[e-criture]

[#78] Le garçon qui ne lui dit pas qu’elle est belle (V-01)



Cy Jung — [#78] Le garçon qui ne lui dit pas qu'elle est belle (...)

[Le prétexte] Paris plage Rives de Seine. Jeudi 9 août 2018. Vent fort. Pluie intermittente. Ambiance parasols en berne.
Deux jeunes gens sont assis sur un ponton en bois, à peine abrités par un arbre. Ils regardent le même écran de téléphone. Le garçon dit quelque chose que je ne comprends pas. Elle répond.
— Tu ne me dis même pas que je suis belle et lui, tu dis qu’il est beau !


Petit rappel liminaire

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[La nouvelle]
Lily laisse retomber la tablette sur ses genoux. Elle se doutait bien que ce serait tarte de lire Harry Potter, même si c’est parfois drôle. Il le fallait pour se donner une chance d’échanger avec ses camarades qui ne lisent que des niaiseries, quand ils lisent ! Le fils Martin, que pourtant elle adore, a tenté de lui démontrer que l’image publique de cette série n’est pas la réalité.
— Tu verras, il y a un second degré génial !
Elle cherche, cherche ; mais ne trouve pas. Heureusement, elle a encore trois volumes des Misérables en stock ! Ça, au moins, c’est de la littérature et côté suspens, Harry Potter peut s’accrocher ! Lily soupire. Elle a promis à son ami d’aller au bout du premier tome ; et, de toute façon, elle déteste ne pas terminer les livres, quitte à sauter quelques pages. Si en plus elle veut faire de l’écriture son métier, il est essentiel qu’elle lise tous les genres et tous les styles. Où en est-elle, d’ailleurs, de son écriture ? Elle soupire un peu plus fort. Des idées, ça, elle en a. Mais quand il s’agit de rédiger plus de cinq lignes, ça coince.
Camille, son ancienne maîtresse, lui a expliqué que ce n’est pas grave, que le texte doit mûrir et qu’elle est bien jeune encore, qu’il lui faut prendre de la bouteille. Est-ce pour cela que beaucoup de gens pensent que les écrivains sont tous alcooliques ? Pour cette fois, Lily rit et décide d’aller se dégourdir les jambes avant de se refaire une heure de lecture. Cela lui reposera les yeux itou. Elle attrape son chapeau, ses solaires et descend les manches de son chemisier qu’elle avait roulées au-dessus des coudes. Elle est prête à affronter le soleil. Elle sort sur la terrasse devant le bungalow où sa maman somnole deux écouteurs sur les oreilles.
— Maman ?
Elle sursaute presque.
— Oui, ma fille.
— Tu viens te promener ?
— Très bonne idée ! Sinon, je ne dormirai pas cette nuit. On va jusqu’au marchand de glaces en passant par le petit bois ? Au retour, on choisira des fruits pour le dîner. Prends un cabas dans l’entrée et mon porte-monnaie qui doit être dans un tiroir de la cuisine.
Lily applaudit. Cela lui plaît bien de se promener avec sa maman. La famille est installée dans ce camping depuis huit jours et elle doit bien avouer qu’elle s’ennuie un peu. Elle a vraiment le temps de lire, c’est sûr, et elle joue aux boules avec son papa ou va se baigner tôt le matin quand le soleil ne cogne pas encore. Il y a aussi la cuisine, les courses, un peu de ménage qu’ils partagent à trois. Cela ne remplit pour autant pas les journées ce d’autant que les autres enfants du camping lui ont fait d’emblée sentir qu’elle était trop bizarre pour eux. Elle n’a pas insisté considérant qu’elle n’était pas en vacances pour se battre contre la bêtise humaine.
Quand ses parents lui demandent pourquoi elle ne va pas jouer avec ses congénères, elle élude. Elle ne veut surtout pas qu’ils interviennent. Elle préfère encore s’ennuyer. Sensei Eunice lui explique souvent que c’est important de savoir s’ennuyer, que cela permet d’entrer dans une forme de méditation qui donne du sens à l’action. Lily n’en est pas persuadée. Elle voudrait que tous ses amis soient là, le fils Martin, Camille, Eunice et même Louisette sa-Pareille. Cela ferait une chouette colo ! En attendant, elle doit…
— Lily ? Tu trouves ?
— J’arrive !
