[e-criture]

[#98] Le chien qui ne mange pas les enfants (V-01)



Cy Jung — [#98] Le chien qui ne mange pas les enfants (V-01)

[Le prétexte] Une dame marche dans la rue avec un gros chien qui n’est pas tenu en laisse. Une petite fille la croise, accompagnée de sa maman.
— Maman, il n’est pas attaché le chien.
La dame, sans s’arrêter, répond.
— Eh bien, c’est un chien qui ne mange pas les enfants.


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



[La nouvelle]
Lily jette son cartable sur le canapé et s’y vautre à son tour.
— Marre ! J’en ai marre de marre.
Elle fait sauter ses chaussures qui volent jusque sous la table gigogne. Fils Martin arrive derrière elle, récupère son sac et va le déposer dans sa chambre en même temps que le sien dans la sienne. Il revient dans le salon. Elle a les paupières basses, signe d’une longue journée sous les néons. Fils sourit, espérant que son affection lui soit perceptible.
— Viens te laver les mains.
Lily souffle fort, à deux doigts de pleurer, de fatigue, et de lassitude face aux adversités. Elle récupère ses chaussures qu’elle jette au passage dans sa chambre avant de le suivre dans la salle de bains. Deux lavabos sont installés côte à côte.
— Ça ne finira donc jamais, ce truc !
« Ce truc » ; Fils sait que le virus n’est pas seul en cause, loin de là ; mais il fait un parfait bouc émissaire qui lui permet de se détourner de l’objet de sa colère, celui qui ne peut être résorbé avec du geste hydroalcoolique ou des masques FFP2.
— Si bien sûr, mais même sans covid, c’est bien de se laver les mains.
— Je sais, et on le faisait avant ; mais là, ce n’est pas pareil. Il y a comme une sorte de pression que je supporte de moins en moins.
— Je comprends…
— Je crois qu’en fait, j’ai peur que le monde ne soit tellement pourri que nous allons devoir faire face à des milliers de virus et assimilés et nous protéger tout le temps les uns des autres. Je n’ai pas envie de ça !
Fils non plus. Lily le sait. Elle est désolée de râler autant alors qu’il vit lui aussi la même situation, avec les mêmes frustrations, et sans doute les mêmes inquiétudes. Il verse un peu d’eau de rose sur un coton et le lui donne. Elle s’en caresse les paupières. La fraîcheur fleurie la détend. Elle masse ses tempes avec deux gouttes d’huile essentielle de lavande.
— Viens, c’est l’heure de goûter…
Ils y vont, ravis de trouver sur la table de la cuisine un gâteau à la confiture fait par le papa de Lily entre deux réunions en télétravail. Elle attrape l’ardoise qu’ils utilisent pour communiquer sans déranger les visios, écrit « Le gâteau, c’est pour le goûter ? » et rejoint la chambre de ses parents où son père a aménagé son bureau. Il lui répond en levant le pouce bien haut puis inscrit « 5 minutes ». Lily hoche la tête et retrouve Fils dans la cuisine.
— Tu te souviens où est maman ?
— Chez le kiné, je crois.
Ils disposent quatre couverts, espérant qu’elle sera rentrée pour partager le goûter. Fils sort une bouteille d’eau du réfrigérateur pour lui incorporer des bulles avec la machine ad hoc. Le papa de Lily s’installe. Le claquement de la porte d’entrée indique que sa maman est de retour. Fils découpe quatre parts de gâteau. Elle se lave les mains dans l’évier.
— Dès que possible, je prends rendez-vous avec la médecine de prévention ; je veux un poste de travail à la maison qui ne me ruine pas le dos ! J’ai averti ma cheffe ; c’est ça ou l’arrêt maladie.
Elle tire une enveloppe matelassée qu’elle avait coincée sous son bras.
— Lily, tu as du courrier.
Du courrier ? C’est si rare ! Lily en rengaine son morceau de gâteau pour récupérer le pli que lui tend sa mère. Elle cherche des yeux l’expéditeur. Fils lit le cachet de La Poste, « Paris Brune ». Elle retourne l’enveloppe…

« Louisette Saille-Djougue
« 12 avenue Paul Appel
« 75014 Paris »

