[e-criture]

[#69] La femme qui fait du foot comme Pénélope Fillon (V-01)



Cy Jung — [#69] La femme qui fait du foot comme Pénélope Fillon (...)

[Le prétexte] Deux hommes et une femme montent dans le tram.
— ... si tu travailles autant que Pénélope Fillon.
— Pas de politique !
— Que du foot !


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



Cy Jung — Once upon a poulette, roman lesbienNote. Cy Jung a été contactée par l’administratrice du blogue « We Need More Safe Sex Books » (ici) en quête de textes érotiques lesbiens en mode safe sex. En cherchant bien, Cy Jung a trouvé un extrait de Once upon a poulette, roman lesbien (KTM éditions, 1998). Cela lui a donné l’idée d’écrire une nouvelle en [e-criture] dédiée. Elle vous en reparlera.

[La nouvelle]
Depuis qu’elle est arrivée à cette soirée, Annick s’ennuie. Elle s’en était fait une fête pourtant quand Val, à la sortie d’un entraînement, lui avait proposé de participer à cette « raclette party » le samedi suivant. Elle souffre de sa solitude en ce moment, sans copine depuis trop longtemps pour s’en satisfaire. Val lui plaisait bien. Elle avait espéré toute la semaine que cette invitation était le signe d’une possible réciproque. Son attitude ce soir dit le contraire.
La gardienne de l’équipe est tout à ses amies, jonglant avec les plats, ne négligeant pas son affection à l’égard de chacune… hormis Annick tellement délaissée qu’elle se demande si elle ne ferait pas mieux de filer à l’anglaise. Les invitées ne sont pas si nombreuses qu’elle pourrait partir discrètement au milieu du dîner. Que faire ? Elle pose une tranche de fromage dans le mini poêlon qu’elle glisse dans l’appareil. Dans son assiette, une demi-pomme de terre et du bacon attendent.
— Tu devrais mettre le bacon avec le fromage.
Annick sursaute. Val joint le geste à la parole sans se soucier de savoir si elle aime le bacon grillé. Peu lui chaut. Elle s’est sentie dix secondes moins invisible que lors des deux heures qui viennent de s’écouler. Val pose une main sur son épaule.
— Tu n’as pas l’air bien.
— Je… J’ai… J’ai mes… Un peu mal au ventre.
Mais depuis quand Annick se livre-t-elle de la sorte, ce d’autant qu’elle n’a pas mal au ventre du tout, ses règles, au contraire, attisant toujours son désir. Son inconscient agirait-il pour elle, lui donnant ainsi un bon prétexte pour partir dès le dessert servi ? De toute façon, même si Val avait été plus chaleureuse, ce n’était pas un samedi à faire des folies de son corps.
Val s’éloigne à nouveau. Annick récupère le poêlon et mange à petit bec son contenu assorti de la pomme de terre. Des convives se lèvent. La phase raclette du dîner est terminée. Les unes et les autres aident au service. Le dessert arrive : mousse au chocolat et gâteau aux pommes. Annick n’a plus faim. Elle refuse l’assiette que Val lui tend.
— Merci, c’est gentil. Je…
— Viens. Tu es toute blanche.
L’autorité bienveillante de Val pousse Annick à la suivre. Elle la conduit dans une petite pièce attenante. Les murs sont couverts de livres. Une méridienne d’Empire assortie d’une table basse fait face à un bureau et un fauteuil que l’on imagine volontiers de la même facture. Un léger effluve d’encens et de vieux papiers parfait la sérénité du décor.
— Repose-toi quelques instants. Cela te fera du bien.
— Merci… Je…
— Je t’apporte une infusion.
Val quitte la pièce, laissant Annick dans un agréable désarroi. Elle ne s’attendait plus à ce que son hôtesse prenne soin d’elle tant elle l’avait négligée jusque là. Faut-il avoir l’air malade pour attirer l’attention ? Qu’importe ! Au moins, ici, il y a de quoi l’occuper le temps que la soirée se termine. Elle s’approche d’une bibliothèque et passe un doigt sur les tranches des ouvrages tout en lisant rapidement le titre ou l’auteur. Un petit roman dépasse des autres. Elle s’en saisit. Le dessin sur la couverture n’est pas très engageant mais le nom de l’auteure lui dit quelque chose.
Elle s’installe sur la méridienne, se cale de deux coussins, tire sur ses jambes le plaid qui traînait là et entame sa lecture. Quelques pages suffisent à la plonger dans l’histoire somme toute assez légère, parfaite pour s’extraire de cette fin de soirée un peu trop morose pour être appréciable. Elle en oublie la tisane qui ne vient pas et tourne les pages avec entrain.

