[e-criture]

[#99] Le garçon qui cherche sa crème pour les fesses (V-01)



Cy Jung — [#99] Le garçon qui cherche sa crème pour les fesses (...)

[Le prétexte] Pendant le premier confinement, Isabelle fait la queue sur un trottoir pour entrer dans un magasin d’alimentation. Elle entend à travers une fenêtre ouverte un garçon crier.
— Maman, je cherche ma crème pour les fesses !


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



[La nouvelle]
N’golo se fige. Au fond du couloir, sous la lumière jaunâtre, quelque chose a bougé. Il fait un pas. Il a compris. Le petit banc japonais en bois peint a disparu. Il l’aimait bien ; on s’y assoit accroupi, comme dans ce pays qui n’est pas son pays mais auquel tout et tous le ramènent, contre son gré. Il avance jusqu’au fond, sur ses gardes. La bassine de fer blanc y est, et par terre sont éparpillés les mégots qu’il a laissés.
Il tourne sur lui-même, soudain très inquiet. La minuterie le plonge dans le noir. Il allume la torche de son téléphone et balaie les deux couloirs de la cave qui forment un T à cet endroit. Le faisceau de lumière s’arrête un instant sur la porte flanquée du numéro 39. Il repart et sitôt revient. Un cadenas couleur or a pris la place de celui qu’il avait posé. Il fouille sa poche pour vérifier, sort la clé, tente de l’introduire dans la serrure… Aucun doute n’est permis : la propriétaire de la cave a forcé le cadenas qu’il avait mis, récupéré le banc et refermé ensuite avec un autre.
Il déglutit. A-t-elle trouvé ce qu’il y avait laissé ? Il se souvient que son frère lui a dit avoir vu la police hier soir en lui conseillant de changer vite fait de place la marchandise. Il n’a pas pu descendre ; son père le surveille en ce moment, prêt à dégainer le nerf de bœuf dissimulé dans son boubou même si son fils a passé la majorité. Et puis, il a croisé la voisine ; elle s’est cassé la jambe, elle n’a pas pu venir jusque là ; qui d’autre qu’elle aurait remarqué que le cadenas avait été changé ? Il y a bien la Portugaise, qui voit toujours tout mais elle est trop froussarde pour le dire à la police.
Il essaie de tirer sur le cadenas. Il lui faudrait un outil. Il file dans les parkings et récupère une courte barre de fer qu’il cache dans un recoin, en cas de coup dur. Il la place sous son sweat-shirt. De retour dans la cave, il guette quelques minutes afin de s’assurer que personne ne circule à proximité. Il glisse la barre de fer dans l’anneau du cadenas. C’est l’attache sur le chambranle qui cède. Il ouvre la porte, allume la torche de son téléphone et balaie l’espace. Le petit banc y est. Il avance jusqu’à l’endroit où il a posé la sacoche avec une bandoulière renfermant de quoi fournir ses clients.
Ses jambes se dérobent. Il se retient in extremis à la lourde étagère métallique où sont alignés boîtes et cartons, chacun étiqueté de son contenu. Une crampe lui meurtrit le ventre. Dans un sursaut, il éparpille les habits qui camouflaient son sac dans une caisse en plastique. Il la vide. Il renverse un panier, retourne une autre caisse remplie de divers objets, va pour éventrer un carton estampillé « Laines et cotons » et s’arrête, interdit. Comme les autres, il est toujours fermé d’un large scotch et N’golo a suffisamment passé de temps dans cette cave à peser un, deux ou cinq grammes dans des sachets en plastique pour savoir que rien n’a été remué.
Il déglutit encore. Ses yeux s’embuent. 500 balles ! Il y en avait pour 500 balles ! Plus le petit matériel. Pour son frère, ce n’est pas grand-chose ; mais pour lui ! Il va devoir aussi payer son imprudence. Quand il a vu la voisine dans le fauteuil roulant avec la jambe dans le plâtre, il a pensé qu’il était tranquille ce d’autant qu’elle lui a dit qu’elle en avait pour plusieurs semaines. Elle a toujours été gentille avec lui. Ils n’ont jamais beaucoup échangé depuis cette fois où elle lui avait suggéré de parler aux fleurs alors qu’il traînait près du jardin. Il avait cinq ans, ou six. Il s’ennuyait. Elle l’avait remarqué et lui avait souri comme personne ne l’avait jamais fait.
