LexCy(que)

Tous les mardis



Cy Jung — LexCy(que) : Tous les mardis

Ma phrase [*] : Elle y chante tous les mardis soir.

Développement initial (14 décembre 2009).

Addenda (23 juin 2012) :
* Tous les mardis de chaque semaine.
* Premier jour de la semaine.
* Mardi prochain.

Les noms de jour sont a priori variables en nombre mais je ressors cette phrase d’Un roman d’amour, enfin car je me souviens que quelqu’un m’avait un jour fait la remarque qu’il existe des cas où, au pluriel, les noms de jour restent au singulier.

Il me faut fouiller jusque dans le Grevisse [§520] pour retrouver ces exceptions au pluriel des noms de jour. Il est indiqué que parfois il y a « indécision » de l’accord dans la mesure où le nom de jour serait construit comme adverbe (et un adverbe, c’est par définition invariable). À l’appui, un exemple de Beauvoir (Simone de ?), « Deux mercredi matin par mois » que le Grevisse discute pour savoir si « matin » aurait joué dans ce choix du non-accord…
Je n’ai évidemment pas la compétence du Grevisse et en retiens, très allègrement tant cela m’arrange, qu’il n’y a en fin de compte pas d’exception « justifiée » (j’emprunte le terme au Grevisse lui-même) et que les noms de jour s’accordent comme n’importe quel nom. Ce même article de cette vénérable grammaire indique enfin que c’est également le cas des noms de mois, même si certains auteurs y rechignent. Je ne crois pas avoir d’exemple de l’usage d’un nom de mois au pluriel dans mon travail… Voici donc un ver de Rimbaud : « Quand les juillets faisaient couler à coups de triques / Les cieux ultramarins » (Bateau ivre).

La question semble donc plus simple que prévu, sauf si le quelqu’un (ou la quelqu’une) qui m’avait posé un jour la question se souvient des termes de sa phrase. Si cette personne se reconnaît, qu’elle se signale à moi ; je ferai volontiers un addenda à cet article.

Note : On remarquera que j’ai laissé « soir » invariable car il faut lire « tous les mardis au soir ».

Cy Jung — LexCyque) : tous les mardis ; La Bougie du sapeur

Tous les mardis de chaque semaine.

Sarah m’envoie un texto : « Tous les mardi(s) de chaque semaine », « mardi » invariable ?

Mais d’où sort-elle cela ? Forte de cet article du LexCy(que), je lui réponds non et lui demande sa source. Elle a acheté La Bougie du sapeur et me donne plus tard l’article : « lorsque ce jour est suivi par une description de temps (…), il faut compter le nombre de ces jours dans cet intervalle de temps. » Ainsi, « tous les mardis du mois » prendrait le pluriel (il y a plusieurs mardis dans un mois) et « tous les mardis de la semaine » n’en prendrait pas, car il n’y a qu’un mardi dans chaque semaine…
Pourquoi pas… mais je préfère vérifier.

Antidote me signale comme fautif « mardi » au singulier dans cette expression. Sa grammaire ne me propose rien. Le Grand Robert ne m’aide pas. Je reviens à l’article de Grevisse sur « Le pluriel des noms accidentels » [§520].
Je relis le passage qui m’intéresse et note d’emblée que l’argument selon lequel les jours « sont souvent construits comme des adverbes » donne « mercredi » invariable dans son exemple « deux mercredi matin par mois » ce qui vient en contradiction de la règle éditée par La Bougie du sapeur car il y a bien plus d’un mercredi dans le mois.
Pour la grammaire Reverso, aucune hésitation n’est permise, l’accord est systématique. Pour l’Académie aussi, sans que le cas particulier du Journal du sapeur ne soit envisagé.

Verdict ?
Je trancherai (au moins provisoirement) en faveur du pluriel avant tout parce que si cette règle existait, je la trouverais sans doute ailleurs. Et je ne la trouve qu’ici, exacte copie de La Bougie du sapeur… à moins que ce ne soit l’inverse. Alors ? À vous de juger.

Note : Je profite de cet addenda pour rappeler que les noms de jours, en français, ne prennent pas la majuscule. Pas plus que les noms de mois. Il s’agit là d’un anglicisme sans intérêt, donc barbare.

Autre note : Premier jour de la semaine.
Et le premier jour de la semaine, c’est le lundi ou le dimanche ?
Le Grand Robert considère que c’est le dimanche et fait courir la Semaine sainte du dimanche des Rameaux au Samedi saint. Dans son article sur « dimanche », il précise « encore que l’Académie définisse le samedi aussi bien que le dimanche « septième jour de la semaine » — mais faisant partie, dans la conscience collective moderne, de la « fin de semaine », son début étant identifié au début du travail (le lundi). »
Le lundi serait donc le premier jour de la semaine des travailleurs (les vrais) et le dimanche le premier jour de la semaine chrétienne. Voilà sans doute pourquoi je considère le lundi comme premier jour…

Dernière note : Mardi prochain.
Et « mardi prochain », c’est le « prochain mardi » ou le « mardi de la semaine prochaine » ?
Voilà une question qui nous occupe depuis des années avec Isabelle, elle considérant comme juste le premier sens, moi le second.
Le Grand Robert indique que « dans l’espace », « prochain » signifie « le plus proche ». « Dans le temps futur », il indique que la proximité est moins grande, notamment quand il est placé après le nom. Antidote est plus radical et indique « prochain » comme « Qui est le plus proche dans le futur. » Le Grevisse ne me donne pas d’information supplémentaire… et je crains donc qu’Isabelle n’ait raison même si un usage existe à considérer que « mardi prochain » serait le « mardi de la semaine prochaine ».
Quant à savoir pourquoi… je vous dirai si je trouve. Ou vous pouvez me le dire si vous le savez.


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[*Phrase extraite de Un roman d’amour enfin, 2008


Information publiée le samedi 23 juin 2012.

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