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[#72] Le truc qui est mal collé, là (V-01)



Cy Jung — [#72] Le truc qui est mal collé, là (V-01)

[Le prétexte] Je passe en marche rapide devant deux femmes assises sur un banc dans le jardin du Luxembourg. L’une pose sa cheville droite sur son genou gauche et montre sa chaussure.
— Et comme il a mal collé le truc, là, du coup…


Petit rappel liminaire

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[La nouvelle]
Un silence particulier règne dans le square W. Il est 3 heures 30 du matin. Le sommeil des uns et des autres est troublé par des forces invisibles. Dans le ciel, la Lune se prépare à un moment unique. Elle va se cacher derrière la Terre. Oh ! pas longtemps ; juste une heure. Un oiseau fend la nuit de son chant. C’est le top départ. Mais où est donc la bande ? Elle ne veut pas assister à ce cache-cache-foooot ? Le thermomètre affiche pile 0° ; il va encore descendre et Petit Mouton a suggéré que tous se regroupent dans le canapé de Eunice et Camille pour se tenir chaud. La fenêtre est large et bien orientée ; ils n’en rateront pas une miette.
Caddie, lui, est plus inquiet. Sa ménagère albinos a décidé de jouer la partie en déroulant de la planche à eau jusqu’au périphérique. Le sol est sec mais des plaques de verglas se forment. La Lune avance dans le cône d’ombre de la Terre. Dans le square, les arbres se serrent les branches. Chacun sait que rien n’est grave mais c’est impressionnant tout de même. Il est 5 heures déjà. Le spectacle ravit les plus matinaux. Dans l’appartement au-dessus de la salle de sport, Petit 6 a réveillé la bande. Camille prépare un thé. Eunice, Lily et le fils Martin (oui oui, ils sont là tous les deux ; dans le même canapé ? les Mouton veillent) les installent en hauteur afin que pas une miette du cache-cache-foooot ne leur échappe.
Le thé fume dans les tasses ; les minutes s’égrainent. La ménagère albinos enfile l’un sur l’autre deux tee-shirts molletonnés, une culotte, des chaussettes en soie sous ses soquettes de running puis le collant épais, le foulard autour du cou, la veste sans manches, le bonnet polaire, le brassard qui clignote, la montre. Pour cette fois, elle ajoute des mitaines suédoises, les plus chaudes qui soient. Elle vérifie qu’elle a bien un paquet de mouchoirs, le bandeau qui prendra la place du bonnet après cinq minutes d’effort, le petit papier indiquant qui prévenir en cas d’accident, ses clés… Elle y va. Est-ce bien raisonnable ? Le thermomètre vise les -2°. Caddie frissonne ; Patton, Stepper et Balance dans le sac, il rejoint la bande au chaud chez Eunice.
La ménagère albinos marche tranquillement vers son point de départ. Elle salue la Lune, lui dédie sa course et déclenche le chrono avant de filer plein sud, prenant soin d’éviter les flaques gelées. La Lune, encore visible, saute entre les immeubles et les arbres. Près du square, la bande applaudit à chaque inflexion de sa lumière. Puis, petit à petit, le silence se fait, comme si sa disparition dans l’ombre de la Terre sonnait la fin de quelque chose. Un souffle se fait entendre.
— C’est le moment de sacrifier un albinos…
Qui a dit cela ? Lily frémit. Le fils Martin saute sur ses pieds et se met en garde, prêt à protéger de ses poings celle qu’il aime. Caddie songe à sa ménagère. Doit-il courir la secourir ? Patton est au taquet.
— C’est le moment…
Les Moutons entendent-ils la menace ? Ils ont certainement le cœur trop pur pour qu’une telle vilenie atteigne leur quiétude. Il le faudrait pourtant ; la Lune est presque engloutie par l’obscurité. Lily cherche Eunice des yeux. C’est Camille qui pose une main sur son épaule.
— Rassure-toi, c’est une blague de la Soufrière.
— Une blague ?
La ménagère albinos ignore la menace. Quand elle est convaincue de sa sécurité sur ses dix prochaines foulées (gageure !), elle tourne la tête vers la Lune. Elle lui sourit, lui parle en lui envoyant des baisers.
