Romans & Nouvelles

Hétéro par-ci, homo par le rat

Sur une idée de Joëlle Van Amerongen



Que se passerait-il si, d’un coup de patte maléfique, le destin faisait des homosexuels les maîtres du monde ?
Rêvons un peu…
En 2097, Léa a 20 ans. Elle est lesbienne comme toutes les femmes de son temps et mène une existence paisible jusqu’au jour où elle rencontre Louis. Pauvre Léa, obligée de vivre son hétérosexualité en cachette, de se battre contre les idées reçues et la violence hétérophobe…
Que va-t-il advenir d’elle, et Louis ?

Le XXIe siècle saura-t-il faire la place aux amours hétéroclites ?

Ce livre a obtenu le G d’Or 2000 du meilleur roman.

* Extraits
* Critiques

Extraits

Depuis, elle se concentre sur cette relation banale où l’amour se fait sans chichis et si peu de tralalas, juste parce que c’est bon et que ça fait passer le temps : les nuits d’hiver sont longues et la tendresse précieuse… Élixir contre l’ennui : mettez deux filles dans un écrin de velours tendre, agitez et, comme vous êtes sûrs de ne pas obtenir d’enfant, tous les espoirs sont permis, sauf à considérer que l’amour est une chose suffisamment délicate pour ne pas se satisfaire de la moiteur d’un lit.


Comment annoncer au corps que le glas de sa jouissance a sonné ? Ce n’est pas nonne qu’elle voulait être. Les voies du Seigneur sont impénétrables. Est-ce à dire que, dans la mesure où Dieu est amour, le plaisir alors ne peut être que clitoridien !? Galéjade.

Elle perd toute notion du bien. Elle rêve de ce mâle qui saura effeuiller sa marguerite pour mettre à nu ce pénil négligé depuis trop longtemps. Elle l’imagine grand, brun, musclé, un mince duvet blond sur la poitrine. Elle voit sa main se tendre, honorer son doigt fébrile d’un anneau doré, la bouche pleine de ces mots qui font chavirer le cœur des damoiselles.

Critiques

« Cy Jung nous emmène une nouvelle fois dans un univers à part, un monde parallèle qui rappelle le film Almost Normal. L’humour est toujours là, l’autodérision constante et l’histoire surprenant.
Un incontournable lesbien.
 »

Isabelle B Price, Univers-L.com, 1er avril 2007.

« Une occasion pour Cy Jung d’inverser avec humour les rapports entre la majorité (ici l’homosexualité) et la minorité (l’hétérosexualité) avec à son paroxisme une hétéro-pride des plus cocasses ! »

homosf.free.fr/ (non daté)

« L’idée était intéressante. (…) Malheureusement, l’intrigue est prévisible et le style est mou. (…) [Cy Jung] sombre ici dans un romantisme déplacé et inutile. »

N.B., 360°, (12), juillet-août 2000.

« (…) J’ose espérer que ce roman tombera sous la main de gens qui ont de la difficulté à accepter l’homosexualité ou plutôt la différence. Cela permettra peut-être d’acquérir une ouverture d’esprit plus développée. Ils pourront enfin comprendre ce qu’on est amené à vivre lorsqu’on fait partie d’une minorité et pourquoi on doit se débattre pour exister. Et je ne fais pas ici seulement allusion à l’homosexualité (!). (…) »

Joane Plante, La référence (9), mai 2000

« Cy Jung a réussi un tour de force : mettre n’importe quel gay ou lesbienne dans la peau d’un hétéro. (…) [Elle] installe très vite dans son récit un climat de violence psychologique très dense, tout en gardant un ton léger [et] rejoint la thématique des "hommes protégés" de Robert Merle, où la maladie isole une partie de la population jusqu’à ce qu’un rebelle vienne chambouler le système en place. Mais là ou Merle peut apparaître comme prophétique des années SIDA, Cy Jung est ancrée volontairement dans l’homophobie pernicieuse et rampante qui prévaut dans notre société soi-disant libérée. (…) Cette histoire nous laisse mal à l’aise parce que l’on se laisse surprendre à trouver cela normal, et nous fascine car elle pose l’éternelle question : placé dans le contexte, serais-je un salaud ou un héros ? »

Frédéric Koster, adventice.com/, mai 2000.

« Suite au succès de Once upon a poulette, on espérait de Cy Jung un deuxième roman à la mesure du premier. Malheureusement, Hétéro par ci, homo par le rat déçoit, tant par son contenu vieillot, voire même moralisateur, que par sa prévisibilité. (…) Bien que ce roman tente de promouvoir l’idée que l’avenir nous appartient et que nous avons le pouvoir de le créer, le contenu du texte renforce plutôt l’idée que plus ça change, plus c’est pareil. Et ce qu’il y a encore de plus navrant dans ce livre, c’est que l’auteure tombe dans un romantisme à l’eau de rose qui déconcerte. (…)
« Comme si tout cela n’était pas suffisant, la fin du roman, excluant l’épilogue, se conclut par une énumération interminable de sept pages décrivant la parade, sept pages d’insipidités rares. Quelle horreur ! Cy Jung a perdu de son mordant, cette voix qui définissait sa spécificité. Bien qu’il soit important de promouvoir des livres que l’on juge intéressants, il arrive parfois de ces moments où de dénoncer la médiocrité d’une publication devient tout aussi important. En voilà un. »

Linda Gosselin, Fugues - Novembre 1999.

