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[#100] L’aveugle qui doit appuyer sur un bouton (V-01)



Cy Jung — [#100] L'aveugle qui doit appuyer sur un bouton (V-01)

[Le prétexte] À la sortie du premier confinement, dans le bus, alors que les sièges sont marqués pour inviter les voyageurs à ne pas s’installer côte à côte, un homme, canne blanche en main, s’assoit sans le savoir sur une place interdite. Sa voisine donne du coude, muette. Il ne bouge pas. Quelques arrêts plus loin, il se lève pour descendre. La porte ne s’ouvre pas. La même dame :
— Faut appuyer sur le bouton !
Une autre, sans bouger, lance :
— Il ne peut pas le voir, le pauvre, il est aveugle.


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



[La nouvelle]
Lily fronce les sourcils. Elle est debout devant la large baie vitrée qui donne accès au balcon. Le ciel est noir en plein jour. Les plantes ont l’air de vouloir s’envoler à chaque rafale. Des gerbes d’eau cognent sur la vitre quand d’autres inondent le béton. Elle frémit. Ce déluge l’effraie. Si on lui demandait pourquoi, sa réponse fuserait : « Si je vois la pluie, c’est que ça tombe ! » Elle pourrait aussi évoquer le bruit assourdissant de l’eau, celle qui choque et celle qui ruisselle, les oiseaux qui se sont tus, le vent qui s’engouffre partout et la chute de tout ce qu’il emporte. Il faudrait qu’elle bouge de là, qu’elle trouve un livre, se pose ; elle en est incapable ; la peur la fige.
Dans la chambre du fond, son père travaille. Sa mère est au bureau. Fils est installé dans le canapé, un casque sur les oreilles, concentré sur un jeu vidéo, comme imperméable à ces intempéries. Cela fait trois semaines que cela dure : une succession d’éclaircies, de grosses pluies orageuses ou non, de courants d’air froids et de touffeurs estivales. Il est impossible de sortir sans risquer de se prendre une saucée qui explose les parapluies mais ce n’est pas cela qui inquiète Lily ; c’est plutôt le message transporté par ces masses d’eau, par la vague de chaleur qui tue au Canada, par toutes ces catastrophes qui s’intensifient dans le monde et dont on ne parle que peu en France.
La vox populi s’interroge de plus en plus sur le dérèglement climatique sans agir, et finalement pas si effrayée par le plus délétère, même pas par ce virus qui a déjà fait quatre millions de morts et qui continue ! Mais que faudrait-il pour que l’humanité fasse preuve de raison et s’occupe de sa survie ? La pluie redouble contre la baie vitrée. Lily ne se sent pas complètement en sécurité à force d’avoir conscience de la faillibilité des personnes et des choses. En même temps, le spectacle la fascine. Tout cela est si paradoxal. Et l’impuissance la mine.
Des fois, elle voudrait créer un commando pour aller piquer l’argent de ces riches qui le sont d’autant plus que les circonstances accablent les pauvres, que tout explose et que le paradis émerge des cendres. Ce ne sont que chimères, Lily le sait. Mais que faire alors ? Déjà, à la maison, ils ne consomment que du vrac, trient leurs déchets, compostent, cuisinent des invendus, ne jettent jamais rien de comestible, prennent la voiture à minimum deux personnes en cas de nécessité, récupèrent l’eau, la réutilisent… Avec l’aide de Fils, elle a installé des panneaux solaires sur le balcon pour alimenter deux vieilles batteries automobiles où ils rechargent leurs portables et des lampes basse tension. Elle a regardé du côté des associations militantes mais elle se sent encore trop jeune pour s’y lancer vraiment. Que faire alors ?
— Du judo, lui a répondu sensei Eunice à qui elle a posé la question. En devenant professeur, tu pourras transmettre les valeurs de notre sport qui vont bien avec celles qui sauveront la planète.
— Mais tu ne nous as jamais parlé climat !
— Non, mais je vous serine respect, contrôle de soi, courage, modestie… N’est-ce pas la même chose ?
— Sauf qu’il y a de grands judokas fachos, d’autres qui abusent des enfants ou martyrisent les compétiteurs…
