LexCy(que)

Donne-m’en !



Cy Jung — LexCy(que) : Donne-m'en !

Texto de Sarah : Donne m’en ou donne-moi en ? Et comment ferait-on le « zan » ?

Le texto de Sarah (qui faisait référence à une histoire de compote de fraise) pose plusieurs questions dont je suis allée chercher les réponses directement dans le Grevissse, en tâtonnant pas mal, je l’avoue. C’est parce que je peine encore à donner un nom grammatical aux mots qui forment la phrase. À force de LexCy(que) et d’écriture j’ai l’espoir de progresser. Chic !

J’apprends donc ce matin que « en » est soit une préposition (mot invariable qui relie deux constituants dans une phrase) soit un pronom (mot qui représente un mot ou un groupe de mots) et que dans le cas qui m’occupe il s’agit du pronom.
Exemples [*] :
« En » préposition : Je rejoins la cuisine, bois un peu d’eau à même le goulot de la bouteille en plastique. « En » relie deux noms.
« En » pronom : J’en prends un dans le panier. « En » désigne le bonbon de la phrase précédente.

Dans la forme impérative « donne-m’en », « en » est donc pronom ; « m’ » aussi. Il correspond à l’élision au départ phonétique de « moi » [Grevisse §44]. Mais pour ce qui est de la construction de cet impératif, c’est vers l’article consacré à la présence de plusieurs pronom conjoints qu’il faut se tourner [§493].

Chacun sait qu’à l’impératif, le pronom se met à la suite du verbe auquel il est relié par un trait d’union. Le texto de Sarah aurait pu être « Donne-moi de la compote de fraise ! » Quand il y a deux pronoms, l’inversion se fait toujours, le premier est relié au verbe par un trait d’union, le second au premier par un trait d’union également. On aurait ainsi pu avoir « Donne-moi-la ! » Enfin, dans le cas où le premier pronom fait l’objet d’une élision, alors celle-ci se marque par l’apostrophe et l’on obtient « Donne-m’en ! »
Imparable !
Le Grevisse énumère dans cet articles des formulations autour de « en » et « y » succédant un impératif. Il serait trop fastidieux de toutes les référencer. Je signale simplement le cas fréquent de « Va-t’en » où on a l’élision de « toi » ou encore qu’il faut éviter les formes « m’y » ou « t’y » ; soit préférer « mènes-y-moi » à « mène-m’y ».

J’en arrive tout naturellement à la question du « zan » incluse dans le texto de Sarah, question qui est aussi celle du « zy ». Que faire en effet lors d’une construction à l’impératif sans « s » à la deuxième personne (verbes du premier groupe) pour faire la liaison [§41] ?
On rajoute le « s » tout simplement, ce qui nous donne « vas-y » [§782]. Mais attention ! Si « y » est suivi d’un infinitif ce « s » n’y est pas, comme si la présence de l’infinitif introduisait une mini pause dans la phrase : « ose y aller » et non « ose-y aller » ou « va y voir » plutôt que « vas-y voir ». Cela vaut aussi pour « en ».
Je crains d’avoir fait la faute même si à l’instant la nuance me paraît évidente.

Il est temps de répondre à Sarah qu’il convient donc de dire « Donne-m’en de ta super compote de fraise qu’est trop bonne ! » Rien que ça.

Note 1 : Et puisque je suis dans les élisions, je signale que la forme élidée de « il y a » s’écrit « y a », sans apostrophe. Quel sens aurait-elle car si elle remplace quelque chose, ce serait le « il », ce qui donnerait « y a » ?
Exemple : Y a péno ! [*]

Note 2 : Un article de ce LexCy(que est consacré à « En COD et accord du participe passé ».


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[*Phrases extraites des Feuillets de Cy Jung, 23 mai 2011.

[*Phrases extraites des Feuillets de Cy Jung, 23 mai 2011.


Information publiée le mercredi 8 juin 2011.

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