— Bouddhakarathaï ma-Lune ! Bouddhakarathaï !
D’avoir tourné la tête altère sa trajectoire. Le cycliste qui vient en face croit-il qu’elle est ivre ? Il n’en dit rien et se contente d’un coup de sonnette qui la replace le long de la ligne. La Lune le remercie. Elle sollicite Montparnasse pour qu’elle prenne la suite dans la protection de cette ménagère qui conjure les risques pour courir dans le petit jour. Elle a une éclipse à mener ; si elle la rate, c’en sera fini de tous les albinos de la Terre. La Soufrière ouvre le cratère pour en rire. Les fumerolles lui closent sitôt le bec ; il y a déjà eu une fin de monde ; on ne va pas recommencer tous les mois, ce d’autant que ledit monde a vite fait de renouer avec ses travers dès son terme consommé.
Montparnasse est toujours heureuse de rendre service. Elle clignote en bleu, ce matin, en plus de ses deux loupiottes qui guident les voyageurs. La ménagère albinos lui tourne le dos, pour l’instant. Elle l’aura de face sur le chemin du retour. La Lune est absorbée par l’ombre. Chez Eunice, tous se sont tus. Petit Mouton a l’impression que le temps en personne s’est arrêté. La main de Lily cherche celle du fils Martin. Il n’est guère plus rassuré mais il se veut fort et serein. Il faut faire confiance à la Lune, à la Terre et au Soleil. Ils font leurs révolutions, tranquilles et… et… La Lune revient ! Un long soupir collectif précède les embrassades avant que les yeux ne se régalent de sa couleur cuivrée.
Même la ménagère albinos ? Même. Pour cette fois, elle a décidé de marcher un peu pour profiter du cache-cache-foooot sans risquer de chuter. Tant pis pour le chrono. L’impératif du jour est de prendre sa part à la circulation des énergies célestes. Il règne dans la ville une étrange félicité. Ce n’est ni palpable ni tangible ; mais cela est. Quiconque ne dort pas à cette heure ne peut que le sentir à moins, bien sûr, d’avoir renoncé à sa conscience de la chair. Ce n’est pas rare. Une rafale porte la ménagère albinos à reprendre sa course. Il ne faudrait pas qu’elle attrape mal.
Dans l’arbre rond juste avant la passerelle, les oiseaux dorment encore. La ménagère les salue dans leur sommeil. Et le rat qui s’apprête à couper sa trajectoire, va-t-elle le saluer d’un terrible coup de pied ? D’un tremblement imperceptible, la Soufrière dévie la route du rat. C’est mieux ainsi. Le square W se rapproche. La bande est trop concentrée sur l’éclipse qu’elle ne la voit pas passer. Seule Eunice aperçoit le clignotant de son brassard alors qu’elle refait du thé. Ils seront tous un peu fatigués aujourd’hui à se lever si tôt mais cela valait la peine. Camille la rejoint. Elle réclame un baiser. Eunice ne s’en prive pas. La bouilloire les ramène à la réalité. Camille nettoie le filtre du thé précédent.
— Il va falloir surveiller nos deux amoureux…
— Surveiller ?
— Ils sont encore jeunes et…
— Ils savent ce qu’ils font ; ne t’inquiète pas.
— N’est-il pas de notre devoir de les informer que…
— Bien sûr que si ! J’avais l’intention de leur parler quand l’occasion se présentera ; mais les surveiller, non.
— Tu as raison. Je me suis mal exprimée.
Un nouveau baiser s’en ensuit. La ménagère albinos s’installe sur le rameur. Ne fait-il pas un peu frisquet pour s’asseoir ainsi, ce d’autant qu’elle est en sueur et n’a prévu aucune couche supplémentaire ? C’est certain mais le ciel la ravit. Elle active l’appareil en cadence, dix flexions lentes, trente rapides, espérant maintenir son corps en température. Le silence est total. Pas de trains. Pas de voitures. Et la Lune, qui change encore de ton. Le jour point. La ménagère albinos pompe et Lily s’endort la tête posée sur l’épaule du fils Martin.
Camille et Eunice rejoignent leur chambre sur la pointe des pieds. Dans une heure, il faudra se lever, pour de vrai, se préparer et reprendre le cours normal de la vie. Ni l’une ni l’autre ne ferment les yeux. Elles se détendent, enlacées, heureuses de cette fin de nuit avec les enfants et la bande sur fond d’éclipse. Camille se soulève sur un coude.
