LexCy(que)

Ce qui / Ce qu’il



Cy Jung — LexCy(que) : Ce qui / Ce qu'il

Ma phrase [*] : Elle se concentra de nouveau sur ce qu’il se passait au-dehors, tentant de comprendre l’enjeu de ce déploiement de forces.

Je ne sais jamais trop trancher entre « ce qui » et « ce qu’il » dans des constructions avec le verbe « se passer » mais d’autres aussi. Cette phrase est l’occasion de poser la question à Pascale, ce d’autant que j’ignore où aller chercher la réponse.

La réponse de Pascale.

La règle de base est que, avec les verbes impersonnels, on écrit « ce qu’il » et avec les autres verbes, on écrit « ce qui », mais c’est une règle qui ne vaut que comme pense-bête. En réalité, tu as toujours le choix (sauf avec « falloir » et « plaire ») et personne ne peut trancher pour toi, je pense. Pour les cas où les deux sont possibles, c’est une question de goût plus que d’autre chose.

Exception des verbes « falloir » et « plaire » : « Il me plaît de / ce tableau me plaît => je fais ce qu’il me plaît / et je veux ce tableau qui me plaît ».
Il y a aussi le cas particulier de « sembler bon » : on peut utiliser les deux, sauf lorsque bon est inversé : « faire ce que bon me semble », mais « je fais ce qui me semble bon » ou « ce qu’il me semble bon ».

Voici une page qui traite cette question : ici.
Le cas du verbe « se passer » est justement expliqué et la conclusion est que les deux sont possibles. À titre personnel, je préfère dans ce cas « ce qui », car je trouve ça plus agréable à l’oreille, mais c’est juste une question de goût…

Autre ressource sur le sujet :
* Un site consacré aux bizarreries du français, langue-fr.net.

La réponse de Cy Jung.

Merci pour ces explications et les nouvelles ressources que j’ajoute à l’article « Dictionnaires et correcteurs » de ce LexCy(que). Je crois que j’ai compris le principe.

À l’inverse de Pascale, je privilégierai plus volontiers « ce qu’il » pour justement distinguer les formes impersonnelles ; à l’écrit en tout cas, ce me semble plus juste et permettrait de conserver une certaine logique. Je garde donc mon « ce qu’il » dans ma phrase d’exemple. Dans ce même manuscrit, je trouve également « Sait-on ce qu’il s’est passé ? » ; je laisse tel quel.
Pour illustrer cet article (qui était en couvée depuis un moment), j’avais conservé cette phrase de Je ne saurai jamais si elle était jolie (manuscrit, V5, juillet 2009) où je garde également « ce qu’il » : « C’est même très commun, je trouve, banal, si l’on en croit tout ce qu’il se dit et s’écrit sur l’humanité. »

Cy Jung — Le râteau Cy Jung — Camellia rose Cy Jung — Un roman d'amour, enfinEt dans mes textes publiés ? Il est un peu fastidieux de les passer tous au crible mais voici quelques exemples où l’on constate que j’ai plutôt fait le contraire de ce que je préconise aujourd’hui…
Dans « Le Râteau » (2009) : « Je ne sais pas ce qu’il se passe. » (2009, p. 56).
Dans Camellia rose (2009) : « Qu’est-ce qui t’arrive ? » (p. 37) ; « Sans trop s’en approcher — elle savait que Marcelline l’enverrait paître —, elle tentait de savoir ce qui se passait. » (p. 59).
Dans Un roman d’amour, enfin (2008) : « Qu’est-ce qui lui prend ? » (p. 7) ; « Alexandra laisse un message : elle s’excuse de s’être emportée et me demande de lui faire un signe ; elle ne comprend pas ce qui se passe ; elle m’aime ; elle voudrait avoir de mes nouvelles. » (p. 77).

La suite dira comment j’applique finalement ce pense-bête.


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[*Phrase extraite de Piste rose, manuscrit, V3, novembre 2009


Information publiée le samedi 8 mai 2010.

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