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Désuet parasol



Cy Jung — LexCy(que) : Désuet parasol

Texto de Sarah : Pourquoi le « s » de « parasol » se prononce « sss » alors qu’il est entre deux voyelles ?

Après que je lui ai envoyé en avant-première le Photocriture « 199306_01 » pour relecture, Sarah m’explique par texto que la photo représente des parasols, alors que j’y avais vu des mannequins de vitrine placés en ligne en prévision d’un défilé.
Elle enchaîne avec un second texto sur la prononciation de parasol.

Spontanément, j’ai eu envie de lui réponde « Parce que c’est de l’espagnol », considérant que les mots d’origine étrangère ont parfois des prononciations différentes. Un tour rapide par le Petit Robert m’apprend qu’en fait, c’est de l’italien, « parasole ». Le Grevisse s’impose pour répondre à la question.
Son paragraphe « Phonologie et orthographe » [§91] indique que la phonétique n’est pas « automatique » (comme les antibiotiques ?) au sens où un mot est rarement composé des seules lettres qui seraient nécessaires à la formation de sa sonorité. Par ailleurs [b)1°] la même lettre peut produire plusieurs sons différents. Il en est ainsi du « s » qui peut valoir « z » ou « s » selon certaines règles bien connues de Sarah, règles qui ont leurs exceptions : « s se prononce [s] dans désuet parasol, dysenterie, susurrer, présupposer, etc. ».

Cela ne nous dit pas le pourquoi de cette exception.
Avant de chercher la réponse, j’en profite pour remarquer que je prononce « désuet », « dé(z)uet » et non « dé(s)uet » comme indiqué [R3] autant que je prononce « dé(z)uétude » au lieu de « dé(s)uétude » pourtant « attesté par plus de témoins », selon Grevisse. Je renvoie la question aux adeptes de l’« (é)nologie » !

Je continue donc mes investigations.
Dans son paragraphe sur l’italien [§156], Grevisse indique que nous devons à cette langue beaucoup d’emprunts, dont « parasol », mais rien sur la prononciation. Le paragraphe sur les « Éléments empruntés à d’autres langues. » [§187], ne dit rien non plus sur la prononciation, mais l’on apprend néanmoins que si l’italien nous a fourni « parasol » et « paravent », c’est ensuite sur ce modèle que le français a directement formé « parapluie », « paragrêle » ou « parachute ». Si d’aucuns doutaient de l’intérêt pour notre pays de ce (ceux) qui passe(nt) la frontière à Vintimille, les voilà fixés !
Ceci étant, je n’ai toujours pas de véritable explication. Je fais un dernier détour par le XMLittré qui donne une définition dé(s)uète de l’objet « petit pavillon portatif » sans rien dire de la prononciation. Le TLF parle lui d’« abri portatif » et m’apprend au passage que le parasol est symbole de la papauté et que le « porte-parasol » est la personne qui porte le parasol « d’un monarque ou d’un grand personnage ». Côté prononciation, il indique la prononciation en « s » à l’instar d’autres mots (« tournesol » par exemple) « où l’étymologie est toujours ressentie ».

J’en conclus donc que c’est bien l’emprunt à l’italien qui est à l’origine de cette prononciation et transmets, par texto bien sûr, la réponse à Sarah.

Information publiée le dimanche 8 mai 2011.

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