LexCy(que)

Comme il se doit / Si tant est / Qui que ce soit



Cy Jung — LexCy(que) : Comme il se doit / Si tant est

Ma phrase [*] : Anne Bonnueil doubla l’entrée du square fermée à la nuit tombée, trébucha dans l’une de ces crevasses cavées dans le bitume par les roues de la gondole mobile de la supérette, râla comme il se doit et présenta son badge devant le lecteur de l’entrée de l’escalier C.

Dois-je écrire « râla comme il se devait » ou laisser « comme il se doit » ?

Ah ! foutue concordance des temps à laquelle je ne comprends pas grand-chose. Il va vraiment falloir que j’y consacre un article de ce LexCy(que) afin de poser un peu les choses… C’est tout à fait inutile pour cette fois puisque « comme il se doit » est un adverbe qui, de ce fait, ne subit pas les inflexions de temps de la phrase.
Voilà une affaire bien vite réglée… Que puis-je ajouter d’autre ? Par exemple que je m’étais posée le même genre question à propos de « si tant est » dans Diadème rose ?
C’est l’occasion ou jamais.

Cy Jung — Diadème roseMa phrase était : Elle ne pouvait compter sur personne à l’ambassade, pas même sur ce Gustaf si tant est qu’elle pût le retrouver, pour joindre la princesse héritière. (Diadème rose, 2007, p.52.)
Pascale m’avait aussitôt dit que la chose restait invariable. Antidote indique qu’il s’agit d’une conjonction, ou plus exactement d’une « locution conjonctive » et toute locution forme un tout généralement indivisible. Je ne peux donc écrire « si tant fut » ; c’est dommage ; cela sonnait avec cette sorte d’archaïsme que j’aime beaucoup.
Je note au passage que « si tant est que » amène le subjonctif et en profite pour vous indiquer la liste des locutions conjonctives réclamant le subjonctif établie par la grammaire en ligne de l’Office québécois de la langue française.

Autre chose ?

Cy Jung — Piste roseJe redécouvre (que ma mémoire est faible !) en corrigeant une dernière fois Piste rose (manuscrit, V9, juillet 2010), toujours, alors que cet article n’est pas encore en ligne que « qui que ce soit » est, selon Antidote, un pronom indéfini singulier, qui forme une locution qui ne se modifie pas [Grevisse §737c].. C’est également le cas de « quoi que ce soit ».
J’avais consacré une partie de mon article sur « Quoique, quoique et quoi que » à ce point ; j’y reviens donc avec cette phrase : « Un clin d’œil de sa copine de vingt ans lui fit comprendre qu’elle n’avait pas de souci à se faire : elle était trop détendue pour que qui que ce fût lui gâchât le jus de tomate et sel de céleri que le garçon venait d’apporter avec une coupelle de cacahuètes qu’elle refusa. » Et plus loin, j’avais : « S’il lui arrivait quoi que ce soit, jamais je ne me le pardonnerais ! »
Je transforme donc vite fait cet étrange « qui que ce fût » en « qui que ce soit » et cela donne : « Un clin d’œil de sa copine de vingt ans lui fit comprendre qu’elle n’avait pas de souci à se faire : elle était trop détendue pour que qui que ce soit lui gâchât le jus de tomate et sel de céleri que le garçon venait d’apporter avec une coupelle de cacahuètes qu’elle refusa. »

Voilà. Ce sera tout pour aujourd’hui.


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[*Phrase extraite de Quartier rose, manuscrit, V1, janvier 2010.


Information publiée le mercredi 14 juillet 2010.

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