LexCy(que)

S’y faire (au pommeau de la douche)



Cy Jung — LexCy(que) : S'y faire

Ma phrase [*] : Puis, elle s’y était fait, apprenant également à accepter que l’amour de sa vie entretînt de longues conversations avec la cafetière, l’aspirateur, la paume de la douche, son propre côlon ou pire encore, le chien du voisin qui semblait adorer ça puisqu’il cessait d’aboyer — miracle ! — et couinait tel un chiot joueur, tournant la tête de droite et de gauche comme pour participer à la conversation.

Cy Jung — Piste roseJe m’interroge sur l’accord du participe passé « fait » : Antidote m’indique qu’il est invariable dans ce cas, son COD étant placé après ; mais il semble qu’il interprète mal ma phrase car si je lui soumets « Elle s’y était faite. », il me dit de faire l’accord. J’ai néanmoins appris à me méfier du verbe « faire », se d’autant qu’il s’agit ici de « se faire », ou plus exactement « s’y faire ».

Cy Jung — Camellia roseAntidote, d’emblée, m’indique par un exemple que la règle qui s’applique à « se faire » est celle que j’ai déjà vue pour l’accord du participe passé des verbes pronominaux. L’exemple est imparable. Je cherche le COD et regarde où il est placé. « Elle s’est fait (quoi ?) de nombreux amis. » Le COD est placé après le verbe, je n’accorde donc pas le participe passé. Par contre, dans la phrase suivante de Camellia rose, « La voix s’était faite plus douce encore. » (2009, p. 52), « douce » est attribut et le COD est ici « s’ » qui représente la voix, elle-même. [**]
Dans mon exemple initial, Antidote m’indique que si ma phrase avait été « Elle s’est faite à l’idée », j’aurais accordé le participe passé avec le sujet « elle », le « s’ » n’ayant pas de fonction logique. Je comprends que ma phrase se découpe en « elle s’était faite (elle-même) à l’idée ». Si je suis cette logique, je dois donc accorder mon participe passé, sauf si « y » vient perturber son application.
Antidote m’indique que non et je ne trouve nulle part ailleurs d’indication contraire.
Je corrige donc le participe passé qui devient « faite », en attendant une confirmation de Pascale, parce que ce féminin me paraît toujours étrange.

La réponse de Pascale.

J’adore ta « paume de douche » !!!
Donc, pour ton accord, oui, je le ferais ici : « Elle s’y était faite » soit « Elle a fait (elle-même) à quelque chose (représenté par "y" qui sert de complément) ». Même chose que si tu disait : « Elle s’y était habituée, accoutumée…  »

La conclusion de Cy Jung.

Je laisse donc mon accord sur « faite ».
Pour ce qui est de la « paume de douche », la correction avait été faite par une lecture avertie de ma maman de cette V4, Piste rose en étant à ce jour à sa V9.
Voici donc ma phrase à ce stade : Puis, elle s’y était faite, apprenant également à accepter que l’amour de sa vie entretînt de longues conversations avec la cafetière, l’aspirateur, le pommeau de la douche, son propre côlon ou pire encore, le chien du voisin qui semblait adorer ça puisqu’il cessait d’aboyer — miracle ! — et couinait tel un chiot joueur, tournant la tête de droite et de gauche comme pour participer à la conversation.


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[*Phrase extraite de Piste rose, manuscrit, V4, avril 2010.

[**Je remarque au passage que dans une construction de type « se faire + attribut », l’attribut s’accorde avec le sujet [Grevisse §243-b1] avec des exemptions liées à l’attribut lui-même, comme dans « se faire fort » avec « fort » invariable [§308-a4].


Information publiée le vendredi 6 août 2010.

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