Il comptait bien lui remettre un cadenas après avoir déménagé sa planque et glisser la clé dans sa boîte aux lettres. Elle se serait forcément demandé ce qu’il s’était passé mais ce n’est pas le genre à faire des histoires. Elle discute souvent avec les éduc’ même si elle appelle la police parfois ; comme hier sans doute quand elle a compris que sa cave était occupée. Il ne peut pas lui en vouloir ; c’est sa cave, après tout, et elle pouvait être accusée d’être une nourrice.
Il repart en claquant la porte derrière lui. Elle rebondit et reste entr’ouverte. Il s’en moque. Il faut bien que la voisine paie aussi un peu ; elle est trop débrouillarde avec ses yeux qui voient de travers et maintenant son fauteuil pour ne pas prendre sa part. Il a d’autres urgences, comme aller dire à son frère que la police a récupéré le sac, avec la marchandise et le matériel.
— Et tes empreintes en prime !
Il n’y avait pas songé.
— Tu ne penses jamais à rien ! Et quand on te donne des consignes, tu fais le contraire ! Plus jamais tu ne bosses pour moi.
N’golo encaisse. Il n’a pas d’arguments face à son frère et celui-ci ne manquera pas de le rappeler pour un sale boulot mal payé. Il va falloir rembourser, et bien au-delà de ce qu’il doit ! Mettre en péril l’organisation, c’est presque pire que de se faire piquer 500 balles. Si la police l’interroge, il devra se taire ; ça, il n’a pas besoin qu’on le lui explique ; sa vie en dépend.
— Tu as quinze jours pour me payer.
Impossible ! Et son frère le sait. À quoi sert-il de l’acculer ainsi ? Faire un exemple, c’est sûr ; l’obliger à quelque chose de plus grave que le menu trafic, il le craint. La voisine qui s’est cassé la cheville passe au loin, sans les voir. Son frère lui colle une grande claque sur la tête.
— Disparais !
Il file, hésite à rentrer chez lui ; son père y est ; il ne pourrait plus ressortir de la soirée. Il traîne les pieds jusqu’au square. La voisine est là, debout sur une jambe devant son fauteuil, les mains accrochées à la toile d’araignée en corde où les enfants aiment monter et se suspendre. Elle compte par séries de dix des mouvements qu’elle fait avec la jambe plâtrée. Elle grimace. Il s’avance.
— Bonsoir madame. Pourquoi vous faites ça ?
— Pour ne pas perdre trop de musculation.
Elle se laisse tomber dans le fauteuil.
— Ça crame !
Elle se remet debout et repart sur une autre série. Il la regarde. Il n’a jamais vraiment aimé le sport, sauf le foot pour passer le temps. Elle grimace encore et s’effondre à nouveau. Elle reprend son souffle.
— Une petite dernière et j’arrête.
— Vous êtes courageuse !
Elle lui sourit.
— Merci ! Je ne crois pas. C’est juste que je n’ai pas le choix. J’ai rendez-vous avec le judo le 7 septembre.
Elle se remet debout et entame ses exercices. Spontanément, il compte. Elle se rassoit, récupère la gourde au pied du fauteuil et boit deux gorgées.
— Vous feriez du sport avec moi ?
— Quel genre ?
— J’ai besoin d’un gars solide comme partenaire pour préparer la reprise du judo.
— Je n’en ai jamais fait.
— Il n’y a pas d’âge pour commencer.
Elle fait un demi-tour avec son fauteuil. Il ne bouge pas.
— Je m’excuse pour la cave…
Elle revient face à lui.
— La cave ?
— Je l’aurais refermée après.
Elle garde un air surpris.
— Demain, je viendrai avec des élastiques. On bossera un peu les bras.
Elle lui fait un signe d’au revoir et rejoint la rue piétonne. Elle se range précipitamment à l’arrivée d’un deux-tons. Des portes claquent. Elle ne se retourne pas. Elle passe le coin quand la voiture de police ressort en marche arrière. La sirène fend l’air et s’évanouit rapidement. Elle a une pensée pour ce gentil garçon qu’elle connaît depuis qu’il est tout petit ; elle espère qu’il tiendra bon ; avec ce qu’il a perdu dans l’affaire, il doit être dans une situation difficile ; elle ne peut rien pour lui à part peut-être passer un coup de fil aux éducateurs. Elle se presse de rentrer chez elle. Elle appelle, raconte sa version de l’histoire, évoque ses craintes ; ils vont tenter de se renseigner mais ils ne feront pas de miracles ; s’il ne parle pas, la justice ne le ratera pas.
