LexCy(que)

Pseudo-ultra



Cy Jung — LexCy(que- : Pseudo-ultra

Ma phrase [*] : Non ! il ne faudrait pas que la chair se croie autorisée à entamer une danse avec des pseudo-baisers lesbiens en prime ; les morceaux risqueraient de s’éparpiller au-delà de ce que la putréfaction autorise.

J’ai toujours un souci sur la construction des termes avec « pseudo », qui vient du grec « menteur » et que l’on traduit en « faux ». Il n’y a pas tant de termes construits directement avec ce préfixe, « pseudonyme », bien sûr mais seulement sept autres, si j’en crois le Petit Robert qui n’indique rien sur la manière de faire.

Cy Jung — Cul nu Cy Jung — Es ist eine PouletteAntidote indique que les constructions avec « pseudo » doivent se faire sans trait d’union sauf si deux voyelles se suivent. J’en conclus donc qu’il y aurait une faute dans l’introduction de Cul nu, courts érotiquesIsabelle Thézé écrivait : « Je suis, comme beaucoup, fatiguée de l’image qu’ont les lesbiennes : entre les poupées plastiques calibrées des pornos hétérosexuels arborant de quoi labourer à vif n’importe quel vagin et les « camionneuses » que machos et ultra-féministes taxent de pseudo-mecs, quelle place y a-t-il pour moi ? » (2001, p. IX).
Ce texte a été corrigé par Pascale, Es ist eine Poulette aussi. J’y trouve pourtant : « Votre désir ne m’émeut pas, votre pseudo-déclaration d’amour n’a pas de sens. » (2000, p. 33) et plus loin « pseudo-rationalité ». J’imagine qu’elle s’est appuyée sur le Robert des difficultés du français que l’on utilisait beaucoup à l’époque. J’y lis : « Les composés ne prennent un trait d’union que si le second élément existe par lui-même. » C’est bien le cas dans mes exemples. À moins qu’elle n’ait utilisé une de ces sources dont elle a le secret. Le XMLittré, par exemple, donne la même règle.
Je me tourne donc vers Grevisse pour tenter de trancher. Je ne comprends pas tout de ce qui est dit mais sur « pseudo », les exemples montrent bien une formation avec trait d’union s’il y a une voyelle à suivre et sans s’il y a une consonne. Dans la [R3], il est néanmoins précisé que « le trait d’union résiste mieux », avec force arguments qui laisseraient entendre que l’on peut donc aussi bien le mettre que ne pas le mettre.
Misère !

Je l’enlève donc provisoirement, tellement d’ailleurs que quelques jours plus tard, je transforme mon « pseudo-baiser » en « soi-disant » (avec une magnifique coquille corrigée depuis) [*] et je m’en vais pour l’heure soumettre ce point à Pascale ce qui vaudra bientôt un addenda. Chouette !

Note : Pour ce qui est de « ultra-féministes » qui est aussi dans la phrase d’Isabelle, Antidote me renvoie à sa grammaire sans que l’exemple n’y soit. Grevisse, toujours dans le même paragraphe, propose sans trait d’union avec un exemple de Balzac où le trait d’union y est.
Je verse cette deuxième question à la sagacité de Pascale.


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[*Phrase extraite des Feuillets de Cy Jung, « V01-1er avril 2011 ».

[*Elle devient : « Non ! il ne faudrait pas que la chair se croie autorisée à entamer une danse avec de soit-disants (sic) baisers lesbiens en prime ; les lambeaux risqueraient de s’éparpiller au-delà de ce que la putréfaction autorise. », « V01-3 avril 2011 »


Information publiée le samedi 18 juin 2011.

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