LexCy(que)

Impromptu



Cy Jung — LexCy(que) : Impromptu

Ma phrase [1] : « La visite impromptue d’une fourmi sur la page du poly d’informatique anime le décor. »

Cy Jung — Once upon a poulette Cy Jung — Es ist eine pouletteDans mon article sur « Arrière », j’avais indiqué que l’adjectif « impromptu » était invariable, suivant ainsi ce que j’avais compris de Grevisse, et donné des exemples d’emploi dans mes trois premiers romans, indiquant mes accords comme des coquilles :
« Seule la perspective d’une arrivée impromptue d’Antoinette l’inquiète : elle affecte son excitation, à la hausse. » (Once upon a poulette, 1998, p. 112).
« Écoutons la réaction de la représentante de cette communauté, en direct de la place de la Bastille où se déroule une fête impromptue » (Hétéro par-ci, homo par le rat, 1999, p. 202).
« Vendredi : 15 h 30, visite impromptue de l’inspecteur principal Hond. » (Es ist eine poulette, 2000, p.138).
À la lecture de ce passage, le sang de Pascale n’a fait qu’un tour. Voici ce qu’elle m’écrit.

Le commentaire de Pascale.

Pour ton exemple d’ « impromptu », ça ne marche pas. C’est seulement dans un cas bien précis qu’il reste invariable, un cas similaire à « derrière » et « devant » d’ailleurs, mais plus clairement perceptible. Par exemple, quand tu dis « prendre la parole impromptu », c’est-à-dire « à l’impromptu ou à l’improviste ».
Mais pour le coup, le Dictionnaire de l’Académie le classe bien dans les adverbes. Sinon, lorsqu’il est adjectif, il reste bel et bien variable ! Ils donnent comme exemple : « des vers impromptus, une visite impromptue ». Donc, fais attention à ce que tu écris, et aussi à ce que tu lis, car justement, dans les exemples que tu cites dans ton article « impromptu » est sans contestation un adjectif et s’accorde…
Tu serais donc très mal avisée de faire des corrections pour d’autres éditions ;-)

Sinon, « impromptu » est aussi un nom masculin : « un impromptu » (« avoir le sens de l’impromptu » par exemple).
Pour ta science, « impromptu » vient du latin « in promptu = avoir sous les yeux, devant les yeux, en face de soi » (Académie), d’où la préposition in qui faisait que ce ne pouvait être qu’un adverbe.

La réponse de Cy Jung

Je me suis sans doute emballée, en effet, mais Grevisse [§559] me semblait si sûr de lui ! Il pose bien l’invariabilité comme « traditionnelle », exemples à l’appui qui ne me semblent pas rejoindre les usages adverbiaux du Dictionnaire de l’Académie. Je reprends les deux sur « visite » : « Votre visite avait été si impromptu (M. Prévost, Lettres à Françoise mariée, I). — Visites impromptu (Camus, L’exil et le royaume, Pl., p. 1634). » Et sans doute parce que l’archaïsme me plaisait bien, j’en avais retenu que l’invariabilité demeurait possible même si « la variabilité est devenue trop fréquente pour être rejetée. »
Dois-je en conclure que je dois me méfier de Grevisse autant que de moi-même ? La question demeure : comment trancher ? Je l’ignore mais il le faut pourtant. Je laisse faire Pascale ; son couperet est si redoutable ! Et garde la variabilité sur « impromptu ».


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[1Phrase extraite de Hétéro par-ci, homo par le rat, 1999, p. 178.


Information publiée le jeudi 1er juillet 2010.

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