— Ce ne sont pas des équations qui marchent à tous les coups. Lorsque l’on enseigne quelque chose, on n’est jamais certain du résultat ; par contre, si on ne l’enseigne pas, on en est à peu près sûrs que cela ne fonctionnera pas même si des miracles arrivent.
Pourquoi Lily repense-t-elle à cette conversation à cet instant ? Elle l’ignore. La pluie se calme un peu. Dans son dos, Fils grogne sur le canapé. Il a perdu sa partie sans réaliser un joli score. Il retire les écouteurs et arrête sa console. Il se lève et s’approche de Lily.
— Ça va ?
— Ça me fait peur, toute cette pluie.
— Nous sommes à l’abri…
— Pour combien de temps ?
Il n’aime pas quand elle est morose. Elle est d’un naturel combattant, même si elle est un peu froussarde. Il peine à accepter ses moments d’abattement. Il la prend dans ses bras. Sa tête bascule sur son épaule.
— Tu sais, Fils, on a une vie douce par rapport à beaucoup de gens. Je voudrais que tout le monde ait cette vie-là. Sensei répond que d’enseigner le judo peut arrêter la pluie. Tu y crois, toi ?
— Je crois surtout que Eunice défend tellement son sport qu’à la prochaine canicule, elle te dira que le Nage-no-kata est réputé pour faire revenir la pluie.
— On est foutus alors ?
— Foutus de faire du judo tant que l’on reste dans ses radars, oui !
— Ça tombe bien, on aime ça !
Ils rient. Fils caresse les cheveux de Lily. Elle se régale de sa tendresse. Il n’en manque jamais à son égard. Le papa de Lily passe en fond de champs pour aller remplir sa carafe d’eau dans la cuisine. Il sourit, ravi de les voir là, tous les deux, enlacés devant le spectacle de cette pluie d’été. Ne serait-il pas plus avisé de s’inquiéter du comportement de ces deux adolescents à un âge où le désir se mêle à l’amour ? Il se préoccupe plus du jour où Lily comprendra que Fils ne sera jamais son amoureux tant il pense que sa fille chérie rêve que leur belle amitié enfantine se transforme en relation conjugale, jusqu’au bout de la vie. Ne serait-ce pas plutôt lui qui a pu imaginer cela, grand sentimental qu’il est ? Lily, de son côté, le raillerait s’il s’en ouvrait à elle tant Fils et elle n’ont pas de secret (majeur) l’un pour l’autre.
Il repart avec sa carafe d’eau fraîche. Sa prochaine réunion en visio est dans un quart d’heure. Avec un peu de chance, la pluie cessera de cogner sur le Velux et il pourra entendre ses interlocuteurs. Dans le salon, Lily et Fils se disjoignent. Ils ont un cours de judo dans une heure et il leur faut se préparer. Eux aussi espèrent que la météo sera plus clémente au moins le temps de leur passage. Par précaution, ils emportent de quoi se changer dans des sacs bien étanches ; il sera agréable à la fin du cours de se glisser dans des vêtements secs. Fils attrape le grand parapluie multicolore accroché à la patère.
— Prête ?
Lily opine, pas rassurée de se retrouver sous la lavasse. Fils la réconforte.
— Tu ne risques rien ! Souviens-toi que Noé était albinos et que c’est lui qui a sauvé l’humanité du Déluge.
— Il n’y avait pas encore de dérèglement climatique !
— Pas de K-way non plus !
Quand ils arrivent en bas de l’immeuble, les caniveaux ne sont plus en mesure d’évacuer l’eau qui ruisselle et d’importantes flaques couvrent la chaussée et les trottoirs. En quelques pas, ils auront les pieds trempés, sans compter les énormes gouttes qui ricochent, portées par le vent et leur propre élan, et se feront fi du parapluie. Fils et Lily, à peine abrités par le balcon du premier qui forme un auvent au-dessus de la porte d’entrée, étudient le terrain. Deux minutes suffisent pour que le bas de leur pantalon soit mouillé. Est-il bien raisonnable qu’ils se lancent sous ce qui s’apparente à une cascade ? Ils n’ont pas besoin de se consulter pour conclure qu’un cours de judo ne vaut pas de périr noyé dans une buse.
— C’est quoi cette histoire ? maugrée Eunice au téléphone après que Fils a plaisanté en évoquant cette légende urbaine chère aux poètes des vidourlades.
