[e-criture]

[#80] La jeune femme qui fait quelque chose avec son orteil (V-01)



Cy Jung — [#80] La jeune femme qui fait quelque chose avec son orteil (...)

[Le prétexte] Une jeune femme est arrêtée au milieu du trottoir. Elle est pliée en deux, une main sur l’un de ses pieds.
Un homme la regarde.
— Mais qu’est-ce que tu fais avec ton orteil ?


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



[La nouvelle]
Lily a mal au ventre. Le club participe aujourd’hui à un grand rassemblement de judokas avec des handicapés de toute sorte et des valides. Elle trouve ça chouette, comme idée, mais il va y avoir beaucoup de monde et il faut prendre la voiture pour un trajet d’une bonne heure. Lily n’aime pas circuler en voiture. Elle a peur, plus peur encore que quand elle monte sur un tatami pour une compétition. C’est dire ! Le fait que sa maman soit au volant, qu’elle ne boive jamais d’alcool ni ne se shoote aux psychotropes, qu’elle respecte le Code de la route n’y change rien : Lily est pétrifiée à l’exception de son intestin qui concentre à lui seul l’intégralité de son agitation intérieure.
— Lily ? Tu veux aller aux toilettes une dernière fois ?
Ce serait la troisième. Lily sait que cela va aggraver les choses ; plus tôt ils partiront, plus tôt elle recouvrera un peu de sérénité.
— Ça ira, maman.
Le fils Martin lui donne une petite tape d’encouragement et lui prend la main.
— Si tu ne te sens pas bien, tu le dis ?
Elle opine. Cinq minutes plus tard, ils sont tous les trois dans la voiture. Le fils Martin s’assure par texto que les deux enfants qu’ils vont chercher sont prêts. Le mouvement fait du bien à Lily. Elle s’est installée sur la banquette arrière avec le fils Martin sans lâcher sa main ; elle ne voit pas trop la circulation alentour, c’est mieux ainsi. Quand elle est à la place du passager, elle a l’impression que chaque véhicule qui vient en face va percuter l’avant de la voiture. Elle pose sa tête sur l’épaule du fils Martin. Il lui caresse les cheveux. Sa maman ralentit.
— Ce sont eux ?
— Oui madame.
— Descend les récupérer, je me gare mieux au prochain carrefour.
Elle s’arrête. Le fils Martin saute de la voiture et rejoint ses deux camarades. Cinq minutes plus tard, les bavardages vont bon train. Lily se détend un peu. Le GPS indique qu’ils seront à destination dans une heure, « sous réserve des embouteillages », précise sa maman. Les dieux de la route sont avec eux (merci Petit Mouton et Caddie !) et ils arrivent sans encombre au gymnase où a lieu ce rassemblement de judokas. Eunice, Camille et les autres enfants sont déjà là ; ils les retrouvent à l’intérieur où Eunice procède aux inscriptions et distribue un badge à chacun.
Une fois en kimono, ils s’installent dans un coin de la salle avec tout leur barda en attendant le début des activités. La maman de Lily propose à boire à chacun. Le fils Martin sent son amie tendue.
— Tu as un souci ?
— C’est ce monde, la lumière…
— C’est comme en compète.
— Oui, mais ici, je ne sais pas trop comment ça va se passer.
Eunice prend le relais.
— On va faire un salut tous ensemble, s’échauffer puis se répartir dans des ateliers de travail. Tu auras des partenaires valides ou handicapés ; le truc c’est de ne pas rester collés entre nous ; on n’a pas fait tant de chemin pour ne pas aller à la rencontre des autres. Tu ne t’inquiètes pas Lily, tu ne peux pas te perdre. Si on est séparés, tu fais comme d’habitude : tu ne bouges pas ; nous sommes quatre à tenir à toi comme à la prunelle de nos yeux ; tu es sous haute surveillance.
Lily rit. Elle sait qu’elle a tort d’avoir peur mais c’est comme ça ; quand elle est dans des circonstances inconnues, elle perd toujours un peu pied. Au micro, le salut est annoncé. Eunice guide ses élèves et les installe selon leur grade. Le fils Martin tient Lily par l’épaule. Ils prennent place. À la gauche de Lily, un garçon la regarde.
— Bonjour, comment tu t’appelles ?
— Lily. Et toi ?
— Bonjour, comment tu t’appelles ?
