LexCy(que)

Tire-fesses



Cy Jung — LexCy(que) : Tire-fesses

Ma phrase [*] : Même si elle n’en avait rien dit à sa compagne, elle n’avait nulle envie de remonter sur des planches, gardant un très mauvais souvenir de sa dernière rencontre avec un tire-fesse : après qu’elle avait décollé du sol au passage d’une grosse bosse creusée par les adeptes des sauts, elle s’était écrasée à plat ventre sur la neige damée, lâchant la perche qui avait ricoché et l’avait assommée d’un bon coup de rondelle avant de poursuivre son chemin.

Cy Jung — Piste roseAu moment de passer le correcteur, Antidote ne me signale pas mon singulier sur « tire-fesse » alors qu’il me semble avoir fait une faute : sauf cas très exceptionnel, nous sommes en effet pourvus de deux fesses sans que la remontée mécanique n’ait vocation à en laisser une en bas de la pente. Si, par exemple, j’avais écrit «  tire-cul » ; là, effectivement, le singulier s’imposait. L’expression est un peu familière pour mon texte et j’en profite pour regarder de plus près l’article d’Antidote.

Il indique que nous sommes ici dans une nouvelle application de cette fameuse orthographe rectifiée que j’ai évoquée récemment dans mon article sur « Après-ski » : au singulier, « tire-fesse » y perd l’une de ses parties charnues, comme s’il fallait enchaîner les remontées mécaniques pour conserver l’intégralité de son arrière-train — ce qui, à l’usage, serait plutôt le contraire. Le Petit Robert, d’ailleurs, conserve « tire-fesses » avec un « s » au singulier, ce qui me va bien car l’auteure de textes érotiques que je suis a bien besoin que l’on garde intacte sa matière première.
Au passage, je remarque dans le Petit Robert que « tire-fesses » est le seul des noms composés avec le verbe « tirer » qui prend ainsi la marque du pluriel au singulier : « tire-bouchon », par exemple, laisse « bouchon » au singulier car si un « tire-bouchon » permet de tirer beaucoup de bouchons, il n’en tire effectivement qu’un à la fois. Il en est de même pour « tire-botte » ou « tire-clou ».
Il y en a d’autres, surtout dans le XMLittré, de « tire-à-barre » (outil de tonnelier) à « tire-verge » (outil de fabrication des bas), en passant par « tire-langue » (genre d’oiseau grimpeur) ou « tire-dent » qui n’est pas un outil de dentiste mais un outil de fabrication des peignes. Ouf !

J’en reviens à mon « tire-fesses » et corrige ma faute comme j’en avais l’intention.
Ma phrase devient : « Même si elle n’en avait rien dit à sa compagne, elle n’avait nulle envie de remonter sur des planches, gardant un très mauvais souvenir de sa dernière rencontre avec un tire-fesses : après qu’elle avait décollé du sol au passage d’une grosse bosse creusée par les adeptes des sauts, elle s’était écrasée à plat ventre sur la neige damée, lâchant la perche qui avait ricoché et l’avait assommée d’un bon coup de rondelle avant de poursuivre son chemin. »


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[*Phrase extraite de Piste rose, manuscrit, V2, septembre 2009.


Information publiée le lundi 9 novembre 2009.

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