« À peine passa-t-elle la porte que l’effroi la figea. Lise, son guide de mardi dernier, les pieds sur une banquette, face au mur, culotte baissée, tenait fermement deux portemanteaux scellés dans le béton, offrant sa pudeur à la bouche vorace de Val, assise entre ses jambes. Les gémissements de la jeune dévergondée étaient tels qu’aucune des deux protagonistes de ces attouchements salaces ne semblait avoir entendu les grincements de la porte métallique tournant sur ses gonds. »

Val ? Elle doit bien l’avouer, c’est ce prénom associé au sien avec cette histoire d’équipe de foot qui l’a d’emblée poussée à lire quelques pages. C’est tout de même étrange cette concordance des prénoms et des situations. Val est-elle l’inspiratrice de ce roman ? La scène lui va bien, en tout cas ; autant qu’à elle.

« Annick demeurait pétrifiée, effarée de cette débauche d’obscénités. Soudain, Val retira sa bouche, plaqua sa nuque contre le mur et pénétra d’un doigt ferme sa cavalière. Le grognement qu’elle poussa glaça le sang d’Annick. Elle mit sa main devant sa bouche afin de se retenir de crier. Elle vacillait sur ses jambes. Elle voulait fuir mais son corps ne bougeait pas. Le bassin de Lise se soulevait de plus en plus vite dans un enivrant va-et-vient. La voyeuse ne pouvait détacher son regard de cet arrière-train, captivée par ses mouvements de balancier qui l’hypnotisaient.
« Sans qu’elle ne pût le prévoir, Lise poussa un ultime râle et tout s’arrêta. La gardienne retira sa main puis l’essuya soigneusement avec le bas de son tee-shirt.
« — Ça t’a plu ? la défia-t-elle, passant sa tête à travers les cuisses de Lise et dévisageant l’intruse.
« Annick blêmit. Cette garce savait qu’elle était là et pourtant elle… Comment pouvait-on avoir un tel vice dans la peau ? Elle ouvrit la bouche… » [*]


