Romans & Nouvelles

Un roman d’amour, enfin



Ce roman est une histoire d’amour. C’est l’histoire de deux femmes qui s’aiment, qui se désirent, et qui s’aventurent à former un couple.
Ce roman est un combat. Entre le ravissement d’être aimée et la terreur de ne plus l’être, entre le plaisir et l’angoisse, entre les sentiments et les contingences quotidiennes, entre la liberté et les conventions.
Ce roman est une réflexion. Sur l’amour et ce qu’il nous fait faire, sur la passion et l’aliénation, sur l’art de dire et de ne pas dire dans un couple, sur la société et son code des passions. Le seul roman où on médite pour savoir si l’amour est plutôt une centrale ou un surgénérateur !
Ce roman est un suspens. Parce que jusqu’au bout, on se dit : « Pourvu qu’elles ne rompent pas ! »
Ce roman est une histoire universelle. Si l’aimée de la narratrice change tout le temps de nom, c’est parce que ces petits moments de bonheur et de doute sont aussi les nôtres.
Ce roman est un roman comique émaillé de dialogues savoureux et hilarants.
« — Tu veux quel genre d’histoire ?
— Une histoire d’amour qui finit bien. »

Un Roman d’amour, enfin… est le dixième roman de Cy Jung, que le magazine Illico a décrit comme « incontournable dans le monde lesbien, figure militante ainsi que plume littéraire. »

* Extrait
* Critiques

Flyer Un roman d’amour, enfin

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Extraits

— Alors cette glace ?
— Un régal ! Il faudra que nous revenions avant la fin de notre séjour.
— Cela ne fera pas trop ?
Je tire la langue. Marie-Angélique fait la lippe.
— Cela m’embête de t’avoir tentée.
— J’aime quand tu me tentes.
Nos visages se sont rapprochés. Madelon attrape ma main sous la table.
— C’est effectivement un bon moyen d’éliminer.
— Tu ne penses qu’à ça.
— Pas toi, peut-être ?
— Jamais.
Elle fait mine d’être contrariée par ma dénégation.
— Tu préfères les cafés liégeois, c’est ça ?
— Oui, je… J’ignorais comment t’en parler.
Ses doigts caressent l’intérieur de ma paume. L’effet est garanti.
— Tu peux me dire alors pourquoi tes joues rosissent et tes yeux brillent comme deux diamants ?
— Ce sont les conservateurs de la glace ; ils ont un pouvoir bronzant.
Nous rions. Je dépense quelques calories. Ce n’est pas le seul intérêt du rire. Je renonce à lister tous ses bienfaits. Ce serait établir le détail d’une partie de ce que j’aime en Sue-Helen.
La démarche ne me plaît pas. Je ne veux pas aimer quelque chose en elle. Je veux l’aimer tout court, la savourer, pleine bouche, rire par bonheur, ne plus voir le temps passer, être à jamais un torrent de crème qui fond entre langue et palais. L’amour serait-il intrinsèque à la concupiscence ? Je zappe.
Un rayon de soleil fend l’air enfumé du glacier. Le brouhaha monte d’un cran. Chacun veut sa note et enfile son manteau. Nous ne participons pas à cette sortie massive. Ma paume n’est pas lasse des caresses de Lorie ; ses doigts n’en sont pas repus ; et nos tasses sont encore pleines. Clara porte la sienne à ses lèvres.
— Tu connais Rome ?
— Non, je n’y suis jamais allée.
— Nous irons. Les glaces y sont merveilleuses et les Italiens savent faire de délicieux cafés américains.
— Et pourquoi Rome, à part les glaces et les cafés ?
— C’est une ville très exotique entre ses vestiges antiques, l’Église catholique omniprésente et une effervescence qui n’a rien à voir avec Paris.
— C’est noté, pour nos prochaines vacances.
— Tu te rends compte que l’on fait des projets ?
— Oui. Et j’aime.
Ses doigts se sont arrêtés. Son regard est devenu perçant. Pilar exsude l’émotion que ma réponse a suscitée.
— Moi aussi, je t’aime. Et le plus immédiat de mes projets, c’est de faire l’amour si longtemps que l’on pourra remanger une glace dès ce soir tant nous aurons brûlé de calories.

En lecture sur Youtube.

