LexCy(que)

Écart



Cy Jung — LexCy(que) — Écart

Ma phase (ou plutôt celle de Frédéric) [*] : Côté fruits et légumes, pas trop d’écarts de prix par rapport aux pratiques parisiennes mais il n’en a pas été de même sur les autres produits qui indiquaient un prix bien plus élevé qu’à Paris.

Au moment de relire le billet de Frédéric, Isabelle a posé cette question : « J’ai un doute sur le pluriel à « écart » dans "pas trop d’écarts" : est-ce que ce sont des écarts ou de l’écart en général. » Il était un peu tard. Je ne me suis pas prononcée, notant d’y regarder de plus près.
Ce que je.

Je me tourne vers Antidote et les cooccurrences de « écart ». Il y a une bonne vingtaine d’exemples avec « d’écart » et dans tous, « écart » est au singulier : « x années d’écart », « x voix d’écart », etc. À y regarder sous cette forme, cela paraît d’ailleurs évident : dans ces constructions, il y a « un écart » de x années ou x voix. Pourquoi alors ce pluriel dans « pas trop d’écarts » ne me choque pas, comme il ne me choquerait pas de voir écrit « peu d’écarts », comme si « peu » ou « pas trop » induisaient qu’il y a plus d’un écart… C’est compliqué !
Mes exemples ne sont pas dans Antidote. Pendant que je lis la notice de « écart » dans le Grand Robert, ma pensée vagabonde et réagit à « grand écart ». Dans « pas trop d’écart », l’idée n’est pas qu’il y aurait plusieurs écarts qui ne seraient pas trop nombreux, mais plutôt que l’écart ne serait pas trop grand… Non ? C’est à cela que menait la question de Isabelle. Je finis de lire la notice, mon exemple n’y est pas.

Ma question revient à me demander si mes adverbes de quantité désignent ici un nombre ou une taille, la notion d’écart renvoyant plutôt à la taille. Les règles d’accord des verbes peuvent-elles m’aider ? Si je fais une phrase avec « trop d’écart » ou « peu d’écart » en sujet, je mets spontanément le verbe au singulier, ce qui impliquerait que « écart » est bien singulier dans la mesure ou, selon Antidote, « Certains adverbes de quantité se comportent, quand on leur adjoint la préposition de, comme des déterminants. (…) Puisque ces locutions ont une simple valeur de déterminant, c’est avec le nom qu’ils introduisent que s’accordera le verbe de la phrase. »
La déduction va donc dans le sens du singulier, que le sens de « écart » justifie également. Je fais une petite recherche sur mon navigateur et trouve des usages de « trop d’écarts » (pluriel, dans la presse notamment). Mais à l’heure où les correcteurs professionnels ne sont plus très nombreux, ce n’est pas déterminant. Je fais la même recherche, avec « écart » au singulier et le Larousse tranche : « Distance sociale, hiérarchique, culturelle, etc., entre deux personnes, deux groupes : Il y a trop d’écart entre nous, nous ne pouvons pas nous comprendre. »

J’adopte donc « trop d’écart » (singulier) et m’en vais faire la suggestion à Frédéric pour correction sur le blogue.


--------------

[*« Biodiversité @27 », billet de Frédéric sur La vie en Hétéronomie, 26 avril 2021.


Information publiée le lundi 31 mai 2021.

Version imprimable de cet article Version imprimable



Article précédent /
Retour à tous les articles



Les vingt derniers articles publiés sur le site de Cy Jung sont ici





Si vous êtes éditeur,
découvrez les manuscrits de Cy Jung
ici.