Lily le dévisage. Il y a un truc bizarre chez ce garçon mais elle ne saurait dire quoi. Elle se souvient sitôt que Eunice a prévenu qu’il y aurait des handicapés mentaux, qu’ils peuvent avoir des comportements inattendus mais qu’aucun n’est méchant. Ce doit être son cas. Lily n’insiste pas et se concentre sur son salut. Une fois debout, son voisin revient à la charge.
— Bonjour, comment tu t’appelles ?
— Lily. Et toi ?
— Bonjour, comment tu t’appelles ?
Lily lui sourit.
— À tout à l’heure pour un randori !
Le fils Martin la tire vers le centre du tatami.
— Il est costaud !
— Il fallait bien que je lui dise quelque chose de gentil même s’il tourne en boucle.
Un échauffement général commence. Lily s’installe dans l’épaule droite du fils Martin, comme d’habitude. Les autres judokas du club sont éparpillés sur l’immense tatami sous l’œil attentif de Eunice. Certains participants manquent d’attention aux exercices commandés. Lily met ça sur le compte d’un handicap mental que rien ne permet d’identifier visuellement, au moins pour elle. De temps à autre, le fils Martin lui évite des percussions imprévisibles avec telle ou tel qui se met à danser ou à partir en courant comme s’il avait le feu aux fesses.
— Ils sont étranges ces gamins.
— Tu n’avais jamais côtoyé de déficients mentaux ?
— J’en croise, dans la rue ; mais pas plus que ça.
— Ils sont comme nous ; juste il faut comprendre leur manière d’appréhender le monde.
— Et toi, tu en connais d’où ?
— De nulle part ; mais j’ai l’impression que comme je suis bigleuse, il y a une sorte de communion naturelle. Je ne sais pas expliquer.
Les enfants sur le tapis sont divisés en groupe de travail. Le fils Martin reste près de Lily pendant que Eunice prend en charge un groupe juste à côté. Un judoka adulte en fauteuil roulant s’approche, menant une petite fille toute menue par l’épaule.
— Lily ? Ta professeure m’a dit que tu peux t’occuper de Vanessa. Fais comme tu sais.
Le fils Martin fronce les sourcils. Il n’a pas le temps de dire quoi que ce soit qu’un gars l’attrape par le revers.
— Bonjour, comment tu t’appelles ?
— Fils. Et toi ?
— Tu es gentil ?
Lily s’est approchée de sa partenaire. Elle trouve qu’il y a un truc vraiment singulier chez cette petite fille sans identifier quoi. Le professeur propose une tournée générale de O soto gari, une prise que tous sont censés connaître, sauf les débutants. Vanessa porte une ceinture blanche. Lily va donc lui expliquer comment faire. C’est quelque chose qu’elle aime bien. Le fils Martin a pris la garde de son partenaire et le tire jusqu’à Lily.
— Ça va aller ?
— Oui, quand même, je sais faire O soto gari !
— C’est que… Tu as vu que… ?
Son partenaire l’interrompt en le faisant chuter par surprise avec une prise qui ne ressemble pas à grand-chose. Lily rigole.
— Occupe-toi plutôt de ton gars !
Elle avance la main pour saisir le revers de Vanessa qui n’a ni parlé ni bougé depuis qu’elle est là. Puis elle cherche la manche… la manche… Lily manque défaillir. La petite fille est comme enroulée dans son kimono, comme si… comme si… comme si elle n’avait pas de bras, ou des bras qui ne fonctionnent pas. Lily sent peser sur elle quelque chose qu’elle ne peut ni nommer ni mesurer. Elle sait juste qu’elle a un quart de seconde pour trouver le moyen de lui montrer O soto gari sans saisie ni déséquilibre le tout de la manière la plus naturelle qui soit.
— Je suis bigleuse ; je tiens mal debout avec le nystagmus. Je garde ton revers pour te montrer. O soto gari, c’est un grand fauchage extérieur. Tu avances ta jambe gauche à l’extérieur de la mienne, tu fais une fente avant comme pour venir me percuter avec ton épaule, et pendant que tu percutes, tu fauches ma jambe sur l’extérieur avec ta jambe droite que tu lèves très haut. Je te montre ?
Vanessa opine.
— Il faut que tu me parles, je ne vois pas.
— D’accord.
— Ne t’inquiète pas ; je ne te fais pas chuter fort. Rentre bien le menton.
— Je n’ai pas peur.
Lily exécute ce qu’elle vient d’expliciter, ne se servant du revers que pour contenir la chute de Vanessa. La petite fille se relève en riant.