Il lui en fait le récit et les voilà partis dans une réflexion à trois — Fils avait bien sûr mis le haut-parleur — sur ces légendes urbaines devenues « fake » au contact du libéralisme international qui se nourrit d’anglicisme, de culture nivelée par le bas et de tout ce qui peut faire peur au peuple pour toujours mieux l’asservir et qu’il confonde liberté et pouvoir d’achat. À les écouter depuis la cuisine où il est venu se préparer un café, le papa de Lily se demande lequel des trois est plus libertaire tant ils forment un trio d’une complémentarité intellectuelle et politique auquel seule une extrême bêtise pourrait résister. Il trouve leur propos un peu radical mais suffisamment digne d’intérêt pour qu’il fasse traîner son café, sans les interrompre.
C’est finalement Eunice qui doit couper la communication, deux de ses élèves ayant bravé l’intempérie. Ils dégoulinent à l’entrée de la salle de sport, sans oser faire un pas de plus. Elle récupère des serviettes de toilette dans les vestiaires, les rejoint, essuie cheveux et visages, les fait enlever ce qui goutte le plus avant de les enjoindre de filer dans les vestiaires et passer un kimono sec en espérant que dans une heure, la pluie aura cessé et qu’ils pourront rentrer chez eux, Eunice n’ayant pas l’intention de lâcher deux enfants dans la ville sous ce déluge qui rend la chaussée dangereuse.
À l’étage, Camille tente de se concentrer sur la préparation de sa leçon. La vue sur le square W est dantesque ! Les cantonniers vont avoir du travail pour nettoyer les débris qui jonchent le sol et entravent les allées. Le fracas de la pluie sur les tuiles juste au-dessus de sa tête complète le tableau. Elle espère qu’aucun enfant n’est venu au cours de Eunice bien qu’elle ne soit pas dupe : personne n’a encore vraiment pris la mesure des risques climatiques et la toute-puissance qui motive une bonne part de l’activité humaine porte à l’imprudence. Elle décide de faire une pause et rejoint le dojo. Les deux élèves sur le tapis lui tirent une grimace. Elle les connaît, les deux sont passés par sa classe.
— Boujour Enzo, Kousai. Mais qu’est-ce que vous faite-là ?
— Bonjour maîtresse, c’est ma mère…
— Mon père a dit qu’il ne faut jamais manquer un cours…
Dans le vestiaire, Camille trouve leurs habits trempés. Elle les installe sur le Tancarville remisé dans la petite buanderie. Ce ne sera pas sec tout à l’heure mais c’est mieux que rien. Eunice l’en remercie.
— J’appellerai leurs parents. De toute façon, il n’est pas question qu’ils fassent seuls le chemin inverse.
Camille propose une boisson chaude. Eunice décline ; ils vont bouger, cela les réchauffera. Camille rejoint son bureau dans l’appartement du premier. Dans le square, une sorte de rivière s’est formée, profitant de la pente naturelle pour rigoler en cascade au gré des obstacles. Mais… Que voit-elle ? N’est-ce pas Caddie qui passe là avec sa ménagère albinos ? Il semble que le grain se soit calmé et ni l’un ni l’autre n’ont l’air mouillés. Ils marchent à pas tranquille sous les arbres, évitant les pièges toujours au dernier moment. Le museau de Petit Mouton dépasse de la grande poche de Caddie. Est-ce lui qui les guide ?
Camille se pince. Elle grimace. L’image disparaît sitôt en même temps qu’un rayon de soleil fend les nuages comme si la tempête n’avait jamais existé. Le téléphone sonne. Louisette est à l’autre bout de la ligne. Elle remarque que Camille a une drôle de voix. Celle-ci lui demande d’emblée si elle a croisé quelqu’un dans le square.
— À part Noé, personne ! Tu peux descendre ?
Camille titube. En bas de l’escalier, elle trouve Eunice qui ouvre la porte du fond après avoir entendu Louisette toquer.
— Désolée Choupinette, il faut vraiment que je fasse réparer cette sonnette ! Tu es venue en barque ?
— Non, en pédalo ; j’avais plus besoin de travailler mes quadris.



Cy Jung, 5 août 2021®.

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