— J’imagine combien les anciens devaient avoir peur face à un tel phénomène astronomique qu’ils ne savaient pas expliquer. De là à sacrifier un albinos… Ce d’autant que les éclipses se répètent. Ils ne pouvaient ignorer que la Lune revient toujours.
— Tu sais, les croyances et autres superstitions. On a tous les nôtres.
— Je ne pense pas en avoir.
— Vraiment ?
Camille réfléchit. Rien ne lui vient. Eunice n’insiste pas. Camille a reposé son corps contre le sien. Son souffle caresse son cou. L’instant se savoure. Dans le square, la ménagère albinos pompe toujours, la Lune en point de mire. Son souffle embue le petit matin. N’y aurait-il donc personne pour en accueillir la caresse ? Ce serait dommage de gâcher une si belle éclipse par une pensée malheureuse. Elle augmente la cadence. Le rameur couine. Ses trois couches de vêtements ne suffisent plus à réchauffer sa sueur. Elle finit sa série, sort de l’appareil et repart. En haut de la passerelle, elle prend le temps de la triangulation : « La joie, lamnou… » Ses Tour vont porter le message. Elle veut y croire. Elle salue une dernière fois la Lune, invoque le Soleil, ses Tour, la Grue envolée, les Loco et le Vent (très) frais du matin.
Elle prend rendez-vous pour dans quelques jours, embrasse une mouette sur le candélabre et rentre. La pensée malheureuse la suit. Il y avait bien cette petite, toute gentille quoi qu’un peu jeune ; et cette plus grande, aussi jolie que rude ; deux femmes à chats qui semblent négliger tout autre minou. La ménagère albinos rage. Qu’est-ce qui ne colle pas ? Elle y met du cœur, pourtant, mais ses messages se perdent en route et son désir en rigole. Elle grimpe sur le tapis de gym plié devant la fenêtre. Le manche à balai rejoint ses épaules. Elle compte les rotations jusqu’à soixante-dix. Caddie se glisse à sa place. Il ne veut pas rater les flexions. Patton attend sa ration. C’est le tour des poids à présent. Viennent les pompes et les abdos, les pieds enchâssés au bout du lit.
Passage au sol. La Lune fait un dernier signe. Elle sera là demain. Le Soleil prend le relais. Les étirements invitent le cerveau à la confidence. Pourquoi ? Pourquoi solliciter l’échange et le rompre dès qu’il devient intéressant ? C’est toujours la même farce. Un sourire ; des messages ; un rendez-vous et il semble que… puis plus rien… mais quand même… et que dalle… mais si… réponse en trois mots… silence… relance… boutade… le temps passe et le désir s’affesse (sic). Un baiser. Elle se damnerait pour un baiser. Ce n’est pas demander la Lune, tout de même ? Dans le firmament, les Astres pouffent au péril de leur orbite. Ça tangue un peu ; la Soufrière bande la lave pour rattraper les trajectoires. Elle a de bonnes roches. On évite de justesse un carambolage en pleine voie lactée. Le fils Martin ouvre un œil. Lily ouvre l’autre.
— Tu crois que sensei Eunice a du chocolat chaud ?
— J’irai en chercher sinon.
Elle l’embrasse sur la joue. Il rougit. Ils regardent le jour qui se lève. La bande se secoue le ballon. Camille investit la salle de bains. Eunice va dans la cuisine. Les enfants la rejoignent. Elle prend dans le frigo une bouteille de chocolat tout prêt.
— Ce n’est pas le meilleur pour la santé mais je le trouve bon.
Ils applaudissent. Une telle nuit mérite un peu de trop-gras top sucré. Le fils Martin propose d’aller chercher les croissants ; Euncie sort du four un gâteau aux pommes et céréales cuit la veille. Quel festin ! La ménagère albinos note ses temps de sport. Elle regrette d’avoir le cœur gros après une si belle séance, spectacle astronomique en prime. Elle file sous la douche. Le louffa va se régaler de sa peau. Il a tout compris. Lui. Et vive le savon qui mousse !



Cy Jung, 3 février 2019®.

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