Tout le monde n’a-t-il pas peur de l’amour ? Il paraît que non. Je veux bien le croire mais, au fond de moi, j’en doute. Peur de le vivre. Peur de le perdre. Quel est le point commun ? À le vivre, on peut souffrir si l’on n’en obtient pas la satisfaction attendue. J’ai connu ça, dans la passion ; je ne veux pas y revenir ; je ne veux plus de cette sujétion qui détruit l’être au nom d’un désir jamais atteint. À le perdre, on souffre sans condition, on souffre de ne pas être aimé ; on souffre de ne pas aimer soi-même.
Est-il possible de sortir l’amour de la souffrance ? J’y aspire, bien sûr ; mais avec quelle conviction ? J’ai envie d’aimer Hillary, que nous soyons heureuses. Il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas. Elle est tout à fait à mon goût. Ce que l’on partage m’agrée. Sa seule présence me fait du bien et son absence me donne envie de la revoir au plus vite.
Je ne veux donc pas en aimer une autre, encore moins ne plus l’aimer, elle, Laurence. Si cela arrivait, je serais démunie de l’envie, morte en somme, vide, plutôt. Je ne suis personne si je n’aime pas. C’est sans doute de cela dont j’ai peur, ne plus exister, pas mourir, mais perdre mon identité comme je l’ai perdue dans l’aliénation amoureuse.
Tout n’est que paradoxe. Comment fait-on pour sortir du labyrinthe ? Je saisis mon portable et envoie un texto à Ariane. J’ai besoin de lui dire que je suis là. Qu’importe sa réponse ! C’est de moi-même dont je me rassure.
J’enferme mes affaires dans le casier. Je jette un dernier coup d’œil à mon téléphone. Elle n’a pas répondu. Je me lave en vitesse. Je me dirige vers le pédiluve. Je pose mon sac et retire mes claquettes en plastique. Je descends dans l’eau par l’échelle de coupée. Je crache dans mes lunettes. Je les rince. J’ai un peu froid. Je prends mon courage à deux mains. Je m’immerge. Je tends les bras. J’engage un lent mouvement de brasse.
Un deux ; je laisse glisser.
Un deux ; je laisse glisser.
Un deux ; je laisse glisser et décide que je nagerai quatre séries de dix longueurs, deux de brasse, deux de crawl.
Un deux ; je laisse glisser. Je ne suis pas pressée. Jamila ne m’attend pas.

Critiques

« (…) Un roman d’amour, enfin et bouleverse de nouveau les genres, bouscule les codes et intrigue ses lectrices. Sa recherche du désir lesbien et l’exploration sensuelle qu’elle nous a offertes depuis dix ans semble ici trouver son apogée. »

Christel Marque, La Référence.

« Certes le sujet retenu est captivant (…) mais son traitement est plus un journal intime qu’un roman et l’utilisation permanente de la première personne crée un réel ennui, on est donc loin du suspense annoncé encore sur la quatrième de couverture ! »

Jacqueline Pasquier, Lesbia Mag (283), octobre 2008.

« C’est pour ma part la première fois que j’ai un livre qui bouscule cette clause toute simple qui veut qu’un personnage garde son nom dans un roman et les possibilités littéraires qui en découlent sont tout à fait particulières.
« Au fil de la lecture on ne peut s’empêcher de vouloir conquérir une clef savoir vers quoi l’auteure nous mènera au terme de la lecture… et je ne saurais que trop vous conseiller d’aller le chercher vous-même, et d’arpenter un peu avec elle le chemin de l’écriture et de la vie, sans savoir vers quoi, ni pourquoi. »

Lulu Galipette, Et-alors.net, 15 juillet 2008

« Voilà c’est du Cy Jung, c’est atypique, ça se lit vite, très vite. (…) Et ce n’est pas parce que le roman est à 5 € que l’histoire est à deux balles ! »

La République du Glamour, 14 juillet 2008.

« Une histoire d’amour universelle, en somme, accentuée par le fait que le prénom de la femme aimée par la narratrice change constamment (…). »

La Dixième Muse (33), juillet-août 2008

« (…) sous couvert des changements de prénoms de l’amante de la narratrice tout au long de leur histoire, que l’on pourrait prendre au départ comme une originalité de plus à mettre sur le compte de l’auteure, le roman se met surtout au diapason de l’amour, qui est universel et qui nous concerne tous. »

Media-G.net [*], 30 juin 2008

« Un roman d’amour, enfin sonne comme une promesse. Une promesse d’histoire, une promesse d’amour. Et j’avoue que j’ai été étrangement surprise, au début, par le récit. J’attendais quelque chose de léger comme les précédents livres que j’avais lus et au lieu de cela j’ai été bluffée par cette analyse de l’état amoureux. »

Isabelle B. Price, univer-l.com

« J’entrevois ce que Cy Jung a voulu faire : une sorte d’équivalent narratif du pointillisme, une avalanche de menus faits primaires qui, si l’on prenait du recul, se teinteraient des nuances de l’amour. Mais mon esprit borné de solitaire tirant son kalachnikov dès qu’il entend le mot « amour », n’a jamais su prendre ce recul, et je n’ai vu dans la fresque pointilliste que la succession de petits points, ou au mieux un tas de points, selon le bon vieux paradoxe sorite. »

Lionel Labosse, altersexualite.com, 4 juin 2008

« Si ce roman nous touche, c’est parce que son histoire est universelle et que chaque moment passé avec l’être aimé sont ceux que l’on retrouve entre ses pages. »

Violette and Co, mai 2008

« Même s’il y a quelques phrases amusantes et quelques passages qu’on prendrait presque plaisir à lire, dans l’ensemble ce roman d’amour qui entend faire une sorte d’état des lieux d’un couple au quotidien aligne des scènes d’une terrifiante platitude et les digressions dénuées de relief. La narratrice ne nous épargne rien de ses petites occupations sans intérêt : elle attend son tour à la poste, prend le métro, lave son linge... C’est "Je vais au marché et j’achète un livre ennuyeux." »

Françoise Nimal, Lalucarne.org

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[*Media-G.net a été fermé pour obsolescence technique le 3 août 2015. Une page est tournée.




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