— Ça va mieux ?
Val est entrée dans le bureau sans que Annick ne s’en rende compte. Elle pose sur la table basse un plateau garni d’une tisanière fumante et de deux tasses.
— Excuse-moi, mes invitées ont été un peu prenantes. Mais je vois que tu as trouvé de la lecture… Intéressante ?
Elle rit. Annick use du même ton.
— Amusante. Tu connais l’autrice ?
— Non, pourquoi ?
— Les prénoms… L’équipe…
Val s’approche et s’empare du livre. Elle lit la page ouverte.
— Très drôle, en effet. Je l’ai lu il y a longtemps ; je m’étais sans doute fait la remarque mais je ne m’en souvenais plus. Par contre, cette scène dans les vestiaires… Un grand moment de voyeurisme faussement pudibond ! J’adore.
Elle tire à elle un tabouret bas glissé sous la méridienne.
— C’est du tilleul, tu aimes ?
Annick acquiesce. La proximité de la gardienne la trouble. Celle-ci leur sert une infusion. Elle lui tend sa tasse.
— Attention, c’est chaud.
Elle prend la sienne. Annick souffle sur le dessus du breuvage et y trempe doucement les lèvres.
— Elle est délicieuse !
— C’est une amie qui a un tilleul dans le Sud. Elle fait sécher les fleurs au soleil.
Elles boivent chacune quelques gorgées. Un petit silence s’installe. Val se charge de le rompre.
— Tu as repris des couleurs.
— Ah ? Ce doit être cette lecture. Ton bureau est un endroit charmant. Merci de m’avoir permis de m’y détendre.
— Il reste un peu de dessert. Veux-tu que… ?
— Oh ! non. Merci. Je n’ai vraiment plus faim.
Annick repose sa tasse sur le plateau.
— Je vais devoir y aller ; il doit être tard et demain ça va être dur l’entraînement avec Catherine !
— Sans finir le roman ?
— Ah ! oui, le roman.
Annick rit. Elle s’extrait de la méridienne. Val lui tend une main ferme.
— Je ne prête pas mes livres. Il va te falloir revenir. À moins que…
Val se lève itou. Son ventre épouse celui de Annick. Ses mains bordent ses hanches. Leurs lèvres se rapprochent.
— Tes invitées…
— Elles sont parties.
— Mes règles…
— On va s’en arranger. Viens…
Sans acter le baiser annoncé, Val entraîne Annick à travers l’appartement. Sa première halte est pour la salle de bains. Ses mains reviennent sur ses hanches. Son bassin s’avance. Annick entoure ses épaules de ses bras. Leurs lèvres enfin se découvrent, langues à l’appui. Annick miaule, consciente à cet instant de combien elle en avait rêvé de ce baiser-là. Entre ses cuisses, il lui semble que sourd désormais un mélange de sang et de cyprine. La seconde va diluer le premier. Quelle horreur ! Surtout pour une première fois. Ses lèvres quittent celles de Val en même temps que son corps tente de se dérober. Val ne la laisse pas faire. Son bassin s’avance un peu plus, une main déjà cherche à descendre sa braguette.
— Non, pas ce soir, je…
— Ce n’est que du sang. Laisse-moi faire.
Annick est incapable de dire non en dépit de la gêne qui la gagne. Un doigt fouille ses petites lèvres. Sa tête tombe sur l’épaule de Val, son pantalon choit. Ses autres vêtements suivent. Val se déshabille à son tour. Annick la regarde.
— Tu es belle.
Elle promène ses doigts sur sa peau. L’étreinte reprend. La main de Val revient au cœur de sa vulve. Elle tire doucement sur la ficelle qui traîne là et jette le tampon à la poubelle.
— Non !
— Je n’ai rien vu.
Annick recule jusqu’à la douche. L’eau chaude l’inonde en même temps que Val se saisit d’un louffa. La mousse du savon rigole d’un épiderme à l’autre. Quelques baisers émaillent la toilette. Annick se détend. Val en profite pour attiser son désir par louffa interposé. Annick mordille son cou. Val coupe le jet puis l’enveloppe dans un peignoir, jetant une simple serviette sur ses épaules. Elle l’entraîne jusqu’à son lit, l’y allonge, ouvre grand le peignoir et essuie par petites touches les gouttes d’eau encore intactes. Arrivée à l’endroit de sa vulve, elle sourit.
— Je ne vois aucune hémorragie ! Laisse-moi mieux regarder.
— Non, Val… s’il te plaît. Tu as un tampon ?
— Fais-moi confiance…
Val quitte la chambre et revient dans la minute avec un tampon, un gant de toilette humide et une boîte en plastique dont Annick ne voit pas le contenu. Deux doigts de sa main droite sont recouverts de latex. Elle s’assoit au pied du lit, invitant Annick à poser ses cuisses sur ses épaules. La position lui déplaît. La caresse qui s’en ensuit la ramène sitôt à son désir. Le gant de toilette maroufle en douceur sa vulve. Du coin, il titille le gland avant de rebondir vers les bulbes, cherchant là où la chair est la plus friable. Le clitoris s’en régale. L’œil de Val s’allume. Sa langue s’impatiente. Val introduit le tampon dans le vagin de Annick. Un grognement lui répond. Val pousse la ficelle sur le côté, chauffe un peu de gel entre ses doigts et reprend la caresse.
Les doigts sont sagaces. Ils visent bien, ne se laissant pas divertir par un excès de vitesse qui pourrait nuire à l’ensemble. Le bassin de Annick se soulève, son souffle s’accélère ; Val récupère le carré de latex découpé dans un préservatif et soigneusement rangé dans la boîte ; elle le plaque contre la vulve en même temps que sa langue pointe comme pour se visser dans la chair. Annick n’en croit pas son plaisir. Elle ignore l’exacte configuration de la chatterie, oubliant ses réserves, jusqu’à bander les abdos pour glisser sa main le long de la joue de Val et chercher la ficelle.
Son geste manque de précision. Val accompagne sa main sans cesser de se repaître de sa vulve. Le tampon cède. Val introduit doucement l’index dans le vagin. Annick s’y ancre, forçant doigt et bouche à tout engloutir, tout prendre, jusqu’à que plaisir fuse. Un cri d’abord, et le corps s’étarque. Une vague, et les chairs s’étiolent. Val sauve sa nuque. La digue tombe à terre. Le doigt reste. Annick ouvre ses bras. L’index s’éclipse et le doigtier rejoint la digue. Val remonte sur le lit. Annick la fait rouler sur le côté. Sa main cherche le chemin de sa vulve. Val la bloque au passage. Elle récupère la boîte, en sort un doigtier et en chausse index et majeur réunis. Annick fait les yeux ronds.
— Ça marche avec ça ?
— Tu as simulé ?
— Patate !



Cy Jung, 3 novembre 2018®.

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[*Cy Jung, Caron rose, éditions gaies et lesbiennes, 2003.



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