N’golo ne parlera pas. Il veut rester en vie. La prison le protège bien que son intégrité et sa dignité en soient l’infrangible tribut. C’est sa première condamnation ; un an, sans sursis. Quand il serra de nouveau dehors, il devra donner l’argent à son frère. Il ne sollicitera aucun aménagement de peine. Il préfère rester ici, avoir le temps de trouver la meilleure solution. S’il ne devient pas fou, il s’en sortira. Il a demandé à reprendre son année de terminale, abandonnée pendant le premier confinement faute de motivation pour braver les contraintes d’espace, de matériel, de… Il sait que c’était son choix même si les éléments étaient contre lui.
Il ignore si ce sera accepté. Au parloir, sa sœur lui a apporté les livres de classe qu’il avait laissés en plan, et d’autres qui traînaient çà et là. Le plus difficile, cela va être de trouver un rythme, de ne pas flancher à la première contrariété. Cela a toujours été son problème : il est cossard et pas assez intéressé par son propre avenir pour ne pas privilégier le plus rapide. Le deal lui allait bien ; cela ne demandait pas beaucoup d’effort et donnait le sentiment d’être respecté.
Quand il était petit, il portait des paquets à ses frères et y gagnait des sucreries et le droit de leur taper dans la main. Plus grand, il faisait le guet et était récompensé avec de la nourriture et des boissons qu’il n’y avait pas chez lui, les trucs qui n’étaient pas bons à la santé mais si doux au palais. Puis son frère lui a proposé de gérer son propre spot ; ça a été le plus beau jour de sa vie. La première livraison vendue, il a touché un Adidas en plus de sa commission, tout ça juste pour avoir fait le pied de grue en grillant des joints. Tranquille.
Avec cette histoire de cave, il s’est planté. Il va redescendre tout en bas de l’échelle et on ne lui fera plus jamais vraiment confiance, même s’il accepte des rôles de gros bras qui font le coup de poing à la demande. Ce n’est pas son truc, la bagarre, et l’idée de tuer un gars lui fait très peur, encore plus peur que de mourir. C’est à ça qu’il réfléchit en feuilletant un livre de mathématiques sur lequel il peine à se concentrer. Quand il y arrive, il comprend et sait faire les exercices. Il doit s’accrocher.
— Tire-toi de là !
Son co-détenu lui fait face.
— J’ai envie de pisser.
N’golo se lève et se reculotte prestement, le livre sous le bras. Il file s’asseoir dans son lit. Il regarde les manuels qui y sont éparpillés. Il lui faudrait un programme. Il les range par niveau. C’est sans doute mieux de commencer par ceux du collège, même si ça paraît trop facile. Cela peut le remettre dans le bain. Le chariot du facteur fait entendre son grincement dans la coursive. Le co-détenu se présente à la porte de la cellule, toujours en attente d’un colis ou d’une lettre. N’golo ne bouge pas, il ne reçoit jamais aucun courrier. Le chariot repart après un court arrêt. Le co-détenu revient près des lits superposés et lui jette une épaisse enveloppe matelassée.
— Pour toi !
Il manque de se la prendre dans la figure et l’attrape avant qu’elle ne frappe le mur. Elle a été ouverte pour contrôle par l’administration pénitentiaire. N’golo en sort deux livres épais et plusieurs petits fascicules ; tous sont consacrés à l’apprentissage du judo et à la préparation physique attenante. Un mot les accompagne.

« Vous savez parler aux fleurs. Vous saurez vous initier au judo dans ces livres avec la préparation physique qu’il faut. Je vous attends sur le tatami. D’ici là, prenez soin de vous. »

N’golo ferme les yeux. Un coquelicot apparaît derrière ses paupières. Il lui sourit. Judoka ?



Cy Jung, 8 juillet 2021®.

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