Louisette ? L’émotion de Lily monte d’un cran. Tous, autour de la table, savent que l’écrivaine et judoka a publié il y a quelques jours un nouveau roman. Eunice l’avait dit à Fils en lui donnant pour mission de tout faire pour que Lily l’ignore ; il était question d’une surprise. Il avait mis ses parents dans la confidence — et il avait bien fait car sa maman suit l’écrivaine sur les réseaux sociaux et s’était d’emblée réjouie de cette parution qu’elle comptait acheter dans les meilleurs délais. Lily lève le nez.
— C’est quoi ?
— Ouvre, tu verras bien.
Son papa pose un couteau près de son assiette, manche vers elle. Elle coupe le kraft sur la tranche en prenant soin de ne pas abîmer son contenu. Tous sont suspendus à ses réactions. Va-t-elle pleurer ? Rire aux éclats ? Et bien qu’ils savent ce qu’il y a dans l’enveloppe, ils sont impatients de la suite ; Lily a tant d’admiration pour sa Pareille ! Elle sort le livre, écarquille les yeux, détaille la couverture composée d’une photographie aussi énigmatique que magnifique. Elle relève la tête.
— C’est un livre de Louisette ! Et elle m’en envoie un, rien qu’à moi.
Son sourire fait plisser ses paupières. Autour de la table, trois sourires identiques lui font écho. Lily caresse la couverture, renifle la tranche et le prend contre son cœur.
— Je suppose que vous saviez…
— Sensei m’avait demandé de garder le secret.
— Et je trépigne depuis plusieurs jours pour passer commande à l’éditeur.
— C’est une conspiration en somme ?
Ils rient. Fils lui suggère de regarder à l’intérieur s’il y a une dédicace. Elle pousse son assiette, pose le livre, ouvre avec précaution la couverture, passe la page de faux titre, s’approche à distance de lecture, parcourt la page de titre, la tourne, fait glisser ses yeux de gauche à droite et se fige.
— Maman !
Elle fond en larmes, avec de lourds sanglots. Sa maman se précipite. Elle pose la main sur les épaules de sa fille et les yeux sur le livre ouvert devant elle. Elle lit, pour elle d’abord, prend une longue inspiration en espérant que cela suffira pour que sa voix ne se casse pas trop, et pour tous.
— Il y a une dédicace imprimée par l’éditeur.

« À Lily,
« En toi, j’ai mis tout mon amour. » Marc, 9-11  »

Fils ouvre la bouche et la referme. Il se lève à son tour pour lire par-dessus l’épaule de Lily, son père le suit.
— Mazette ! C’est un sacré truc !
Lily pleure toujours. Ses parents et Fils n’en sont pas loin. Sa maman lui essuie les yeux du revers des doigts.
— Il y a peut-être une dédicace manuscrite en plus ?
Lily tourne difficilement la page. Une petite carte l’y attend.

« Ma Lily,
« Je suis très émue de t’offrir ce livre. Kito te ressemble, me ressemble et, en fin de compte, ressemble à toutes les petites filles qui grandissent dans l’appétit de vivre et de bien faire les choses.
« Je te ferai une dédicace manuscrite en échange d’un gâteau au chocolat après un cours de judo. Eunice t’en dira plus.
« Je t’embrasse très fort
« Louisette »

Son émotion est telle que Lily ne sait plus comment l’éprouver, rire ou pleurer. Fils vient à son secours.
— Sensei et Camille organisent une signature sur tatami ; elle espère le 13 juin pour la journée internationale de sensibilisation à l’albinisme si ça colle avec les conditions sanitaires. On ne pourra pas se mettre à l’intérieur. Avec l’entrée de derrière, on squattera le square, par petits groupes ; je nous ai tous inscrits.
Lily reprend petit à petit ses esprits.
— On fera deux gâteaux au chocolat, un pour Louisette, et un à partager.
Et le gâteau à la confiture du goûter ? Il n’est pas jaloux, et patient. Chacun revient à sa place. Lily boit une gorgée d’eau. Elle attrape son morceau. Elle mord.