— Je peux faire pareil ?
— Oui, vas-y.
Sitôt consenti, sitôt projetée sur le tatami dans une percussion de l’épaule et un fauchage puissants. Lily accentue son envol et tape bien fort sa main sur le tapis. Vanessa saute de joie. À quelques mètres, Eunice n’est pas loin d’en faire autant ; le fils Martin, lui, est partagé entre l’effarement et l’amusement. Lily se relève.
— Tu recommences ? Tu avances ta jambe gauche plus sur la même ligne que mon pied droit, tu percuteras mieux, ce qui te permet de te servir de ma saisie de ton revers pour m’embarquer. Et ton fauchage, tu pars de la hanche, pas du genou.
— La hanche ?
Lily pose la main sur l’épaule de sa partenaire pour se maintenir en équilibre et lui montre comment le fauchage est un mouvement de hanche et non de jambe type french cancan. Elle tient l’expression de sensei Eunice. Elle aime bien. Vanessa s’y essaie dans le vide. Elle tient parfaitement debout sur une jambe et n’a aucune difficulté à le faire correctement. Lily la félicite. Trois O soto gari plus tard, elle se dit qu’elle ferait bien de ne pas trop en montrer à cette gosse sans bras ; elle apprend vite et, à force de chuter sans retenue, elle va finir par être fourbue.
Le professeur sonne la fin de l’exercice… pour proposer du travail au sol sous forme de jeu : attraper la veste de son partenaire à l’endroit que l’on veut pour le faire basculer sur le côté puis le dos. Vanessa reste debout alors que Lily s’installe à genoux.
— Tu viens ?
— C’est que…
— T’inquiète, je vais te montrer des super trucs ; je suis sûre que tu seras plus forte que moi en moins de cinq minutes. D’abord, tu t’installes assise, jambes écartées, moi à genoux au milieu… Voilà. Pour être à égalité, je ne tiens pas ton kimono. Tu as même un avantage car, même au sol, je n’ai pas d’équilibre.
— Tiens le kimono alors, on joue à égalité.
— Ça marche. Tu vas donc te servir de ma prise pour t’approcher au maximum, tu sautes sur tes fesses, tu poses une jambe contre ma cuisse, l’autre, tu la lèves à hauteur des côtes et là, tu fais un grand ciseau pour me faire basculer. Une fois arrivée, tu restes posée sur moi en m’écrasant pour me maintenir au sol. C’est bon ?
Vanessa tente sa chance. Le premier essai est un peu laborieux mais dès qu’elle a compris que la force de ses jambes et la vivacité de son bassin sont la clé, elle s’en donne à cœur joie. Lily inverse les rôles, donnant à Vanessa la consigne de résister et de tenter de s’échapper. Le Mate arrive trop vite. Lily et Vanessa se régalaient mais il est temps de passer à autre chose, une démonstration de katas par des adolescents avec différents handicaps. Magnifique ! Un déjeuner partagé s’en ensuit.
Les enfants et accompagnants du club de Eunice s’installent à une table. Vanessa arrive avec sa maman. Chacun se pousse pour lui faire une place. Les conversations et les mastications vont bon train. Lily regarde sa partenaire du coin de l’œil, inquiète de savoir comment elle va manger. Sa maman ouvre un paquet de chips et en verse un peu sur la table. Sitôt, Vanessa sort un pied de sous la table et pioche une chips entre deux orteils. C’est saisissant. Lily engage la conversation pour éviter d’être en posture de voyeuse.
— Tu vas faire du judo, alors ?
— Plutôt du karaté.
— Tu vas être hyper bonne !
— Merci, je… Tu veux des chips ?
Vanessa attrape le paquet et le tend à Lily puis le fait tourner après qu’elle s’est servi une petite poignée.
— C’est super ce que m’as montré sur le mouvement de hanche. Je le fais naturellement mais je vais le travailler.
Lily sourit au compliment. Eunice pose une main sur son épaule et la serre comme pour la féliciter. Camille propose une tournée générale de soda pour trinquer au judo et à l’amitié. Elle prend soin de ne pas trop remplir le verre de Vanessa dans lequel une paille a été glissée par sa maman. Les bras et la jambe se lèvent.
— Kampaï !



Cy Jung, 2 octobre 2019®.

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