Elle rejoint sa maman, le porte-monnaie et le cabas en main. Elle y a glissé une bouteille d’eau fraîche. Elles commencent leur balade par une longue traversée du camping avant de pouvoir arriver au bois où les promeneurs sont rares. En cette fin d’après-midi, tous se dorent au soleil, ou sont en train de préparer l’apéro, deux activités étrangères à Lily. Le glacier se situe en lisière. Lily choisit une boule à la fraise, sa maman une à la vanille. Elles s’installent sur un banc à l’ombre des pins pour savourer tranquillement leur goûter. Lily en profite pour retirer son chapeau qui lui tient un peu chaud. La plage s’étend à perte de vue devant elles. Sa maman lui glisse entre les doigts une petite serviette en papier.
— Ça fait beaucoup de soleil…
— Ça va, maman. On est bien ici. À Paris, il y a autant de soleil et moins d’air.
— Tu as raison. J’ai l’impression que tu t’ennuies un peu…
— J’aime bien l’école et le judo. D’un autre côté, quand on n’est pas en vacances, je n’ai pas assez de temps pour lire et je râle parce que je cours partout. Pourquoi est-ce si difficile d’apprécier ce que l’on a ?
— Je ne sais pas vraiment ; parce qu’on aime être malheureux ?
— Ce serait totalement idiot.
— Et pourtant…
Lily et sa maman font silence, la langue tendue chacune vers leur boule de glace. Le haut du cornet en faux gâteau commence à ramollir. Lily se dépêche, sans trop. Son goûter tire à sa fin. Elle observe en coin sa maman qui croque dans l’extrémité du cône et supe la glace par le fond. Un peu de vanille lui coule sur le menton. Elle essuie et avale ce qu’il reste d’une seule bouchée. Lily l’observe toujours, amusée.
— Tu ne grandiras donc jamais !
— Pas quand je mange une glace.
— C’est quand même dégoûtant, maman.
— Tu trouves ?
— Quand on est nous deux, ça va ; mais sinon…
Sa maman rit.
— Tu es trop sérieuse, parfois. Mais c’est comme ça que je t’aime !
Elle attrape Lily par les épaules et l’étreint.
— Ma fille ! Ma fille ! Ma fille ! Comme je t’aime…
Lily ne sait pas pourquoi mais elle est toujours un peu gênée quand sa maman l’aspire ainsi en lui disant des choses si gentilles. C’est l’émotion, peut-être, qui est trop forte. Ou l’enjeu ? Elle se laisse bercer un moment, des larmes à l’orée des yeux. Sa maman pose un baiser sur le sommet de son crâne et desserre son étreinte.
— On y va ?
Lily remet son chapeau.
— Tu sais, moi aussi je t’aime. Je suis désolée si je suis trop sérieuse. Camille dit que c’est parce que je veux trop bien faire les choses.
— Je sais ma chérie ! Je sais aussi que l’on est aussi responsable de ça avec ton papa. On avait trop peur quand tu étais petite ; on ne t’a pas laissée faire des bêtises. Maintenant, on a compris que tu es capable de prendre soin de toi. J’espère désormais que plus tu vas grandir, plus tu t’amuseras ! Tu as toute l’espièglerie nécessaire pour cela.
— Je vais essayer…
— Pas trop quand même !
— Maman !
Elles rient et partent, main dans la main en direction du vendeur de fruits installé sur le bord de la route. Lily choisit des abricots. Sa maman ajoute un melon et quelques pêches jaunes. Elles rentrent par le front de mer, Lily ayant assuré à sa maman que judoka, elle est capable de porter le cabas et de supporter le soleil de cette fin d’après-midi. Elles retrouvent le papa de Lily rentré entre temps au bungalow après sa garde au poste de secours. Il leur propose de prendre l’apéritif. Il a rapporté des olives de plusieurs variétés que lui a données un pompier volontaire qui les récolte et les prépare.
Ils s’installent tous les trois sur la terrasse. Les olives sont délicieuses. Un petit vent frais assorti d’une boisson glacée les soulage de la chaleur accumulée. Chacun raconte sa journée. C’est le papa de Lily qui en a le plus à dire : les imprudences des uns et la maladresse des autres, cela en fait des urgences à gérer.
— Tu crois que je pourrai être secouriste quand je serai grande ?
Il est surpris par sa question.
— Pourquoi non ?
— Mes yeux…
— Je n’y ai pas réfléchi mais je ne vois pas en quoi ce serait un obstacle.
— Tu as proposé à tous les enfants du camping une initiation aux premiers secours mais pas à moi.
— Mais tu sais déjà tout !
