LexCy(que)

Participe passé et attribut du COD



Cy Jung — LexCy(que) : Participe passé et attribut du COD

Ma phrase [*] : On l’a trouvé prostrée au pied d’un horodateur, les cheveux collés par du sang, une passoire en métal serrée contre son cœur.

J’ai une fâcheuse tendance à ne pas faire l’accord avec le COD placé avant un participe passé conjugué avec l’auxiliaire « avoir » quand il est suivi d’un second, considérant que le second serait le véritable COD. La question à poser serait : on a certes trouvé « qui ? », « elle » mais « quoi ? » « prostrée », le « quoi » l’emportant sur le « qui ».
C’est ainsi que j’ai écrit « On l’a trouvé prostrée », « l’ » étant une femme.

Antidote, lors de ma correction, me met en garde : « En présence d’un attribut du COD, trouvé peut rester invariable si on considère que le véritable complément d’objet se compose de l’ensemble formé par le COD (l’) et son attribut (prostrée). Dans le cas contraire, trouvé doit s’accorder en genre et en nombre avec l’. »
Il s’agit donc bien de savoir quel est « le véritable COD » mais j’avoue ne pas comprendre la définition qu’en donne Antidote. Je m’en vais voir l’article de grammaire correspondant « Accord du participe passé, et attribut du COD » ; à force de grattage de tête (et de pied), je comprends que « prostrée » est ici attribut de mon « l’ » et que cela n’intervient pas dans l’accord du participe passé « trouvée » sauf si l’on considère « que l’objet direct est en fait composé du COD proprement dit et de son attribut. » Qu’est-ce que cela veut dire ?
Fort heureusement, Antidote précise que c’est notamment le cas avec les verbes « dire », « croire », ou « vouloir » ; il donne quelques exemples qui m’éclairent. Si j’avais écrit « On l’a cru prostrée », ce n’est effectivement pas elle que l’on a « crue » en plus de « prostrée » : par contre, « on a cru » quoi ? « qu’elle était prostrée ». Dans mon exemple, on n’a par contre pas trouvé qu’elle était prostrée mais « on l’a trouvée » et « elle était prostrée » ; « l’ » est bien COD de « trouver ».

Cette manière de comprendre la règle n’est sans doute pas très orthodoxe. Je vais m’en contenter pour aujourd’hui, craignant qu’un petit détour par Grevisse ne fasse que compliquer les choses. Je vous renvoie donc à son paragraphe [§950] « Présence d’un attribut d’objet direct » pour plus de détails.
Ma phrase devient donc : On l’a trouvée prostrée au pied d’un horodateur, les cheveux collés par du sang, une passoire en métal serrée contre son cœur.


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[*Phrase extraite de Photocriture, « 201111_01 », 30 avril 2011.


Information publiée le mercredi 18 mai 2011.

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