À l’entrée de la salle de sport, côté rue, Joséphine oriente les visiteurs pour qu’ils fassent le tour par le square tout en leur rappelant les consignes pour le respect des « gestes barrières ». Elle n’aime ni le terme ni ses conséquences mais ignore s’il y a un autre moyen de limiter la propagation du virus et espérer reprendre les cours de judo. Elle s’y plie donc avec application, ce d’autant qu’il n’est pas question de faire courir le moindre péril aux lectrices et lecteurs de Louisette.
Pour l’instant, le système des tickets fonctionne : il n’y a pas d’attroupement, au moins sur la voie publique. Fils Martin, qui accueille les personnes dans le square, lui a envoyé quelques textos pour lui dire que de son côté, tout va bien également ; Eunice, Camille et Freddy restent à distance et se chargent de la distribution du gâteau au chocolat et autres gourmandises en éparpillant les groupes. Quant à Lily, elle est assise à côté de sa Pareille et ne rate pas une miette de ces instants uniques où un écrivain échange quelques mots avec un lecteur. Elle est tellement émue d’avoir sa part dans ce roman !
Depuis que Louisette le lui a fait envoyer, elle l’a lu trois fois. La première, elle l’a dévoré, les deux suivantes elle s’est attardée sur le texte, essayant de se figurer toutes les scènes. Contrairement à Kito, elle n’a pas été harcelée à l’école, peut-être parce que Fils a toujours été à ses côtés, ou plutôt parce qu’un albinos blanc passe mieux qu’un noir, même s’il est blanc. Lily sourit ; Kito aimait ben la blague et Lily, à lire son histoire, a compris combien le monde est cruel en plus d’être sectaire.
Ne le savait-elle pas ? Bien sûr mais elle l’oubliait autant que possible, avec un entourage bienveillant et apaisant. Elle a d’ailleurs noté plein de questions pour Louisette à propos de sa vie de petite fille malvoyante ; les ordinateurs n’existaient pas, au moins pas comme aujourd’hui, ni les loupes électroniques, ni tous les outils dont elle se sert pour se faciliter la vie. Avait-elle une Clémentine près d’elle ? Ou un Fils Martin ? Et ses camarades à l’école, ils étaient méchants ? Il y a aussi le douloureux problème des enseignants qui, plutôt que de se renseigner, transforment leur ignorance en indulgence surannée ou en mépris larvé, c’est selon. Jusqu’à présent, elles n’avaient parlé que de judo, de prises, de compétitions et de passages de grade, évoquant leur bigleuserie par allusions ou mauvaises blagues. Lily avait peur d’importuner Louisette (ce qu’elle aurait forcément démenti) mais devait bien convenir qu’elle rêvait de mieux la connaître.
Il lui semble qu’il est temps d’oser maintenant que son nom est inscrit en lettres d’or au début du roman. Elle aimerait lui parler aussi de ce qu’elle voit. C’est si compliqué d’expliquer aux autres, même à ses parents, à Eunice, à Camille ou à Fils. Et puis, elle se dit que ça doit être chouette cette association. Elle a vérifié sur Internet ; il semble qu’elle existe vraiment ! Et Koro ? Et Béné ? Existent-elles également pour de vrai ? À l’instar de Kito, Lily sent que les questions se bousculent et qu’il va lui falloir les trier pour ne pas assommer sa Pareille. Elle pourrait lui écrire…
— Tu rêves ?
Lily sursaute. Louisette s’est tournée vers elle.
— Non, je pensais… Je pourrai t’écrire ?
— M’écrire ?
— J’ai plein de questions, comme Kito ; et quand on se voit, on n’a pas trop le temps.
Louisette attrape sa tête et lui colle une énorme bise sur le front. Le masque gâche un peu le plaisir mais il faut s’en accommoder.
— C’est une très bonne idée ! Le mail, ça te va ?
— Oui, j’arrive bien à lire avec la tablette.
— Je te donne l’adresse tout à l’heure…
Une nouvelle personne s’assoit face à Louisette. Elle lui parle avec aisance. L’échange dure un peu. Lily se demande pourquoi, la conversation n’étant pas si intéressante. Quelques minutes passent. Louisette se met enfin à sa dédicace. Une autre personne vient. Le manège recommence. Lily comprend ! Devant une personne qu’elle ne reconnaît pas mais qui semble la connaître et ne s’est pas présentée, il faut le temps de récolter les informations pour savoir qui est là.
Foutus valides qui ne se présentent jamais ! Kito Katoka pourra-t-elle les rendre plus attentifs ? Elle l’osera.



Cy Jung, 12 juin 2021®.

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