« (…) Le prologue du livre de Cy Jung est fulgurant. On a l’impression que l’on ne pourra plus éteindre la lumière avant de l’avoir fini. (…) Et quand on referme le livre on est sûr d’avoir compris ce qu’elle voulait dire. En plus, on a pris un super pied. »

Marc Hernu, Le 3 Keller - Septembre 1999.

« (…) L’histoire est introduite avec de tellement gros (et invraisemblables) sabots, qu’on s’attend au pire. On a raison car la fin n’est qu’une longue énumération d’événements qui rappellent les célèbres codas de la Comtesse de Ségur. (…). Cette encore asse jeune romancière a les tics d’écriture et les complaisances d’une vieille routière trop adulée. Son argot du début des années quatre-vingt date (…). L’histoire est lourde, appuyée sans doute à l’usage des lecteurs pas trop intelligents mais qui pensent l’être. Les personnages sont inconsistants, convenus, si bien qu’on se croirait, par moments, dans une utopie/uchronie de Françoise d’Eaubonne ou dans un roman à thèse de Paul Bourget, (…). Mauvaise histoire, mauvaise écriture… que reste-t-il ? Qu’y a-t-il derrière cette jolie couverture façon coucher de soleil sur l’Adriatique ? Rien. »

Hélène de Monferrand, Lesbia Magazine - Septembre 1999.

« Le livre de l’été ! À emporter absolument cet été, que vous soyez sur la plage, au boulot ou sous la tente (…) Hétéro par-ci, homo par le rat est un petit conte de fée qui mélange habilement les ingrédients d’un livre catastrophe, d’un thriller et d’un Harlequin (un peu coquin) avec en sus quelques pincées (bien pesée) de pseudo analyse politico-sociologique. Mais que cela ne vous fasse pas peur, tout est très très léger. »

Anne, Out Magazine - Juillet/Août 1999.

« (…) c’est riche d’enseignements pour mieux comprendre le présent et découvrir la tolérance, si ce n’est déjà fait. Pertinent, impertinent et parfaitement bien écrit. »

E. Lannes & G. Loustalot, Dépêche mode - Juillet/Août 1999.

« (…) l’histoire ne s’alourdit pas au fil des pages. On découvre des personnages ni trop inventés, ni trop éventés, simplement crédibles. (…) L’écriture proche de maîtres du polar et la description de cette société homonormative nous laissent méditer sur notre propre environnement. La part de science fiction du propos se trouve heureusement relayé par une description imaginative et maîtrisée de ce que serait le milieu hétéro minoritaire. (…) Cy Jung montre bien au travers de ces passages ses capacités de théoricienne expérimentée et de romancière inventive. Elle réussi ainsi, en un roman, à faire passer beaucoup de réflexions sur notre société. Réussir à amener une réflexion par un roman distrayant, ce n’est pas courant, alors profitez-en. Faites donc lire ce livre aux hétéros qui n’arrivent pas à comprendre la vie des gays et des lesbiennes, ils saisiront peut-être mieux. »

Christophe Rolshausen, Gazoil Magazine - Juillet 1999.

« Straight is out ! Le XXIe siècle sera homosexuel ou ne sera pas. (…) Voici le pire cauchemar d’un virulent opposant au Pacs. (…) »

Valérie Robert, 20 ans - Juillet 1999.

« Cy Jung a inventé un monde où les homosexuels sont au pouvoir. (…) Dans cette œuvre, la limite de l’imagination et du réel, (…) le nouveau monde est source d’autant d’anecdotes tordantes que de rictus profonds. À bien comprendre le propos, on se dit qu’il ne suffit pas de changer de siècle et de minorité pour voir mourir un monde, il faut aussi une bonne dose de volonté et de constance. La thèse, aussi commune soit-elle, se défend et Cy Jung y consacre merveilleusement les 204 pages de Hétéro par-ci, homo par le rat. (…) Roman boutade et tarte à la crème, si le style de ce deuxième opus se veut aussi frais et gouailleur que celui de son aîné Once upon a poulette, il convient de ne pas se tromper sur les intentions qui président à son écriture. Il ne s’agit pas de cacher une quelconque morale sous une couche de bons mots et situations comiques, mais de donner à penser, de manière agréable, à ce que pourrait (devrait ?) être une société moins normative.
«  Le parti pris d’utiliser un langage et des situations ludiques, très proches de la démarche des activistes du militantisme homosexuel actuel, inscrit pleinement Cy Jung dans une époque où l’on s’amuse sans cynisme et l’on construit avec réflexion et opiniâtreté. »

Noha Belstein, Tabloïd - Juin 1999.


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