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Parenthèses



Cy Jung — LexCy(que) : Parenthèses

Mes phrases [*] :
L’une et l’autre ont passé l’âge — au moins le pensent-elles — des parties de jambes en l’air athlétiques et des pratiques olé olé !
Clémence a trop l’habitude de ce genre de trahison pour ne pas savoir que si les larmes évacuent volontiers le chagrin (qui se résume surtout à l’idée que l’on s’en fait), elles ne peuvent rien contre la blessure narcissique consécutive à l’humiliation subie.

Cy Jung — La mère Noëlle est une impostureJ’utilise beaucoup (trop ?) les parenthèses dans mes textes, comme des incises, parfois pour préciser la pensée ou l’action des personnages, parfois pour donner mon point de vue d’auteure, comme si je m’invitais dans leur histoire. J’ai un faible pour l’usage de tirets typographiques cadratin (qui sont plus longs que des traits d’union) mais, depuis quelque temps, j’utilise volontiers le signe plus usuel parenthèse ouvrante ou fermante « ( ) ».
Lors de l’écriture de cette longue nouvelle qui vient d’être publiée, je me suis posé la question de pourquoi un mode typo ou l’autre, sans prendre le temps de creuser plus avant. C’est l’objet de ce nouvel article du LexCy(que).

Je commence par la grammaire d’Antidote, la plus facile d’accès. Ce qu’elle dit des parenthèses ouvrantes et fermantes « ( ) » correspond à tous les usages possibles et aucune référence n’est faite aux tirets typographiques. Elle leur consacre un article en distinguant leur usage simple, et double ; ici, c’est le double dont il s’agit, comme dans mon premier exemple en chapeau de cet article.
Le principe est simple « Les tirets doubles servent à isoler un segment de la phrase (mot, expression, incise, etc.), de la même façon que le feraient les virgules ou les parenthèses. » Ensuite, Antidote indique que cette « coupure » est plus forte que des virgules, et là, je fais bien le distinguo. Pour ce qui est des parenthèses « ( ) », le pourquoi de l’usage de l’un ou l’autre n’est pas précisé, si ce n’est que l’on peut en mettre à l’intérieur de tirets typographiques, au même titre que de la ponctuation.
Côté ponctuation, j’en mets aussi dans les parenthèses « ( ) » ; l’élément n’est donc pas pertinent. Par contre, je comprends que cette imbrication possible crée une « hiérarchie » dans « l’insertion d’un élément de moindre importance dans une phrase » (définition que Antidote donne de la parenthèse). Ainsi, pour une simple apposition, on utiliserait la virgule, pour une précision mineure qui n’arrête pas la lecture, la parenthèse « ( ) », et pour une véritable insertion, comme une phase dans la phrase, le tiret typographique ferait loi.

Dis ainsi, cela me plaît bien même si je sens déjà que la mise en œuvre sera complexe, et sujette à appréciation au coup par coup. Les deux exemples pris pour cet article font la démonstration de cette difficulté tant je serais infichue de dire en quoi l’une et l’autre seraient plus une précision mineure ou une phrase dans la phrase, les deux pouvant s’appliquer à chaque cas.
Je me tourne vers la Banque de dépannage linguistique qui consacre pas moins de six articles aux parenthèses présentés dans celui-ci. Un seul utilise des tirets typographiques, sans l’expliciter. Un article parle des tirets doubles, sans plus d’explication non plus. Je fouille un peu le Net, sans succès.
Je vais donc m’en tenir pour l’instant à mon idée de hiérarchie dans la coupure, sauf si vous avez des suggestions plus objectives à me dire. N’hésitez pas à m’écrire, à propos de cet article ou de tous les autres du LexCy(que). Je suis toujours preneuse de vos avis éclairés.


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[*Phrases extraites de La mère Noëlle est une imposture, Homoromance édition, décembre 2020.


Information publiée le mardi 22 décembre 2020.

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