LexCy(que)

Dieu



Cy Jung — LexCy(que) : Dieu

Mes phrases [*] : J’ai découvert l’existence de Dieu au pied d’un arbre du square des Batignoles il y presque vingt ans. Celle qui me l’a montré en cet arbre l’appelait Lui et ne fréquentait aucune Église. (…) Comment pouvait-Il alors que l’humanité connaissait tant de souffrances ?

Ce texte est l’occasion de rappeler que « Dieu », au singulier, prend une majuscule alors que « dieux » au pluriel n’en prend pas. Il ne s’agit pas ici d’une affaire de comptable et de non-comptable, mais plus une affaire de noms propres.

C’est en effet dans son paragraphe consacré au « Nom et majuscule » [§99] que Grevisse traite de la question, considérant que dans les religions monothéistes, Dieu, Allah, Javé sont chacun une personne et qu’il s’agit de leur nom propre. Dans ce contexte, quand ces « êtres surnaturels » (c’est le terme de Grevisse) sont désignés par un nom commun, ceux-ci prennent aussi la majuscule : le « Tout-Puissant », la « Divinité », la « Trinité », etc. Et cela s’applique à « Satan » mais pas au « diable » qui lui, garde sa minuscule… peut-être parce que l’on ne sait pas vraiment qui il est tant le diable peut regrouper tant de choses et devenir ainsi plus une « catégorie », ce qui induit, pour les « dieux », les « anges », les « archanges » et autres « démons », même au singulier, de garder la minuscule.
Concrètement, dans toutes les expressions comportant « Dieu », il prend la majuscule (« Nom de Dieu » ; « foutre Dieu ! » ; « Mieux vaut s’adresser à Dieux qu’à ses saints », etc. Et quand Dieu, Marie ou Jésus sont désignés par des pronoms (« Ils » « Lui », « Elle », « Votre », etc.), on relève souvent que ceux-ci prennent la majuscule, surtout dans les textes religieux. Grevisse confirme cet usage [§101] que je reprends dans mon texte, parce Nathalie l’aurait fait ainsi, dans le premier exemple, par défi, vu ma question, dans le second.

Pour les « saints », l’affaire est plus complexe au point que Grevisse y consacre un article entier [§100]. Pour faire simple, au pluriel, ils ont toujours la minuscule. Au singulier, ils prennent la majuscule quand ils sont suivis d’un trait d’union comme pour les événements historiques ou les noms de lieu mais gardent la minuscule quand on les désigne personnellement.
Je vous renvoie sur ce point à deux articles de ce LexCy(que), « Le saint des saints » et « De Montparnasse à Saint-Germain ».

Note : Dans le cas où « Dieu » est précédé d’un adjectif, c’est bien sûr la règle du Petit Précis de safe sex qui s’applique. Exemple : le « Bon Dieu » (il ne me vient pas d’exemple avec un adjectif à suivre).


--------------

[*Phrase extraite de « Jacques Chancel disait : « Et pour vous, Dieu… ? », édito de la rubrique D’un jour à l’autre, 17 avril 2010.


Information publiée le lundi 24 janvier 2011.

Version imprimable de cet article Version imprimable



Article précédent / Article suivant
Retour à tous les articles



Les vingt derniers articles publiés sur le site de Cy Jung sont ici





Si vous êtes éditeur,
découvrez les manuscrits de Cy Jung
ici.