Les interviews de Cy Jung

Rencontre — Geneviève Pastre et Cy Jung sur Radio libertaire



Geneviève Pasttre & Cy Jung (2003)®

Les affinités électives, Radio libertaire, 15 janvier 2004.

Cy Jung — Tu vois ce que je veux direCy Jung est l’invitée de Geneviève Pastre sur Radio libertaire (89.4 FM Paris) afin d’évoquer avec elle l’écriture du désir lesbien ainsi que son dernier ouvrage Tu vois ce que je veux dire (L’harmattan, 2003).

[Extrait]

Geneviève Pastre [à propos de Tu vois ce que je veux dire] : Ce qui m’a énormément bouleversée, c’est que je te connais depuis des années et je ne le savais pas du tout. Il a fallu que tu me le dises pour que je le voie. Ceci pour dire le rôle de la volonté, l’intelligence d’un non-conformisme absolu de la part de tes parents qui, si j’ai bien compris, n’ont jamais employé le terme handicapé.
Cy Jung : Non, en effet. Mes parents sont tous les deux instituteurs à l’origine. Papa a fait de la formation d’éducateurs. Maman a tout de suite été institutrice spécialisée. Ils n’ont ainsi pas voulu que leurs enfants soient handicapés — mon frère est également amblyope (…). Ils nous ont fait faire les pires choses. Ils m’ont par exemple fait ramasser des asperges sauvages. Je ne sais pas si les Parisiens voient ce que c’est qu’une asperge sauvage ?
Geneviève Pastre : Oh ! oui. Je vois très bien. On en trouve dans les vignes.
Cy Jung : En effet. Une asperge sauvage ressemble à un gros brin d’herbe. On était donc à quatre pattes, avec mon frère, dans la terre, à chercher et on ne les a jamais vues ! Mais maman nous disait « À main droite ! » ; « À gauche ! » ; « Juste devant toi ! » Ainsi, elle nous disait tout et on les ramassait !
Geneviève Pastre : C’est d’une intelligence rare ! (…) Si je me permets, maintenant que je sais, je comprends mieux le rôle des mères dans vos romans. Parce qu’il y a souvent des mères qui apparaissent…
Cy Jung : Et qui sont très aimantes, qui sont très enveloppantes, qui sont des références. (…) Ce que j’explique dans Tu vois ce que je veux dire, c’est que maman a toujours su être une référence. Elle nous poussait à faire des choses incroyables mais, en même temps, tout était minuté, tout était programmé et il y avait une espèce de couverture qui était là au cas où quelque chose ne fonctionne pas comme prévu. Et c’est vrai que l’on retrouve ce caractère dans les mamans de mes personnages : elles sont une référence, quelqu’un par le truchement duquel on peut voir le monde et le monde, il n’est pas dangereux à ce moment-là.

Pour en savoir plus sur l’albinisme.

Information publiée le jeudi 15 janvier 2004.

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