La biographie de Cy Jung

Accessibilité numérique : l’arroseuse arrosée



Cy Jung — Accessibilité numérique : l'arroseuse arrosée

À l’été 2019, j’ai consacré un long article à l’accessibilité de la communication numérique où j’ai eu la bonne idée de préciser qu’il était question de « basse vision ». D’expérience, je sais que l’adaptation n’est pas la même pour les aveugles et les déficients visuels en basse vision, les premiers utilisant des outils de lecture que les seconds ignorent. Je proteste d’ailleurs régulièrement auprès des décideurs qui considèrent qu’une accessibilité pour aveugles vaut pour tous les déficients visuels tant c’est faux. Est-ce une raison pour que je ne fasse pas, moi aussi, en sorte que les aveugles puissent me lire ?

Pas vraiment. Je fais d’ailleurs attention à décrire mes images sur Twitter ou sur Facebook et à utiliser sur ce site ou dans la Vie en Hétéronomie essentiellement des images qui ont juste une fonction d’illustration pour « faire joli » ou à les commenter directement dans le texte de mes articles et billets quand elles sont signifiantes. Dans « la vie de tous les jours », et particulièrement au judo, je monte au créneau dès que l’on utilise à mon encontre des adverbes non signifiants de type « ici », «  », « là-bas ». J’en ai encore parlé tout récemment dans un article judo, ou sur le blogue à propos d’une visite dans une bibliothèque.
Eh bien, comment vous dire… C’est un peu comme l’histoire du clitoris ; je croyais savoir et bien faire et paf ! En trois phrases, une femme m’ôte toutes mes illusions. Cette fois, c’est Sylvie Duchateau, médiatrice en accessibilité numérique, qui s’y est collée : « Je suis passée sur ton site. Avec le lecteur de liens de Voice over, c’est compliqué tes « ici », «  » et « lala ». Si j’ai trois « ici », comment je fais pour savoir de quoi il s’agit ? »

Bah oui ! de la même manière que ces adverbes ne sont pas signifiants pour moi en situation orale ; ils ne le sont pas en situation orale ET écrite pour Sylvie. Face à mon désarroi, gentille, elle a ajouté ; « Peut-être que c’est plus simple pour toi ? »
Cela m’est en effet très lisible ; quand un lien englobe plusieurs mots, cela casse ma lecture ; je préfère donc qu’ils soient désignés par des adverbes courts souvent mis entre parenthèses à côté de ce qu’ils désignent. J’ai remarqué aussi que c’est plus compréhensible pour des personnes qui ne font pas attention au changement de couleur des liens hypertexte considérant qu’il n’est pas question pour moi de les souligner (comme c’est souvent recommandé) parce que le souligné barre le texte (un effet d’optique).
Si vous vous balader sur mon site, vous trouverez beaucoup cette manière de pointer les liens. Sylvie, elle, préfère dans une phrase type « Visitez le site de l’Association Nationale des Maîtres de Chiens Guides, ANMCGA » que le lien soit sur « Association Nationale des Maîtres de Chiens Guides, ANMCGA », ce qui est évidemment plus explicite. Je vous invite d’ailleurs à le visiter (et en profiter pour faire un don) ; il est , ah non, pardon, il…
Me voilà dans l’embarras. Depuis que j’alimente mon site (plus de vingt ans) et des blogues, j’ai pris cette « sale habitude » de mettre mes liens sur « ici » et «  », forçant un peu le trait parfois comme pour cet article. Il va me falloir repenser ma manière d’écrire quand je veux introduire un lien hypertexte. En mettant à l’instant le lien sur « cet article », j’ai bien conscience que cela n’est pas forcément très explicite pour les utilisateurs du rotor de Voice over, puisque c’est de lui dont il est question. Et dans ce cas précis, je le mets où mon lien ? Je l’aimerais sur « lui » mais l’ai mis sur « rotor » pour garder un mot court qui ne corrompt pas ma lecture tout en respectant la nécessité que son nom soit explicite.
Vous noterez au passage (si vous avez suivi le lien) que le fameux rotor a un air de monstre quand on ne le connaît pas. C’est une raison supplémentaire pour en tenir compte, je trouve. Autrement dit, déjà que c’est assez compliqué de surfer en mode aveugle, il me semble inutile d’en rajouter même si ce n’est pas si facile de surfer en mode basse vision. Il n’est pas question de faire dans la « concurrence des handicaps », on a déjà assez affaire avec les valides ! Il s’agit juste de constater que nos procédures d’adaptation ne sont pas les mêmes, l’objectif restant de les rendre compatibles pour le plaisir de vivre ensemble.

Je vais donc essayer de faire au mieux pour concilier les exigences de contextes d’accessibilité qui sont parfois difficiles à concilier et m’excuse par avance auprès de tous les aveugles qui passent par mon site : je ne vais pas y reprendre les mille huit cent soixante-neuf articles publiés (à ce jour) mais je vais m’appliquer pour les prochains, et reprendre ceux que je croise. Si vous rencontrez la moindre difficulté, contactez-moi.

Information publiée le samedi 8 août 2020.

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