers. Pourquoi ne pas tester cela sur les ouvriers des imprimeries, ouvriers que l’on ne nommait pas encore « ouvriers du livre », la Confrérie des gueux et des trublions [la fameuse CGT, NdCy] n’ayant pas été créée ?
— Il faudrait une raison à cela, s’inquiéta Manuel. Les pairs de la Couronne n’aiment pas augmenter les impôts.
— Une raison… une raison… Ce sont les contributions des sans-le-sou ; pas les leurs !
— Quand même…
Mac Rone se gratta la tête. Le silence dura un peu puis le surintendant frappa son poing dans sa paume.
— Eurêka ! Écoute ça, valet !
Manuel était tout ouïe.
— Ces ouvriers sont très sales, toujours couverts d’encre. Ils utilisent beaucoup d’eau de Lutèce pour se laver, eux et leur blouse. Sans compter tous ces chiffons que le service pour des travailleurs propres et pomponnés [le fameux STPP, NdCy], voulu par la reine Anne pour renforcer l’antique dépanneuse de la dépravation et de l’excentricité [la prestigieuse DPP, NdCy] qui sillonnait les rues du royaume en quête de toutes les atteintes à la salubrité des us, doit prendre en charge. C’est bien de souhaiter que Lutèce fût nettoyée ! Cela a un coût. La reine ne peut s’opposer à ce nouveau prélèvement.
Qu’est-ce qu’il était brillant le surintendant ! Manuel en était tout ému. S’il n’avait pas craint de le heurter, il l’aurait embrassé. Mac Rone était-il homophobe ? Cela allait bien avec le reste même s’il s’en serait forcément défendu au nom d’un libéralisme qui s’appliquait également aux mœurs.
— La Maréchale souhaite que la grève se déclenchât très vite, commenta Manuel. Il ne faut pas que Latude et Marpion aient le temps d’éditer leurs affiches.
— Ne t’inquiète pas, valet, le rassura Mac Rone, très fier de son idée. Voilà trois bourses. Tu vas faire le tour des estaminets dans le quartier des imprimeries et raconter à qui veut boire avec toi que la réforme se prépare. Je n’aurai même pas besoin de l’instituer ; la rumeur suffira à ce que le débrayage soit immédiat.
Quel dur métier que celui de larbin de surintendant ! Boire, toujours boire. Et bavasser.
On pouvait légitimement se demander ce qui était le plus dommageable à la santé de Manuel, santé dont son maître n’avait cure lui qui avait en point de mire la suppression pure et simple des quelques dispositions prises par la reine Anne pour le bien-être de ses sujets au travail comme maintenir le repos dominical dans les zones de chalandise et exiger le port de vêtements adaptés pour tous les emplois présentant un risque de blessure : casque pour les conducteurs de chevaux, doigtiers pour les couturières, tabliers et gants de cuir pour les maréchaux-ferrants, les ferronniers et tous ceux manipulant le feu, gants de coupe pour les cuisinières, masques antiviraux et cotes de mailles pour les nourrices, gilet de sauvetage pour les marins et bateliers, ceinture lombaire pour les forts des halles et tous les porteurs de charges, lunettes de protection pour les précepteurs, les infirmières, les dentellières et les taverniers qui proposaient des jeux de fléchettes, ceinture de chasteté pour les nonnes exerçant dans un ordre séculier et les ouvrières des manufactures, coquilles pour… la liste était conséquente, la reine Anne aimant l’allonger à chaque nouvel accident du travail qui lui était signalé au grand dam de Mac Rone, bien sûr.
N’y avait-il d’ailleurs pas de mesures contre l’alcoolisme au service des affaires publiques ? Il aurait fallu que Manuel vînt se plaindre à Sa Majesté, ce dont il était parfaitement incapable, surtout après trois bourses bues en plus ou moins bonne compagnie.

Cy Jung, 29 juillet 2018®.

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