Un lourd silence ponctue sa prime réaction. Son épouse lui fait les gros yeux. Lily attend la suite. Il boit une gorgée de son virgin mojito et scrute le regard de sa fille.
— Tu n’as tout de même pas cru que… que…
Il cherche ses mots.
— Que… que je pense que tu n’en es pas capable ?
— Je ne sais pas, papa. Tu n’as jamais dit.
— Mais c’est évident, Lily ! Je t’ai toujours tout appris, depuis que tu es toute petite. Tu distinguais le 15 ou le 18 avant de savoir lire. On a joué des heures au massage cardiaque, à la PLS et au garrot sur la peluche Dany. Tu fais toute seule tes pansements. Et tu connais par chœur le quizz sécurité incendie à force que je t’inonde de questions. Je t’ai même appris le Code de la route ! Qu’est-ce que…
Il interrompt sa phrase. Lily pique du nez. Bien sûr qu’il a fait tout ça mais ce n’est pas pareil que de suivre la vraie formation et d’avoir l’attestation à accrocher dans sa chambre à côté de ses diplômes et récompenses de judo. Elle ne sait pas trop comment lui expliquer. Elle sent bien qu’il est fâché.
— Chéri, intervient sa maman. Peut-être que Lily pourrait assister à la prochaine initiation ? C’est toujours agréable de faire comme les autres…
Une ombre passe sur le visage du papa de Lily. Il semble prendre la mesure de ce qu’il a ignoré jusqu’à présent. Il se tourne vers sa fille.
— C’est ce dont tu as envie ?
Lily hoche la tête.
— Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé ?
— Je ne voulais pas t’embêter dans ton travail… Je sais bien que parfois c’est plus compliqué avec moi qu’avec les autres ; alors ça t’aurait pris plus de temps.
— Lily !
Elle rapetisse de dix bons centimètres. Il lui saisit la main, la fait se lever et la tire vers lui. Ses bras se referment autour de ses épaules. Elle a l’impression d’étouffer mais se tait. Par-dessus ses cheveux, son papa a les yeux pleins de larmes. Qu’est-ce qu’elle s’en veut d’avoir dit ça ! Elle se dégage.
— Je m’excuse papa ; je ne voulais pas te fâcher.
— Me fâcher ? Mais c’est contre moi que je suis en colère ! Si j’avais pu imaginer ! Jamais rien n’a été particulièrement difficile avec toi ; des fois, tu poses des questions bizarres mais moi, ça me permet d’expliquer autrement. Je pensais que t’apprendre suffisait pour que tu saches que tu es aussi capable que quiconque. Tu as l’âge de passer le PSC1. Il y a une formation après-demain. Je t’inscris.
— Mais papa, je…
— Tu quoi ?
— Ce sera toi le professeur ?
— Non, c’est un ami qui dispense la formation. Je compte sur toi pour l’impressionner.
Subitement, Lily est perdue ! Il y a cinq minutes elle se sentait exclue et voilà qu’elle a peur à présent de ne pas être à la hauteur. Tout est si compliqué… Elle se serre derechef contre son papa. Il la berce. Dans son dos, sa maman dit quelque chose. Elle n’entend pas. Son papa lui caresse les cheveux. Un instant, la terre semble s’arrêter de tourner. L’instant qui suit, une explosion leur coupe le souffle. Son papa saute sur ses pieds, Lily toujours dans les bras. De l’autre côté du camping, des flammes assorties d’une énorme fumée noire passent par dessus les toits des bungalows. Il la pose à terre et attrape son téléphone.
Pendant qu’il appelle les secours, Lily et sa maman vont à l’intérieur sans un mot. Sa maman attrape son sac à main vérifiant qu’il contient son portable ; Lily fourre dans un cabas les deux bouteilles d’eau qui sont au frais, le plaid plié sur le canapé et la torche posée dans l’entrée. Elle met sa casquette, ses solaires et enfile de bonnes chaussures. Sa maman récupère la trousse à pharmacie. Elles ressortent. Le papa de Lily empoche son téléphone.
— Ce doit être une bouteille de gaz. Les pompiers sont en route ; j’y vais, il a peut-être des blessés. Et toi Lily, qu’est-ce que tu fais ?
— On rejoint la mer avec maman au cas où le feu se propage et on dit aux gens de nous suivre.
— Tu n’oublies pas quelque chose ?
Lily court fermer la porte du bungalow et rabat les volets.
— Nickel ! C’est parti !



Cy Jung, 4 août 2019®.

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