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Vive ! / Vivent !



Cy Jung — LexCy(que) / Vive ! Vivent !

Un nouveau texto : Vivent les séparations !

En dehors du caractère fort incongru du texte de ce texto de Sarah — il vous manque le contexte, c’est sûr —, ma réaction première fut de réagir à ce pluriel sur « vivent » tant il me semblait plus incongru encore que le texto lui-même. Sarah est demeurée catégorique : elle l’avait lu écrit ainsi quelque part.
Cet article du LexCy(que) était né.

J’étais convaincue que « Vive ! » était une interjection, donc invariable, et en moins de 30 secondes sur Antidote, je découvre qu’il n’en est rien et que la conjugaison est possible ou obligatoire, je ne sais pas encore. Je poursuis donc mes investigations pour trouver dans le Petit Robert « Vive ! » en interjection, invariable au pluriel aux côtés de l’exclamation « Vive ! Vivent ! » (quelqu’un ; quelque chose) qui elle est variable.
Voilà qui ne simplifie pas ma question : quand savoir s’il s’agit d’une interjection ou d’une exclamation ? Au singulier, c’est sans importance, mais au pluriel… Le Petit Robert précise simplement le sens de l’exclamation, censée s’adresser à quelqu’un ou quelque chose à qui l’on « souhaite longue vie et prospérité. » Il ne dit malheureusement rien du sens de l’interjection mais quand on dit « Vive les vacances ! » (ou « Vive les séparations ! »), il ne me semble pas que l’on souhaite longue vie et prospérité aux vacances (et encore moins aux séparations) mais plus qu’il s’agit de l’expression d’une sorte de réjouissance ou de salut.
Je me tourne vers le Grevisse [§936] qui me donne la solution : « Vive, lorsqu’il signifie « Bravo » ou « Honneur à », perd son sens premier et se dit aussi de ce qui n’est pas doué de vie. Il joue alors le rôle d’un introducteur et reste logiquement invariable ». Après une série d’exemples, le Grevisse poursuit en indiquant que dans la langue écrite, « vive » est souvent considéré comme un verbe et s’accorde donc.
Dans le cas du texto de Sarah, les choses se corsent : si l’on s’attache au sens de ce « Vive les séparations ! », alors il me semble que « vive » doive rester invariable puisqu’il s’agit de rendre honneur aux séparations (misère !). Mais si l’on considère que le texto est de la langue écrite, alors la variabilité est acceptable… Sarah n’écrit pas en langage SMS. Le Grevisse lui accorderait donc sans doute son pluriel même si je préfère le singulier, parce qu’il me semble plus logique.
Et puisque le Grevisse en parle, quand « vive » n’est pas suivi par la troisième personne du pluriel, il reste invariable. Ce qui donne « Vive nous ! » et non « Vivons nous ! » qui aurait un autre sens et prendrait le trait d’union.

« Vive vous ! » donc, ô ! visiteurs de ce site et merci à Sarah pour ces textos qui alimentent ce LexCy(que). N’hésitez pas, si le cœur vous en dit, à le tenter aussi.

Information publiée le dimanche 24 janvier 2010.

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